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Bulletin n° : B036 - Question et réponse écrite n° : 0547 - Législature : 56


Auteur Julien Matagne, LENGAG (07818)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre Le secteur de la construction et la robotique humanoïde.
Date de dépôt13/11/2025
Langue F
Publication question     B036
Date publication 23/12/2025, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai19/12/2025

 
Question

En Belgique, le secteur de la construction fait face à une double crise structurelle: un manque de main-d'oeuvre dû à la pénibilité et une faible attractivité du métier. Malgré la numérisation et l'automatisation partielle, le secteur reste fortement dépendant du travail humain manuel. Selon une récente étude de McKinsey (https://www.mckinsey.com/industries/engineering-construction-and-building-materials/our-insights/humanoid-robots-in-the-construction-industry-a-future-vision#/), les robots humanoïdes, grâce à l'intelligence artificielle incarnée, pourraient représenter la prochaine grande vague d'automatisation. Capables de reproduire les gestes humains et aptes à exécuter plusieurs tâches sur des chantiers non structurés, le robot humanoïde pourrait être envisagé dans un rôle complémentaire plutôt que remplaçant pour des applications à court et moyen terme tels que la préparation et le nettoyage de chantiers, la manutention, la peinture, ou encore le déblaiement. À long terme l'étude suggère qu'il serait possible que ceux-ci puissent réaliser des tâches plus complexes tels que dans le secteur de la plomberie ou l'installation de câblage. Bien que cette discussion puisse relever pour certains de la science-fiction, c'est une vraie course entre plusieurs pays notamment le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis. Au-delà des enjeux économiques et de compétitivité, il sera aussi et surtout question de la transformation du travail ainsi que du cadre réglementaire relatif à la sécurité, la responsabilité juridique et les questions assurantielles liées. À long terme, la Belgique a un rôle à jouer compte tenu d'un secteur de la construction important (environ 140.000 ouvriers recensés au premier trimestre 2025 selon le fonds sectoriel, Constructiv (https://www.rtbf.be/article/sept-mille-emplois-en-moins-dans-le-secteur-de-la-construction-en-quatre-ans-11607888), des pénuries chroniques de main d'oeuvre, ainsi qu'un écosystème d'innovation assez actif. Comme souvent, notre pays risque de subir l'innovation importée plutôt que de la coconstruire, à défaut d'un cadre anticipatif. 1. Quelle est l'analyse du SPF Économie face à ce phénomène qui n'en encore qu'à ses balbutiements? Quelles initiatives votre département envisage-t-il de prendre pour positionner la Belgique dans ce domaine, notamment dans le secteur de la construction? Existe-t-il actuellement une réflexion, au sein du SPF Économie ou en concertation avec le SPF Emploi, sur la création de normes de sécurité et de certification pour l'usage de robots humanoïdes sur les chantiers belges? 2. La Belgique participe-t-elle à des programmes européens relatifs aux humanoïdes ou à la robotique de construction? Si oui, quels projets et avec quels résultats concrets? 3. Comment s'articule ce domaine si particulier avec les règles européennes notamment l'IA Act? Quelles sont les discussions en la matière que ce soit au niveau économique ou celui de l'emploi au niveau européen? 4. Une réflexion interdisciplinaire (économique, éthique, technologique) est-elle envisagée sur l'impact sociétal de l'introduction des humanoïdes dans le monde du travail?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B038
Date publication 15/01/2026, 20252026
Réponse

À ce stade, le déploiement de robots humanoïdes dans la construction n'est pas encore mature technologiquement, mais le potentiel peut s'avérer important afin d'apporter une complémentarité au travail humain dans le secteur. C'est pourquoi le SPF Économie reste attentif à ce domaine dans le cadre de la supervision de la transformation numérique du secteur. Tous les aspects de cette transformation sont pris en compte, en ce compris les aspects économiques et sociétaux. L'automatisation et la robotique au sens large font également l'objet d'une veille technologique continue de la part de mon administration, notamment par sa participation active aux organes décisionnels de Buildwise, le centre collectif de recherche du secteur de la construction. L'utilisation de robotique intégrant des systèmes d'intelligence artificielle, telle que les robots quadrupèdes, fait déjà l'objet d'analyses concrètes. Cette dynamique a également été illustrée par l'événement AI Boost, organisé le 4 décembre, qui a réuni le SPF Économie et quelque 450 professionnels du secteur autour d'un objectif commun: explorer le rôle de l'intelligence artificielle (IA) en tant que levier d'efficacité et de compétitivité pour la construction. En termes de réglementation, ce domaine s'inscrit dans le cadre européen existant. La réglementation Machines couvre déjà les robots, y compris humanoïdes. Des normes internationales en robotique ont été publiées récemment, et l'on s'attend à ce que cette normalisation se développe encore dans un futur proche. L'AI Act complète l'ensemble en encadrant les systèmes d'IA à haut risque. Le SPF Économie participe activement à l'application de la réglementation Machines et à la mise en oeuvre de l'AI Act au niveau national. Sous réserve de l'issue des discussions interministérielles actuellement en cours pour l'implémentation de l'AI Act, le SPF Économie pourrait être amené à exercer des contrôles sur des robots humanoïdes lors de leur mise à disposition sur le marché. Le SPF Emploi serait, pour sa part, susceptible d'intervenir dans le cadre des contrôles effectués lors de la mise en service de tels robots par les employeurs auprès de leurs travailleurs. Des acteurs belges, principalement universitaires, participent également à plusieurs projets européens de robotique appliquée à la construction, comme RoBétArmé ou d'autres initiatives rassemblées dans le cluster Tech4EUConstruction. Ces programmes développent notamment des plateformes robotiques, des outils de perception et des démonstrateurs techniques pour des tâches automatisées de chantier.