...
| Auteur | Christophe Lacroix, PS (06389) |
| Département | Ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur |
| Sous-département | Défense, Commerce ext. |
| Titre | La protection des infrastructures énergétiques belges en mer du Nord. |
| Date de dépôt | 25/11/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 30/12/2025 |
| Question |
Depuis plusieurs années, nos partenaires européens bordant la mer du Nord constatent le passage, dans leurs eaux territoriales, des navires soupçonnés d'appartenir à la flotte fantôme russe. En août 2025, notre marine belge a surveillé de près l'Amiral Vladimirsky, officiellement présenté comme un navire de recherche russe, mais régulièrement identifié par les services de sécurité européens comme un bâtiment susceptible de mener des activités de renseignement. Plusieurs enquêtes de nos alliés nord-européens indiquent que ce navire aurait pour objectif de cartographier les infrastructures énergétiques offshore, d'opérer des drones sous-marins et, potentiellement, de préparer des actions visant à perturber ou détruire des installations critiques. Les précédents relevés de trajectoire montrent qu'il a déjà longé des câbles et parcs éoliens au large du Royaume-Uni, des Pays-Bas et du Danemark. Rien, à l'heure actuelle, n'empêche matériellement un navire de ce type de traverser ou d'approcher de très près nos champs éoliens offshore. Leur protection relève pourtant d'un caractère stratégique. 1. Compte tenu de la menace que fait peser notamment la Fédération de Russie sur l'architecture de sécurité européenne, et dans un contexte où les menaces hybrides s'accentuent, quelles mesures la Défense, de concert avec le SPF Intérieur, mettent-ils en oeuvre pour protéger nos infrastructures critiques en mer du Nord, en particulier les parcs éoliens et les câbles énergétiques? 2. Avez-vous engagé des consultations avec nos partenaires européens également confrontés à ces incursions répétées de navires soupçonnés notamment d'appartenir à la "flotte fantôme" russe? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B036
|
| Date publication | 23/12/2025, 20252026 |
| Réponse |
1. La Belgique protège ses infrastructures critiques en mer du Nord grâce à une approche intégrée de la Défense et du Service public fédéral Intérieur avec des contributions de la Marine, de la Police de la Navigation, des Douanes et Accises, de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique et de la Direction générale Navigation. La surveillance 24/7 est assurée par le Carrefour d'Information Maritime et le Maritime Rescue and Coordination Centre d'Ostende, qui combinent capteurs civils et militaires pour détecter toute activité suspecte, y compris les menaces liées à la "flotte fantôme" russe. Les opérateurs offshore sont légalement tenus, via le Code belge de la Navigation, de mettre en place un système de sécurité en couches. Celui-ci inclut l'utilisation de technologies avancées comme le Distributed Acoustic Sensing intégré aux câbles sous-marins, ainsi que le partage sécurisé des données avec l'État. Lorsqu'une menace potentielle apparaît, l'Autorité nationale de sûreté maritime, le Centre de crise National et la Défense évaluent la situation et peuvent décider d'un renforcement de la surveillance, de contrôles ou de mesures coercitives. Pour intervenir directement, la Belgique peut mobiliser plusieurs moyens : les Coastal Patrol Vessels, le Very Shallow Water diving team spécialisé dans les plongées en eaux très peu profondes, les capacités de Mine Counter Measures ainsi que des plateformes civiles du Service maritime côtier ou des entreprises spécialisées. 2. Compte tenu du caractère transfrontalier de la menace et de la présence de cette "flotte fantôme" dans les approches maritimes européennes, la Belgique complète son dispositif national par une participation active aux travaux internationaux. Il existe une implication politique forte via le Sommet de la mer du Nord et la mise en place de la plateforme NorthSeal, qui vise l'échange rapide d'informations et de signaux suspects entre garde-côtes. Tant le Service européen pour l'action extérieure que les États membres, dont la Belgique, ont désormais désigné un "point focal national unique" pour la "flotte fantôme" afin de favoriser la circulation de l'information. |