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Question et réponse écrite n° : 0841 - Législature : 56


Auteur Julien Matagne, LENGAG (07818)
Département Ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale
Sous-département Mobilité, Climat, Transition environ.
Titre L'ouverture de certaines gares pour l'accueil des sans-abris.
Date de dépôt19/01/2026
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai20/02/2026

 
Question

Face à la vague de froid exceptionnelle qui a touché la Belgique en décembre 2025, la SNCB a décidé de maintenir exceptionnellement ouvertes, durant la nuit, quatre grandes gares du pays: Bruxelles-Midi, Anvers-Central, Gand-Saint-Pierre et Liège-Guillemins. Selon son porte-parole, cette mesure vise à offrir un abri temporaire aux personnes sans domicile fixe afin de leur éviter une exposition dangereuse aux températures négatives. Sous la supervision du service de sécurité ferroviaire Securail, les personnes concernées peuvent séjourner dans des espaces chauffés disposant de sanitaires. La SNCB a toutefois précise que cette solution est de nature exceptionnelle et intervient uniquement après consultation des services locaux d'aide aux sans-abri, lorsque les structures d'hébergement sont saturées ou en cas de refus de prise en charge. Si les gares ne constituent pas un lieu d'accueil idéal, cette initiative se veut avant tout préventive face aux risques liés au froid extrême. Cette décision de la SNCB mérite d'être saluée. Elle permet de sauver potentiellement des vies en mobilisant des infrastructures publiques déjà existantes et accessibles. Elle témoigne également d'une prise de conscience du rôle social que peuvent jouer les entreprises publiques au-delà de leur mission première, en complément des politiques sociales menées par les autorités compétentes. 1. Quelles concertations ont eu lieu entre la SNCB et le gouvernement fédéral pour encadrer l'ouverture nocturne exceptionnelle de ces gares? 2. a) Une analyse qualitative a-t-elle été menée afin d'évaluer l'adéquation des infrastructures ferroviaires à l'accueil temporaire de personnes sans-abri durant la nuit? b) Les services concernés disposent-t-ils d'une évaluation du nombre de personnes sans-abri ayant pu bénéficier de cette mesure et de son impact sur leur sécurité? c) Quels indicateurs ont été utilisés pour évaluer l'efficacité de cette mesure, notamment en termes de sécurité, de fréquentation, de conditions sanitaires et de prévention des risques liés au froid? 3. a) Une estimation des coûts liés à cette mesure a-t-elle été réalisée et un mécanisme de financement spécifique est-il envisagé pour soutenir ce type d'initiative à l'avenir? b) Quel est le coût estimé pour la SNCB de cette ouverture nocturne exceptionnelle (sécurité, chauffage, personnel) et comment ces coûts sont-ils répartis? 4. Quelles garanties sont prévues pour assurer à la fois la sécurité des personnes sans-abri, du personnel ferroviaire et des voyageurs potentiels? 5. a) Cette expérience pourrait-elle servir de base à l'élaboration d'un protocole permanent d'urgence en cas de lors de crises climatiques ou sociales? b) Existe-t-il un protocole formalisé permettant l'ouverture nocturne exceptionnelle des gares en cas de conditions climatiques extrêmes, et sinon, envisagez-vous d'en élaborer un?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B040
Date publication 30/01/2026, 20252026
Réponse

Toutes les gares SNCB qui disposent d'une salle d'attente sont fermées la nuit. Les horaires de fermeture varient surtout en fonction des horaires des premiers et derniers trains, mais aussi pour des raisons logistiques. Les gares sont fermées pour des raisons de nettoyage et de sécurité mais aussi pour des raisons d'économie d'énergie afin de ne pas chauffer des espaces non-utilisés. La SNCB active par ailleurs un plan hiver, au même moment que les organisations fédérales. Durant cette période de froid ou de neige, les personnes en errance qui n'ont pas de place dans les structures d'accueil de nuit peuvent rester dans la gare durant les heures de fermeture. Il s'agit des gares d'Antwerpen-Centraal, Gent-Sint-Pieters, Bruxelles-Midi, Charleroi-Central et Liège-Guillemins. En raison de travaux en cours à Charleroi-Central, cette gare ne pourra pas être incluse dans le dispositif cette année. En pratique, dans ces gares, les agents de Securail, le service de sécurité de la SNCB, vont à la rencontre des personnes en errance au moment de la fermeture et les aident à contacter les structures d'accueil. Si la personne n'a pas la possibilité d'obtenir une place dans un centre d'hébergement, elle peut rester dans la gare. Ces gares ont des équipes de nuit permanentes et sont dotées d'une structure avec des sanitaires qui permet un accueil décent pour quelques heures. Dans les autres gares, ce n'est pas le cas. L'extension ou la systématisation de cette approche n'est donc pas une option. La SNCB ne dispose pas de chiffres précis concernant le nombre de personnes sans abri qui restent la nuit dans les gares, ni concernant des coûts de chauffage distincts durant la période nocturne dans ce cadre. Durant toute la période d'activation du plan hiver, la SNCB assiste à des réunions avec les communes pour l'hébergement de nuit. Ceci permet à la SNCB de collaborer de façon étroite avec les différentes collectivités locales et les structures d'accueil, mais aussi avec les polices locales et les autorités communales. De façon générale aussi, dans toutes les régions du pays, la SNCB est en contact avec les autorités communales, la police locale et les structures sociales de la région. Diverses réunions sont organisées zone par zone. Les agents de Securail sont aussi sensibilisés aux diverses problématiques liées aux personnes en errance dans les gares et collaborent de façon régulière avec les différentes structures sociales. La SNCB opère p. ex. des patrouilles mixtes avec la police locale mais aussi les éducateurs et infirmiers de rue et a des collaborations avec, p. ex., Medibus qui organise des visites médicales aux abords des gares ou d'autres structures sociales telles que DoucheFlux. Un monitoring permanent nous permet aussi de veiller à l'évolution et à la caractérisation des situations des personnes en errance dans les diverses zones géographiques. La SNCB a le souhait d'assurer le transport des voyageurs, tout en jouant un rôle sociétal envers les structures sociales. C'est pourquoi, même si nos salles d'attente ne sont pas équipées pour un accueil de nuit décent, nous collaborons avec les structures d'accueil spécialisées et orientons les personnes au mieux vers les bonnes structures en allant à leur rencontre. La SNCB déploie aussi de façon régulière des "référents sociaux". Le référent social est une personne de contact pour les gens en errance dans les gares. Il aide à orienter ces personnes vers les structures existantes adéquates dans les communes, selon l'aide dont elles ont besoin. Il assume un rôle de référent, pas d'assistant social, en étant en contact permanent avec ces structures sociales qu'il connait bien. Il connait aussi la vie de la gare et des voyageurs ainsi que les règles de sécurité liées à l'environnement ferroviaire.