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| Auteur | Vincent Scourneau, MR (06287) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté |
| Sous-département | Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté |
| Titre | La prise en charge de la santé auditive. |
| Date de dépôt | 09/05/2025 |
| Langue | F |
| Publication question |
B017
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| Date publication | 27/06/2025, 20242025 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 17/06/2025 |
| Question |
Selon une entreprise spécialisée dans les technologies auditives, la perte auditive toucherait près d'un million de Belges. Et les projections sont alarmantes: d'ici 2050, une personne sur quatre devrait y faire face au cours de sa vie. Derrière ces chiffres se cache parfois une réalité dévastatrice: isolement social, dépression et risque multiplié de démence. Ce phénomène frappe tous les âges: deux à quatre enfants sur 1.000 naissent avec une surdité neurosensorielle ou développent une perte auditive pendant l'enfance. Chez nous, environ 40 enfants naissent chaque année avec une surdité unilatérale. Malgré cela, la perte auditive ne serait souvent pas traitée. Les appareils auditifs et autres implants cochléaires ne sont pas toujours entièrement remboursées, constituant un obstacle financier. Face à ce défi sanitaire majeur, la mobilisation s'organise: le Manifeste belge sur la santé auditive a été dévoilé à Bruxelles, fruit d'une collaboration entre patients, professionnels de la santé et chercheurs. Cette initiative vise un triple objectif: exiger un dépistage systématique et précoce, garantir l'accès aux solutions auditives pour tous et briser enfin le tabou qui entoure encore cette condition trop souvent minimisée: si elles ne reçoivent pas à temps les aides auditives adéquates, on remarque une accélération du déclin cognitif des patients. Ce plaidoyer exhorte les décideurs à inscrire la santé auditive comme priorité, au sein d'un projet de société plus inclusive. La perte auditive est le quatrième handicap le plus fréquent dans le monde. 1. Que vous inspirent les chiffres publiés par cette société spécialisée en technologies auditives? 2. Quelles sont les lignes de force de votre prise en compte de la santé auditive en Belgique? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B025
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| Date publication | 26/09/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. Ces chiffres sont connus de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI), qui a participé à la présentation du Manifeste le 2 avril 2025. La perte auditive est effectivement un sujet de préoccupation tant national que mondial. Actuellement, plusieurs implants auditifs (implant cochléaire, implant de l'oreille moyenne, implant à ancrage osseux, implant de reconstruction de la chaîne ossiculaire) sont remboursés par l'INAMI pour de nombreuses indications tant chez l'enfant que chez l'adulte (surdité unilatérale, surdité bilatérale, surdité bilatérale avec ossification imminente, neuropathie auditive, perte auditive de transmission et perte auditive mixte). Malgré cela, il a été démontré qu'en Belgique, seuls environ 6,6 % des adultes éligibles au remboursement d'un implant cochléaire - principalement des personnes âgées - optent effectivement pour cette intervention. Ce taux est similaire à ceux observés dans d'autres pays: environ 10 % en Australie, entre 6 et 8 % aux États-Unis, 7 % aux Pays-Bas et moins de 5 % au Royaume-Uni (Adulthearing.com). Cela démontre clairement que pour améliorer la prise en charge de ce handicap, tous les acteurs de terrain doivent jouer un rôle dans la sensibilisation et l'informations des patients. La Commission de conventions Audiciens-Organismes assureurs est consciente des conséquences négatives d'une perte auditive non traitée, énumérées dans le manifeste sur, entre autres, les capacités de communication, l'emploi, la dépression, le déclin cognitif et la retraite anticipée. C'est pourquoi la Commission de conventions, en collaboration avec les associations de médecins généralistes et les médecins ORL, a lancé une campagne d'information intitulée "Une perte auditive n'est jamais normale" le 3 mars 