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| Auteur | Katrijn van Riet, N-VA (07028) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | L'accord 50-50 de Trump concernant le fabricant de puces TSMC (QO 009220C). |
| Date de dépôt | 21/11/2025 |
| Langue | N |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 30/12/2025 |
| Question |
Le président américain Donald Trump plaide en faveur d'un "accord 50-50" entre les États-Unis et Taïwan concernant le fabricant des puces électroniques Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC). Trump estime que les États-Unis sont devenus trop dépendants de TSMC et semble désormais subordonner le soutien militaire américain à un tel accord dans le cadre des négociations. Selon les suggestions de Trump, Taïwan ne pourrait compter sur l'armée américaine que s'il transférait une partie de sa production de puces aux États-Unis. Le gouvernement américain a récemment pris une participation dans son propre fabricant de puces Intel, qui connaissait des difficultés sur le marché boursier. Taïwan, qui subit une forte pression de la part de la Chine, se trouve désormais dans une position extrêmement délicate. TSMC produit plus de 90 % des puces les plus avancées au monde, indispensables à la technologie de défense, à l'intelligence artificielle, aux télécommunications et à l'industrie automobile, et qui ne sont certainement pas inconnues sur nos marchés européen et belge. On craint qu'une escalade autour de Taïwan ne perturbe gravement l'approvisionnement mondial en semi-conducteurs. L'Europe reste fortement dépendante des fournisseurs de puces taïwanais et sud-coréens, malgré les efforts déployés dans le cadre du European Chips Act pour renforcer sa propre capacité de production. Si les États-Unis acquièrent un contrôle de facto sur la production ou la propriété intellectuelle de TSMC, cela pourrait également avoir des implications pour l'autonomie technologique, les relations commerciales et l'approvisionnement de l'Europe. 1. Comment évaluez-vous les récentes déclarations de Donald Trump au sujet de TSMC et la pression géopolitique potentielle sur Taïwan? Quelle position allez-vous défendre à ce sujet auprès de l'Europe au nom de la Belgique? 2. La Belgique voit-elle, dans le cadre des concertations européennes, des risques pour la stabilité de la chaîne d'approvisionnement en semi-conducteurs si les États-Unis renforcent leur emprise sur TSMC? 3. Quels contacts diplomatiques ou économiques la Belgique ou l'UE entretiennent-elles actuellement avec Taïwan concernant les livraisons de semi-conducteurs dans le contexte de cette actualité récente? 4. Comment évaluez-vous l'impact de ces développements sur l'European Chips Act et sur les flux commerciaux de semi-conducteurs vers l'Europe? Une stratégie est-elle envisagée au niveau européen en cas d'escalade de la situation autour de Taïwan? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B036
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| Date publication | 23/12/2025, 20252026 |
| Réponse |
Le Secrétaire américain au Commerce, monsieur Lutnick, a effectivement déclaré lors d'une interview en septembre 2025 que les États-Unis souhaitent que 50 % des puces destinées à leur marché, produites par des entreprises taïwanaises (principalement TSMC), soient désormais fabriquées en Amérique. Cette position doit être comprise dans le cadre des efforts américains, notamment via le Chips Act, visant à accroître la capacité de production de semi-conducteurs aux États-Unis. Les États-Unis ont également lié leur politique et leurs investissements dans les semi-conducteurs aux négociations sur les droits de douane avec Taïwan, qui ne sont pas encore finalisées mais semblent proches d'un accord. Étant donné que la demande américaine concerne la production de puces pour les clients américains de TSMC, tels qu'Apple et Nvidia, l'impact direct sur la chaîne d'approvisionnement européenne devrait en principe rester limité. De plus, il n'existe pour l'instant aucun indice que TSMC acceptera la proposition américaine, même si Taïwan et les États-Unis semblent travailler à un accord prévoyant un soutien taïwanais au développement du secteur américain des semi-conducteurs. TSMC a d'ailleurs déjà annoncé ces dernières années d'importants investissements aux États-Unis. Il convient toutefois de rappeler que TSMC est une entreprise privée qui prend ses propres décisions d'investissement. Les autorités belges sont pleinement conscientes de l'importance critique du secteur des semi-conducteurs pour notre prospérité économique, notre innovation technologique et notre sécurité. Nos équipes sur place suivent de près les développements du secteur. C'est également pourquoi la Belgique plaide systématiquement, au niveau européen, pour un renforcement de l'écosystème européen des semi-conducteurs, et que nous avons été étroitement impliqués dans l'élaboration du EU Chips Act. Notre pays a ainsi signé, en septembre, avec les 27 États membres de l'UE, la Déclaration de la Semicon Coalition. Cette déclaration appelle à renforcer la position européenne dans l'industrie mondiale des semi-conducteurs via un European Chips Act 2.0. La Belgique insiste pour que, outre l'augmentation des capacités de production, la conception de puces et la Recherche et Développement restent des priorités essentielles, comme p. ex. la ligne pilote NanoIC lancée chez IMEC. Les chaînes d'approvisionnement et la capacité de production, tant pour les puces avancées que pour celles moins sophistiquées, doivent être évaluées à la lumière des tensions géopolitiques croissantes. L'EU Chips Act actuel permet à la Commission européenne d'intervenir par la coordination de la demande, la priorisation de l'approvisionnement pour les secteurs critiques et la mise en oeuvre de mesures d'urgence. Le Pilier III de l'EU Chips Act prévoit un mécanisme spécifique d'alerte et de coordination entre les États membres et la Commission pour surveiller les chaînes d'approvisionnement et réagir rapidement en cas de crise. La Commission collabore également avec le Centre commun de recherche (JRC) et le European Semiconductor Board pour cartographier les risques pesant sur les chaînes d'approvisionnement de notre industrie des semi-conducteurs et finance des projets de recherche spécifiques. La semaine dernière, le 24 novembre, la Commission a organisé, avec les États membres et le consortium CHIPDIPLO, un exercice de simulation de crise afin de mieux préparer l'Europe à une éventuelle perturbation des chaînes d'approvisionnement mondiales des puces. Les Piliers I et II de l'EU Chips Act visent quant à eux à promouvoir la production et l'innovation en matière de puces dans l'UE, ce qui renforce l'autonomie stratégique. L'investissement de TSMC dans le consortium autour de la European Semiconductor Manufacturing Company (ESMC) en Allemagne en est une illustration. Concernant les contacts entre la Belgique et l'UE d'une part, et Taïwan d'autre part, je peux vous confirmer que des relations commerciales étroites existent - p. ex. la Belgique est présente au salon annuel Semicon à Taipei. En novembre, s'est tenue également la quatrième édition du EU-Taiwan Trade and Investment Dialogue. Par ailleurs, Taïwan et l'UE ont participé en novembre à la Government Authorities Meeting on Semiconductors (GAMS) en Corée, une réunion multilatérale incluant notamment les États-Unis ainsi que l'industrie. Ensuite, l'UE a pris part en septembre à la première édition du Semicon Network Summit à Taipei et a organisé, avec le consortium CHIPDIPLO, un EU-Taiwan Semiconductor Industry Dialogue lors de la conférence SEMICON Europa à Munich le mois dernier. Enfin, Taïwan est également impliqué dans les initiatives européennes en matière de recherche et d'innovation, telles que le programme Horizon Europe et le programme Globalstars, qui soutient la coopération internationale dans des domaines tels que les semi-conducteurs et la photonique. |