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| Auteur | Gilles Foret, MR (06712) |
| Département | Ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale |
| Sous-département | Mobilité, Climat, Transition environ. |
| Titre | Désinformation climatique. - Suivi, contrôle et accompagnement du paysage médiatique belge (QO 010860C). |
| Date de dépôt | 03/12/2025 |
| Langue | F |
| Publication question |
B038
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| Date publication | 15/01/2026, 20252026 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 08/01/2026 |
| Question |
La Belgique a récemment signé, lors de la COP 30 à Belém, une déclaration internationale visant à renforcer l'intégrité de l'information climatique et à lutter contre la désinformation environnementale. Cette initiative répond à un phénomène croissant, où certaines informations infondées, minimisant ou niant l'urgence climatique, circulent massivement sur les réseaux sociaux et parfois jusque dans les médias audiovisuels traditionnels. Dès 2025, sous la coordination du service climat du SPF Environnement, l'association Quota Climat analysera les contenus climat des radios et télévisions belges, afin d'identifier les cas de mésinformation ou de désinformation et d'améliorer la qualité de l'information diffusée au public. Une première évaluation est annoncée pour fin 2026. Cette démarche constitue une avancée importante. Toutefois, plusieurs questions subsistent quant à son périmètre, ses moyens et les suites concrètes qui lui seront données. 1. Quels seront précisément les critères scientifiques et déontologiques retenus pour analyser la qualité des contenus climatiques audiovisuels? 2. Des objectifs chiffrés sont-ils définis pour le premier rapport attendu en 2026? 3. Une extension de l'évaluation à la presse écrite et aux réseaux sociaux, là où la désinformation est la plus virale, est-elle envisagée à terme? 4. Le gouvernement prévoit-il un budget spécifique pour accompagner les médias et renforcer leurs capacités internes (formation des journalistes, accès à l'expertise scientifique, fact-checking)? 5. Pouvez-vous préciser l'état d'avancement de la réflexion relative à la création d'un observatoire national de la désinformation climatique et au possible renforcement du cadre réglementaire? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B040
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| Date publication | 30/01/2026, 20252026 |
| Réponse |
Je vous remercie pour votre question, qui porte sur un enjeu central pour notre démocratie: la qualité de l'information environnementale et climatique et la capacité de nos sociétés à débattre et à agir sur base de faits établis, dans le respect absolu de la liberté de la presse. Nous faisons aujourd'hui face à une crise climatique et environnementale sans précédent, dont les impacts sur la santé, l'économie et la cohésion sociale sont de plus en plus visibles, y compris en Belgique. Relever ce défi nécessite de mobiliser l'ensemble de la société. À cet égard, l'accès à une information fiable, compréhensible et accessible à toutes et tous est une condition essentielle pour permettre une transition climatique juste et efficace. Comprendre un problème est en effet la première étape pour pouvoir le résoudre collectivement. L'importance de l'intégrité de l'information climatique est désormais reconnue comme cruciale au niveau international et européen. Le Forum économique mondial identifie la mésinformation et la désinformation comme le principal risque à court terme pour nos sociétés. De nombreux travaux scientifiques, notamment la récente revue de littérature publiée par l'International Panel on the Information Environment (IPIEI), alertent sur la progression rapide de contenus trompeurs relatifs au dérèglement climatique et aux solutions à y apporter. Cette désinformation a des conséquences concrètes: elle retarde l'action climatique, polarise le débat public, affaiblit la confiance envers la science et, ce faisant, fragilise le fonctionnement démocratique. Dans ce contexte, j'ai demandé à mon administration de lancer une initiative visant à analyser le traitement des questions environnementales dans les médias traditionnels tels que la télévision et la radio. Il est important de souligner d'emblée que cette démarche ne vise ni à contrôler l'information, ni à sanctionner des journalistes ou des citoyens, ni à définir une quelconque "vérité officielle". Il s'agit d'un projet d'analyse, de connaissance et de dialogue, dont les objectifs sont triples: - objectiver, de manière qualitative et quantitative, la couverture médiatique des sujets environnementaux en Belgique; - mieux comprendre les phénomènes de mésinformation et de désinformation climatique et environnementale dans notre pays; - identifier, avec les acteurs concernés, des recommandations et de bonnes pratiques susceptibles d'améliorer la qualité du débat public. Vous avez raison de souligner que la solidité scientifique de cette initiative est importante. À cet égard, notez que les méthodologies élaborées dans le cadre de ce rapport s'appuieront sur des experts scientifiques reconnus (réunis au sein d'un comité d'experts) et en concertation étroite avec les médias eux-mêmes ainsi qu'avec les acteurs de la régulation et de l'autorégulation journalistique. L'objectif de notre projet est de comprendre quand et comment les sujets environnementaux sont traités, avec quels cadres d'analyse, quelles sources et quels niveaux de contextualisation scientifique, sans porter d'appréciation normative ou punitive. Vous vous interrogez également sur d'éventuels objectifs chiffrés qui existeraient au sein de notre projet. Celui-ci n'en a toutefois pas. Il vise avant tout à dresser un état des lieux objectivé de la situation en Belgique, tant sur le plan quantitatif (présence et visibilité des thématiques environnementales) que qualitatif (types de discours, formes de mésinformation ou de désinformation). Il s'agit d'un outil de diagnostic, destiné à nourrir le dialogue avec les acteurs concernés. Troisièmement, vous vous interrogez sur l'extension de cette initiative aux réseaux sociaux. À ce stade, il est trop tôt pour vous répondre avec certitude, mais cela fait à mon avis tout à fait sens. Nous procédons toutefois par étape, et je vous tiendrai avec plaisir au courant d'éventuels développements en la matière. Un budget spécifique de 160.000 euros a été engagé en 2025 pour ce projet. À ce stade, aucune mesure d'accompagnement, de formations ou autres n'a été budgétée. Néanmoins, je n'exclus évidemment pas de mettre en oeuvre des mesures complémentaires pour renforcer l'intégrité de l'information environnementale dans notre pays, en fonction des discussions avec le secteur et des besoins que nous identifierons dans le cadre de notre projet. Enfin, je précise que la déclaration signée à Belém lors de la COP30 ne constitue en aucun cas un engagement à contrôler la couverture médiatique. Elle vise au contraire à promouvoir l'intégrité de l'information, à mieux cartographier les phénomènes de désinformation, à sensibiliser les acteurs concernés et à créer un environnement propice à un débat public fondé sur des faits, tant au niveau national qu'international. |