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Bulletin n° : B026 - Question et réponse écrite n° : 0383 - Législature : 56


Auteur Julie Taton, MR (07800)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre La stratégie du dépistage du cancer du poumon (QO 006889C).
Date de dépôt22/07/2025
Langue F
Publication question     B026
Date publication 02/10/2025, 20242025
Statut questionRéponses reçues
Date de délai26/09/2025

 
Question

Depuis 2022, le cancer du poumon tue plus que le cancer du sein ou le cancer colorectal en Belgique. Des médecins plaident pour un meilleur dépistage de la première cause de décès chez les femmes. Ces 20 dernières années, la consommation de tabac a diminué de 40 % en Belgique comme dans le reste de l'Europe. Mais l'effet n'est pas simultané sur la santé. Faut-il dès lors proposer régulièrement aux personnes à haut risque comme les gros (ex-)fumeurs, un dépistage au moyen d'un examen radiologique à l'aide d'un CT-scan à faible dose, car technique coûteuse qui comporte des risques pour le patient? Créé en 2005 après des années de retard, la Belgique est à présent dotée d'un registre très fiable du cancer, qui aide les scientifiques à suivre l'évolution du nombre de cas diagnostiqués. C'est aussi un outil indispensable d'orientation des politiques de prévention. Nous sommes ainsi passés de 58.454 cas de cancers diagnostiqués en 2004 à 77.344 en 2023 et même 80.193 pour 2024 (selon des premières estimations), en raison du vieillissement de la population. D'où l'importance d'analyser les statistiques en neutralisant ce facteur du vieillissement en utilisant des chiffres standardisés pour l'âge, comme si la pyramide d'âge restait stable. Résultat? Globalement, il n'y a pas plus de cancer qu'avant. Certains facteurs de risque ont diminué et la population commence à comprendre qu'il faut se comporter d'une certaine façon pour limiter l'exposition aux facteurs de risque. Ces dernières années, la prévention fait que plus de trois cancers du sein sur quatre sont détectés et soignés à un stade précoce, avec un taux de survie à cinq ans qui ne cesse d'augmenter depuis vingt ans. Ce qui interpelle, c'est qu'en neutralisant le facteur de risque lié au vieillissement de la population, on constate que le cancer du poumon augmente chez les femmes ces vingt dernières années, alors qu'il diminue chez les hommes. Selon un spécialiste, ce n'est pas seulement le cancer du poumon qui augmente, mais tous les cancers liés au tabac, qui est aussi un facteur de risque pour les leucémies, cancers de la vessie ou du rein. 1. Quand serez-vous en mesure de présenter les chiffres définitifs des cancers diagnostiqués en 2024 en Belgique? 2. Quelles sont les lignes de force de votre politique de dépistage du cancer du poumon, première cause de mortalité chez les femmes?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B040
Date publication 30/01/2026, 20252026
Réponse

