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Question et réponse écrite n° : 0421 - Législature : 56


Auteur Sophie De Wit, N-VA (06141)
Département Ministre de la Justice, chargée de la Mer du Nord
Sous-département Justice, Mer du Nord
Titre Menace émanant des groupements d'extrême gauche, en l'occurrence à Bruxelles.
Date de dépôt31/07/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai26/09/2025

 
Question

Le débat public et politique accorde, à juste titre, une attention particulière à la menace émanant des réseaux extrémistes et violents, notamment ceux issus des milieux djihadistes. Des rapports récents publiés par les services de sécurité, tant au niveau national qu'au niveau européen, épinglent toutefois aussi un renforcement de la radicalisation et de la volonté de passage à l'action de groupements d'extrême gauche et anarchistes. Selon les analyses réalisées par la Sûreté de l'État, des réseaux incitant systématiquement à la violence contre la police, les prisons ou d'autres symboles de l'État sont également actifs dans notre pays. Ces groupements recrutent principalement dans les milieux estudiantins et les réseaux pro-palestiniens, anticapitalistes et d'activisme climatique. Les services de police et de sécurité ont déjà signalé précédemment une recrudescence de l'activité des groupements d'extrême gauche à Bruxelles, notamment à Saint-Gilles, où des groupes associés à des mouvements anticapitalistes, anarchistes et communistes semblent devenir plus actifs et renforcer leur base. Cet état de fait se reflète dans les nombreuses violences ayant émaillé des manifestations liées à des militants "antifa" ainsi que dans la perturbation de réunions de penseurs et de responsables politiques conservateurs par des actes d'intimidation et de sabotage. 1. Pouvez-vous fournir un aperçu de la menace émanant actuellement des groupements d'extrême gauche? Comment cette menace évolue-t-elle par rapport aux années précédentes? 2. Quels incidents ou signaux de menace concrets ont été détectés ces dernières années, par exemple en termes d'actes de sabotage et de violence contre la police ou d'infrastructures stratégiques? 3. De quelle attention ces groupements font-ils l'objet dans les plans stratégiques en matière de radicalisation, et existe-t-il des programmes de prévention adaptés axés spécifiquement sur cette idéologie? 4. Existe-t-il des indices donnant à penser que des réseaux d'extrême gauche s'organisent en vue de commettre des troubles ou des violences de grande ampleur en rapport avec certaines questions de société (comme le conflit à Gaza, la politique migratoire ou les interventions policières)? 5. Comment se déroulent la surveillance et l'analyse effectuées par les services de sécurité? Comment se déroule la coopération avec les administrations locales à Bruxelles? 6. Pouvez-vous confirmer que les groupements d'extrême gauche et anarchistes (potentiellement) violents ne perçoivent pas de subventions (fédérales)?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B025
Date publication 26/09/2025, 20242025
Réponse

1. Le phénomène de l'extrémisme de gauche consiste en un phénomène composé d'un groupe très hétérogène d'individus et d'organisations qui prônent une résistance révolutionnaire par la violence ou la contrainte dans le but d'instaurer un système politique favorisant l'égalité sociale et économique entre les individus. Cette aspiration trouve son origine dans une critique radicale de l'État de droit démocratique et du système économique capitaliste que ces groupements d'extrême gauche considèrent comme la principale cause d'injustice et d'inégalité. En Belgique, deux grands courants sont principalement observés dans le milieu d'extrême gauche: l'anarchisme insurrectionnel et le communisme révolutionnaire. Outre cette division classique, les sympathisants et activistes d'extrême gauche s'organisent souvent autour de thématiques spécifiques telles que l'antifascisme, le conflit à Gaza, les violences policières et le climat. Toutefois, toutes les organisations ou tous les individus investis dans ces thématiques ne peuvent pas être qualifiés d'extrémistes L'activisme des acteurs d'extrême gauche en Belgique consiste principalement à recruter, à manifester et à diffuser leur message par le biais d'une propagande en ligne et hors ligne. Les actions plus directes concernent surtout le vandalisme, la rébellion envers les forces de l'ordre, les blocages et l'intimidation de personnes perçues comme étant d'extrême droite. Les principaux éléments moteurs de l'activisme d'extrême gauche sont actuellement les griefs liés à la montée perçue de l'extrémisme de droite et au conflit à Gaza. Cela a conduit, au cours des deux dernières années, à une intensification marquée des activités et à une augmentation du nombre de sympathisants autour de ces thématiques. 2. L'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) a recensé deux signalements d'incidents liés à l'extrémisme de gauche sur l'ensemble du territoire belge (sur 213 qui relèvent de la compétence de l'OCAM) en 2024. Pour ce qui est de 2025, l'OCAM en dénombre provisoirement moins de 10. La mobilisation pour le climat et pour la cause pro-palestinienne, qui anime les collectifs d'extrême-gauche, est caractérisée dans l'espace public par des manifestations et des rassemblements, pour l'essentiel sans troubles à l'ordre public. Néanmoins, les actions climatiques et pro-palestiniennes comme Stop Arming Israel ont p. ex. mené à des dégradations importantes à Tournai et à Haren sur des entreprises en juin 2025. Toujours dans le cadre de la mobilisation pro-palestinienne, des actions ont touché plusieurs ambassades à Bruxelles (vandalismes, blocages, etc.). 3. Une personne ou un groupe qui recrute, incite ou commet (ou prépare de commettre) une action violente dans un contexte d'idéologie extrémiste sera suivie dans le cadre de la Stratégie Extrémisme et Terrorisme (T.E.R.) Cette approche multidisciplinaire allie tant le suivi sécuritaire que socio-préventif. Il s'agit d'une approche au cas par cas, et il n'y a donc pas de canevas ou, à notre connaissance, de programme spécifique pour l'extrémisme de gauche. 4. Voir point 1 concernant les tendances actuelles. Pour le surplus, les services concernés ne peuvent pas se pencher concrètement dans les dossiers. 5. Cette question rejoint un point évoqué plus haut sur le suivi de l'extrémisme et du radicalisme dans le cadre de la Stratégie intégrée T.E.R. En ce qui concerne la collaboration avec les autorités locales à Bruxelles, d'autres services sont mieux placés pour formuler une réponse à ce sujet. Dans le cadre de la Stratégie T.E.R., stratégie intégrée et multidisciplinaire pilotée par l'OCAM et qui réunit les acteurs de la sécurité et du renseignement belges sur le suivi du terrorisme et de l'extrémisme, plusieurs domaines d'action, phénomènes, tendances ou problématiques font l'objet d'un suivi par les services concernés. Le spectre de l'extrémisme de gauche en fait également partie. Les groupes de travail nationaux, compétents dans ce domaine de la Stratégie T.E.R., réunissent des experts afin de réaliser des analyses, échanger des informations et de fournir un appui basé sur cette expertise, notamment vers les services de la police locale. 6. Nous renvoyons vers la question écrite n° 467 du 17 septembre 2025.

 
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