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| Auteur | Anthony Dufrane, MR (06327) |
| Département | Ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur |
| Sous-département | Défense, Commerce ext. |
| Titre | Le coût, l'usage et la justification de l'achat des systèmes NASAMS avec les Pays-Bas (QO 009406C). |
| Date de dépôt | 24/10/2025 |
| Langue | F |
| Publication question |
B033
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| Date publication | 02/12/2025, 20252026 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 01/12/2025 |
| Question |
La signature d'une lettre d'intention avec les Pays-Bas pour l'achat conjoint de systèmes NASAMS marque une étape cruciale dans la modernisation de notre défense aérienne, alors que la Belgique ne dispose actuellement d'aucun moyen de protection de son espace aérien en dehors des F-16 et prochainement des F-35. Ce projet, estimé à un coût total de 2,5 milliards d'euros pour neuf systèmes, vise à combler une lacune majeure dans notre capacité à intercepter des avions, drones, hélicoptères et missiles de croisière. L'urgence de cet achat est soulignée par les délais actuels, jugés trop longs par les militaires, mais aussi l'achat conjoint afin de faciliter la commande et par la nécessité de renforcer l'intégration de la défense aérienne au sein du Benelux, dans le cadre du traité Renegade. Cependant, un investissement de cette ampleur mérite une explication détaillée quant à son coût, son calendrier de déploiement et les bénéfices opérationnels attendus. Le choix du NASAMS semble justifié par sa performance et sa compatibilité avec les infrastructures existantes. Pourtant, des questions subsistent sur les raisons pour lesquelles ce système a été privilégié par rapport à d'autres options, ainsi que sur les modalités de coopération avec les Pays-Bas pour accélérer sa livraison et optimiser son utilisation conjointe. 1. Quel est le coût exact prévu pour l'acquisition des neuf systèmes NASAMS, ventilé par composante (missiles, lanceurs, radars, formation, maintenance)? 2. Comment ce budget s'intègre-t-il dans les priorités financières de la Défense? 3. Quels sont les délais de livraison et de mise en service opérationnelle des NASAMS et quelles mesures sont prises pour garantir que les premiers systèmes seront opérationnels dès 2027? 4. Pourquoi le système NASAMS a-t-il été retenu plutôt que d'autres solutions disponibles sur le marché? 5. En quoi répond-il spécifiquement aux besoins de la Belgique en matière de défense aérienne? 6. Comment cet achat conjoint avec les Pays-Bas améliorera-t-il concrètement l'intégration de la défense aérienne du Benelux? 7. Quelles synergies sont prévues en termes de formation, de maintenance et d'interopérabilité? 8. Quelles sont les prochaines étapes prévues pour compléter notre dispositif de défense aérienne? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B036
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| Date publication | 23/12/2025, 20252026 |
| Réponse |
1. La Vision Stratégique Défense 2025 prévoit un montant d'environ 2 milliards d'euros pour l'introduction d'un système de courte et moyenne portée destiné à la capacité Surface-Based Air Missile Defence (SBAMD). Ce montant couvre l'acquisition de dix Norwegian Advanced Surface-to-Air Missile Systems (NASAMS), comprenant les lanceurs, radars, matériels de soutien, véhicules, un stock initial de pièces de rechange et une formation initiale. L'achat du stock initial de munitions, d'une valeur d'environ 1,1 milliard d'euros, sera financé par des crédits de fonctionnement au cours des prochaines années. 2. Compte tenu de l'absence de cette capacité au sein de la Défense, ainsi que du contexte géopolitique et des événements récents en Belgique et dans d'autres pays européens, le développement de la défense aérienne et antimissile terrestre (SBAMD) figure parmi les cinq priorités les plus élevées de la Défense. À l'heure actuelle, la Belgique ne dispose d'aucun système lui permettant de défendre son espace aérien, à l'exception des F-16 et bientôt des F-35. 3. La commande de dix NASAMS est prévue pour 2026, après la finalisation du Memorandum of Understanding (MoU) entre la Belgique et les Pays-Bas et l'établissement par le fournisseur d'une offre finale basée sur les besoins belges. En procédant à un achat conjoint via les Pays-Bas, la Belgique pourra bénéficier d'une expertise et de connaissances partagées, ce qui contribuera à une mise en oeuvre plus efficace et à un déploiement opérationnel accéléré. Une première capacité minimale est prévue en 2027, suivie d'un déploiement complet des systèmes, de manière progressive, à partir de 2028. Ceux-ci assureront la protection des installations vitales et contribueront à la réalisation des objectifs capacitaires dans le cadre de l'OTAN. 4. Le choix du NASAMS est en partie motivé par la déclaration d'intention conclue avec les Pays-Bas concernant la coopération en matière de défense aérienne, visant une collaboration étroite et une interopérabilité renforcée. Il offre également des avantages importants en termes de synergies pour la formation, la logistique et le déploiement opérationnel. En s'alignant sur le contrat existant des Pays-Bas, la Belgique peut accélérer le processus d'acquisition tout en bénéficiant de l'expertise et de l'expérience opérationnelle d'un partenaire proche. De plus, NASAMS est un système intelligent et modulaire qui permet d'intégrer d'autres couches de défense aérienne - une caractéristique essentielle aujourd'hui compte tenu de la complexité des menaces. 5. Le NASAMS est un système de défense aérienne à courte et moyenne portée. Il s'agit d'un système qui a déjà fait ses preuves sur le terrain opérationnel. Grâce à son architecture flexible, il peut être déployé de manière modulaire en fonction de la menace et des points à protéger. Il est particulièrement efficace contre des menaces telles que les drones et les missiles de croisière. 6. La coopération avec les Pays-Bas repose sur la compréhension commune que la Belgique et les Pays-Bas sont confrontés à la même menace la plus probable, provenant de la même direction. Cela rend le partenariat non seulement logique, mais également stratégique. Il permet aux deux pays d'harmoniser davantage leurs plans de défense et de développer une solution intégrée qui répond de manière optimale aux besoins belges. 7. La déclaration d'intention constitue le point de départ d'une coopération étroite avec les Pays-Bas, et à terme éventuellement avec le Luxembourg. La définition précise de la gestion, de la maintenance et de la formation reste à élaborer, mais il est clair que l'objectif est de parvenir à une collaboration étroite et à des capacités partagées. 8. Afin de compléter le bouclier aérien belge d'ici 2034, comme stipulé dans la Vision Stratégique 2025, la capacité de défense aérienne multicouche sera, en plus de l'acquisition de dix unités de tir à courte et moyenne portée, renforcée par trois unités de tir longue portée. L'objectif est d'intégrer pleinement l'ensemble de ces systèmes dans une chaîne unique de commandement et de contrôle afin de constituer une défense aérienne robuste et multicouche. Cela permettra à la Belgique d'intercepter les menaces potentielles de la meilleure manière possible. |