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| Auteur | Koen Metsu, N-VA (06591) |
| Département | Ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur |
| Sous-département | Défense, Commerce ext. |
| Titre | Offensive russe estivale (QO 007804C). |
| Date de dépôt | 12/11/2025 |
| Langue | N |
| Publication question |
B035
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| Date publication | 19/12/2025, 20252026 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 12/12/2025 |
| Question |
Depuis le printemps, la Fédération de Russie mène une offensive estivale, notamment dans les régions de Donetsk et Soumy, au nord-est de l'Ukraine. L'avancée est lente, et l'offensive coûte la vie à de nombreux soldats russes et entraîne la perte d'unités mécanisées. Le CSIS américain estime le nombre de morts à déjà 250.000 et le nombre de blessés à plus d'un million du côté russe. L'Ukraine a récemment regagné du terrain sur plusieurs fronts, dont 58 km2 en août, et annonce que l'offensive a été en grande partie stoppée. Elle attribue cela à une bonne défense, à une bonne connaissance du terrain et à la neutralisation stratégique des corridors logistiques. De son côté, la Fédération de Russie tente d'épuiser l'Ukraine en exerçant une pression sur plusieurs fronts, bien que l'accent semble être mis sur la région de Pokrovsk, et ce grâce à l'utilisation massive de drones et d'artillerie. 1. Comment la Belgique évalue-t-elle la situation militaire sur le front, maintenant que l'offensive estivale russe progresse lentement et sans percées majeures? 2. La Belgique a-t-elle prévu un soutien militaire ou des moyens supplémentaires en raison de l'intensification du conflit et de l'offensive estivale russe en particulier? 3. L'OTAN envisage-t-elle une stratégie adaptée, un soutien ou une vigilance accrue en réponse à la pression russe sur plusieurs fronts? 4. La Défense estime-t-elle que la pression russe persistante, y compris la guerre hybride, fait peser un risque accru sur la sécurité de la Belgique? 5. La Belgique est-elle préparée à une éventuelle escalade ou extension du conflit vers le territoire de l'OTAN? 6. La Belgique dispose-t-elle de stocks et de capacités de production suffisants pour continuer à soutenir l'Ukraine à long terme, d'autant plus que le conflit semble s'étendre? 7. Des efforts sont-ils déployés pour accélérer les livraisons de munitions, de drones ou d'autres moyens militaires à l'Ukraine? 8. Quels enseignements la Belgique tire-t-elle de cette offensive, de la valeur des drones pour ses propres planifications et préparations militaires? 9. Jusqu'à présent, l'Ukraine a principalement mené des opérations défensives et a réussi à stopper la capacité offensive de la Fédération de Russie. Si l'Ukraine souhaite toutefois passer à la contre-offensive, elle aura elle-même besoin d'une capacité offensive: en dispose-t-elle? Quel rôle les partenaires européens peuvent-ils jouer dans cette capacité? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B036
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| Date publication | 23/12/2025, 20252026 |
| Réponse |
1. La situation sur le front de l'Est demeure tendue et complexe. Depuis l'automne 2024, la Russie a gagné du terrain, mais l'Ukraine a pu éviter des percées supplémentaires au moyen de tactiques adaptées et une zone d'usure de 15 kilomètres de profondeur. De ce fait, les troupes russes n'ont pas pu atteindre la ligne de contact en nombre suffisant pour la percer. 