1. La Fondation Registre du Cancer (BCR) recueille des informations sur tous les nouveaux diagnostics de cancer en Belgique et dispose actuellement de chiffres détaillés et complets au niveau national pour la période 2004-2023, ainsi que d'estimations pour l'année 2024. Les chiffres définitifs et détaillés concernant les diagnostics en 2024 seront disponibles en juillet 2026. Ce délai s'explique par: - la disposition légale qui prévoit un délai de six mois après la fin d'une année d'incidence pour que les programmes de soins de base en oncologie et les programmes de soins d'oncologie transmettent leurs enregistrements de cancers pour l'année en question au Registre du cancer (arrêté royal fixant les normes auxquelles le programme de soins de base en oncologie et le programme de soins d'oncologie doivent répondre pour être agréés, 21 mars 2003); - le contrôle qualité approfondi effectué par le Registre du cancer, qui combine et vérifie, de manière partiellement automatisée et partiellement manuelle, les données relatives à chaque diagnostic provenant de différentes sources (programmes de soins, laboratoires d'anatomie pathologique). Ce processus garantit une base de données aussi complète, spécifique et qualitative que possible. Il ne traite pas seulement les informations relatives au nombre de diagnostics, mais aussi de nombreuses autres variables telles que le sous-type histologique et le stade des tumeurs, qui sont cruciales pour la recherche scientifique et le soutien aux politiques. Afin d'obtenir le plus rapidement possible des informations sur les tendances en matière d'incidence du cancer, le Registre du cancer a lancé, au début de la pandémie de COVID-19 en 2020, un système d'enregistrement accéléré par les laboratoires d'anatomie pathologique et d'estimation de l'incidence du cancer sur la base de cette source de données. Depuis juillet 2025, ces estimations sont disponibles pour le nombre de diagnostics de cancer en 2024. Pour le cancer du poumon, cela concerne 3.888 nouveaux diagnostics chez les femmes et 5.938 chez les hommes. À plus long terme, le Registre du cancer vise à accélérer encore la communication des chiffres définitifs, notamment grâce à un flux de données plus continu provenant des hôpitaux et des laboratoires. 2. Le cancer du poumon est l'un des cancers les plus fréquents en Belgique et demeure la principale cause de mortalité liée au cancer. Dans l'écrasante majorité des cas, cette maladie est causée par la fumée de tabac. Selon les données du rapport n° 379As du Centre Fédéral d'Expertise des Soins de Santé (KCE) intitulé Dépistage du cancer du poumon chez les personnes à haut risque (2023), le tabagisme est responsable d'environ 90? % des cas de cancer du poumon chez les hommes et de plus de 80? % chez les femmes, à l'échelle mondiale. Cependant, le cancer du poumon peut également toucher des personnes qui n'ont jamais fumé. Ces formes de la maladie sont plus complexes et résulteraient probablement d'une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux. Le rapport du KCE identifie plusieurs facteurs de risque chez les non-fumeurs, notamment?: l'exposition à la pollution de l'air, à l'amiante, au radon, aux rayonnements, aux métaux lourds, aux maladies pulmonaires chroniques telles que la BPCO ou la tuberculose, ainsi qu'aux antécédents familiaux. L'approche nationale actuelle met principalement l'accent sur la prévention du tabagisme et sur l'élaboration d'une stratégie de dépistage du cancer du poumon chez les personnes à risque accru, à savoir les (ex-)fumeurs. À ce jour, la Belgique ne dispose pas encore d'un programme de dépistage organisé de la population pour le cancer du poumon. Conformément à la recommandation du Conseil de l'Union européenne du 9 décembre 2022, une réflexion est en cours sur la manière dont un tel programme pourrait être mis en oeuvre à l'avenir, avec une attention particulière pour la rentabilité, la stratification des risques et l'intégration du sevrage tabagique. Dans ce cadre, plusieurs projets pilotes sont actuellement en cours dans les différentes régions du pays afin d'en évaluer la faisabilité. Concernant plus spécifiquement l'identification des cas de cancer du poumon chez les non-fumeurs, et en particulier chez les femmes, il n'existe pour le moment aucun programme ou mandat de recherche spécifique à l'échelle nationale. Néanmoins, on observe une prise de conscience croissante de l'importance d'intégrer les différences de genre et de profil de risque dans les futures initiatives de dépistage et de prévention du cancer. Le gouvernement fédéral soutient à cet égard les initiatives de Sciensano et du Registre belge du Cancer, qui recueillent, analysent et diffusent des données épidémiologiques, notamment selon l'âge, le sexe et la répartition géographique. Ces données constituent une base essentielle pour l'élaboration de politiques futures. Enfin, dans le cadre de l'amélioration de la lutte contre le cancer, un nouveau Plan Cancer 2026-2030 est en cours d'élaboration en collaboration avec les entités fédérées. Ce plan vise une approche intégrée, centrée sur le développement de parcours de soins.

 
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Descripteurs EurovocMALADIE DES VOIES RESPIRATOIRES | POLITIQUE DE LA SANTE | TABAGISME | CANCER