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Question et réponse écrite n° : 0672 - Législature : 56


Auteur Hugues Bayet, PS (07169)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre La fermeture de la maternité de Lobbes (QO 009764C).
Date de dépôt01/12/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai08/01/2026

 
Question

La direction du CHU Helora vient d'annoncer la fermeture de la maternité de Lobbes. Dès le 15 janvier 2026, plus aucun accouchement n'y sera pratiqué. Cette décision, qui impactera directement les 24 sages-femmes de l'établissement, suscite de vives inquiétudes syndicales quant au respect des choix professionnels, à l'avenir des emplois et à la conciliation entre vie privée et vie professionnelle pour le personnel concerné. Après les fermetures des maternités de Chimay et Vésale, cette décision pose à nouveau la question de l'accès aux soins dans la région du Sud-Hainaut, obligeant les patientes à parcourir davantage de kilomètres pour accoucher, ce qui représente une réelle régression pour la santé des femmes. 1. Comment expliquez-vous ces décisions de fermetures successives, en particulier de maternités? 2. La fermeture de la maternité de Lobbes ne risque-t-elle pas d'aggraver la désertification médicale dans la région? 3. Quelles actions comptez-vous mettre en oeuvre pour garantir un accès de qualité et de proximité aux soins de maternité pour les familles de la région, dans un contexte de réduction de l'offre hospitalière? 4. Ne craignez-vous pas que les coupes budgétaires que vous imposerez aux hôpitaux dès 2026 entraineront inévitablement la fermeture de certains services, spécifiquement quand ils seront jugés non-rentables, dégradant ainsi l'accessibilité aux soins?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B036
Date publication 23/12/2025, 20252026
Réponse

La fermeture d'un service de maternité suscite toujours des réactions émotionnelles, ce qui est parfaitement compréhensible. Je tiens toutefois à rappeler que les choix de gestion relèvent de la responsabilité des hôpitaux, tandis que les reconnaissances et l'offre de soins relèvent de la compétence du ministre régional concerné. Dans une logique d'utilisation optimale des ressources, il est par ailleurs évident que lorsqu'un service n'atteint plus un certain niveau d'activité, celui-ci représente une charge importante pour l'institution. Pour les maternités, cette évolution doit aussi être analysée à la lumière de la baisse du nombre de naissances. Selon STATBEL, "avec 108.150 naissances en 2024, la Belgique poursuit sa tendance à la baisse, avec une diminution de 1,9 % par rapport à 2023 (110.198 naissances). Ce niveau est le plus bas depuis 1942". Cette évolution a des conséquences sur l'organisation de l'offre. Le rapport du KCE de 2019 (Report 323As) montre qu'un certain nombre de petites maternités peuvent disparaître sans compromettre l'accessibilité globale. Parallèlement, des initiatives (inter)fédérales sont en cours, notamment dans le cadre du programme périnatal de soins intégrés, dont la mise en oeuvre débute progressivement en Wallonie. Les coaches d'implémentation ont réalisé des analyses territoriales et travaillent actuellement à l'élaboration d'une approche méthodologique. Ce programme vise notamment à renforcer la dynamique des réseaux existants en périnatalité afin de mieux répondre aux besoins des femmes enceintes. Il devrait également contribuer à améliorer l'accès à certains services grâce à une collaboration renforcée entre les différents acteurs. Je suis convaincu que nous devons continuer à utiliser nos ressources de manière optimale pour garantir des soins de qualité, accessibles et proches du citoyen là où cela est possible. L'objectif n'est pas de réaliser des économies, et aucun plan fédéral de réduction budgétaire en 2026 ne prévoit la fermeture de services hospitaliers. Nous devons toutefois tenir compte de l'évolution des besoins. Enfin, je rappelle que, dans le cadre de la Conférence Interministérielle, un groupe d'experts a été mis en place afin d'établir un rapport sur l'évolution future du paysage hospitalier. Leurs recommandations nous aideront à prendre des décisions fondées et durables en matière d'organisation des soins.