2. Sans le soutien structurel de l'OTAN et de l'Union européenne, il restera extrêmement difficile pour l'Ukraine de résister aux offensives russes. La Belgique s'est engagée, dans le cadre de l'accord de coalition, à fournir un soutien annuel d'un milliard d'euros. De plus, notre pays a répondu à l'appel du secrétaire général de l'OTAN en fournissant 100 millions d'euros supplémentaires pour répondre aux besoins urgents des forces armées ukrainiennes, conformément à la Liste des besoins prioritaires de l'Ukraine (PURL) 3. Face à la menace russe et aux récentes incursions de drones au-dessus le territoire OTAN, l'Alliance a pris des mesures supplémentaires. Ces actions renforcent la capacité opérationnelle, la dissuasion et soulignent l'unité et la détermination de l'OTAN. Elles comprennent un programme continu d'exercices et de déploiements militaires le long du flanc Est, visant à renforcer les capacités de défense collective, à améliorer l'interopérabilité des forces alliées et à maintenir une posture de dissuasion robuste. Ainsi, en janvier et septembre 2025, les initiatives opérationnelles Baltic Sentry et Eastern Sentry ont été lancées, après des tentatives de sabotage sur des infrastructures sous-marines en mer Baltique et des violations de l'espace aérien de l'OTAN par des drones (présumés) russes. 4. Les évolutions géopolitiques entraînent un risque accru pour la sécurité belge. Nous restons vigilants et renforçons nos mécanismes de prévention et de réponse. 5. La Belgique contribue activement à l'élaboration des plans de l'OTAN dans les domaines de la défense militaire, de la mobilité et de la résilience et a pris des initiatives face aux menaces hybrides. Par exemple, la Belgique a organisé pour la première fois un Table Top Exercise (TTX) avec des organismes d'infrastructures critiques. L'Organisation belge des pipelines et le Centre national de crise y étaient observateurs. La Belgique remplit son rôle de sending nation en participant au NATO Force Model et celui de reception/transit nation en facilitant le passage des troupes alliées sur son territoire (enablement). Comme prévu dans la Vision stratégique 2025, la Défense élabore actuellement un plan national de défense, un plan national d'enablement et contribue à la réalisation d'un plan national de résilience. 6. Comme souligné dans la Vision stratégique, le développement de la capacité industrielle de défense est essentiel pour notamment augmenter la capacité de production. Au sein de l'OTAN et de l'UE, des initiatives sont en cours à cette fin, telles que le NATO Defence Production Action Plan et ReArm Europe / Readiness 2030. 7. L'Occident est conscient de l'urgence des approvisionnements destinés à l'Ukraine. Cependant, l'industrie européenne de l'armement n'est pas en mesure de répondre rapidement aux besoins urgents de l'Ukraine et des pays européens. C'est pourquoi le mécanisme PURL a été mis en place. Ce mécanisme permet aux Alliés et partenaires de l'OTAN d'acquérir auprès des États-Unis les systèmes et munitions dont l'Ukraine a un besoin urgent et qui ne sont pas disponibles en Europe, ou pas disponibles assez rapidement pour être livrés à l'Ukraine. 8. L'innovation est au coeur de la Défense. Être capable d'anticiper le combat du futur est l'un des objectifs stratégiques de la Défense. L'utilisation grandissante de drones en est une illustration. À cette fin, depuis le 6 juin 2025, la Défense dispose d'une task force Drones et Innovation, qui dirige l'intégration accélérée des drones au sein de nos forces armées, tel que souligné dans la Vision Stratégique 2025 9. L'Ukraine a besoin non seulement de ressources défensives, mais aussi de capacités offensives. Ses attaques ciblées contre le réseau ferroviaire et les raffineries de pétrole russes, visant à perturber les approvisionnements et à saper les revenus de l'armement russe, en témoignent. L'Ukraine dispose donc de plusieurs capacités offensives. Cependant, pour accroître les chances de succès d'une contre-offensive majeure, elle a besoin de ressources supplémentaires Actuellement, l'Ukraine possède des armes d'une portée de 1.000 kilomètres. À partir de janvier 2026, la production en série du missile balistique Sapsan et du missile de croisière Flamingo, d'une portée de 3.000 kilomètres, débutera, permettant à l'Ukraine d'opérer plus profondément en territoire russe. Ces évolutions soulignent la nécessité d'une vigilance constante, d'une coopération renforcée et d'innovations technologiques. La Belgique, avec ses alliés, demeure attachée à un environnement sûr, stable et résilient. |