2023 afin de sensibiliser les médecins généralistes à la perte auditive et de promouvoir ainsi une orientation plus aisée des soins de première ligne vers les médecins ORL ou les audiciens en cas de problèmes d'audition. Une campagne de suivi a été lancée le 3 mars 2025, ciblant d'autres prestataires de soins de première ligne en plus des médecins généralistes. Ces campagnes d'information soulignent les conséquences négatives susmentionnées d'une perte auditive non traitée et établissent un lien avec la nécessité d'une orientation rapide lorsqu'une perte auditive est diagnostiquée par les prestataires de soins de première ligne. La Commission de conventions a l'intention d'organiser des campagnes de suivi régulières à l'avenir. L'INAMI a également pris des mesures ces dernières années afin de rendre les appareils auditifs plus abordables. Un appareil auditif peut en effet être assorti d'un supplément élevé en plus du remboursement de l'assurance maladie-invalidité obligatoire (AMI). Pour remédier à cette situation, un projet a été lancé il y a quelques années afin de mieux identifier ces suppléments pour les patients. Depuis plusieurs années, un prix maximum par appareil est fixé par le ministre de l'économie. En outre, les organismes assureurs enregistrent les suppléments facturés. Cela permettra à l'INAMI, et en particulier à la Commission de conventions, d'avoir une meilleure vue d'ensemble de ces suppléments pour les patients. Par ailleurs, il existe toujours une liberté de choix du prestataire et une liberté de choix de l'appareil auditif et des accessoires connexes. À côté des appareils les plus coûteux, il existe également sur le marché des appareils auditifs au tarif de remboursement, c'est-à-dire des appareils pour lesquels aucun supplément n'est facturé au patient. L'audicien a la responsabilité d'informer clairement le patient sur le prix, y compris la quote-part personnelle et les suppléments éventuels. 2. La Commission de remboursement des Implants et Dispositifs médicaux invasifs de l'INAMI s'efforce de rendre des avis fondés sur les principes de la médecine factuelle (Evidence-Based Medicine). Afin de faciliter la prise de décision concernant la meilleure option de prise en charge thérapeutique pour les patients atteints de perte auditive, l'INAMI a chargé le Centre fédéral d'Expertise des Soins de santé (KCE) de mener une recherche sur l'efficacité de certains implants auditifs et sur l'éventuelle nécessité d'élargir leur remboursement. Depuis la publication du rapport du KCE, de nouvelles données scientifiques probantes ont été publiées et examinées dans le cadre d'une initiative ministérielle. L'évaluation de ces nouvelles données a conduit à un élargissement du remboursement des implants cochléaires pour les enfants atteints de surdité unilatérale, qui est entré en vigueur le 1er janvier 2024. L'éventail des options thérapeutiques en cas de perte auditive est large mais le nombre d'indications pour lesquelles un implant cochléaire p. ex. est remboursé a été élargi au cours de ces 5 dernières années. Une demande d'extension du remboursement est d'ailleurs actuellement en cours (CtiReceivableRequestsList) . De plus, parmi les cinq objectifs de soins de santé adoptés par le Conseil général de l'INAMI pour la législature 2025-2030 figurent l'accessibilité des soins et la prévention. La prise en charge de la santé auditive s'inscrit parfaitement dans ces objectifs. Dans le cadre de l'accessibilité, depuis le 1er juin 2024, le seuil de décibels pour l'éligibilité au remboursement des appareils auditifs a été abaissé de 40 dB à 35 dB. La période d'essai des appareils a également été étendue afin de permettre plus de flexibilités au patient. La Commission de conventions Audiciens-Organismes assureurs a exprimé son intention d'améliorer à l'avenir, l'accessibilité aux soins auditifs en alignant les niveaux de remboursement du groupe d'âge des plus de 65 ans sur les 18-65 ans et en abaissant encore le seuil de décibels à 30 dB. Ces mesures, à condition d'être prévues dans les budgets disponibles et après consensus en commission de convention avec la base scientifique nécessaire seront mises en place dans le futur. |
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