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Question et réponse écrite n° : 0400 - Législature : 56


Auteur Hugues Bayet, PS (07169)
Département Vice-premier ministre et ministre des Finances et des Pensions, chargé de la Loterie Nationale et des Institutions culturelles fédérales
Sous-département Finances, Pensions, Loterie Nat., ICF
Titre Les dernières décisions de la BCE.
Date de dépôt28/08/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai26/09/2025

 
Question

La Banque centrale européenne (BCE) a décidé le 24 juillet 2025 de maintenir ses taux directeurs à 2 %, mettant fin à une série de baisses et estimant que l'inflation dans la zone euro est "sous contrôle", grâce notamment à la diminution des prix de l'énergie. Cependant, l'inflation sous-jacente, hors énergie, demeure supérieure à l'objectif de la BCE: c'est particulièrement le cas en Belgique, où l'inflation s'élève à 2,9 %, contre une moyenne de 2 % dans la zone euro. Par ailleurs, certains postes de dépenses connaissent des hausses marquées (services, boissons sans alcool, etc.) et les coûts salariaux, bien que ralentis, restent élevés. Enfin, la décision de maintenir les taux pourrait avoir un impact différencié sur l'épargne des ménages et l'accès au crédit immobilier. 1. Quelles sont, selon vous, les implications de ce statu quo de la BCE pour la situation économique et financière belge? 2. Le gouvernement prévoit-il des mesures spécifiques pour protéger le pouvoir d'achat des ménages, en particulier face à l'inflation résiduelle sur certains biens et services? 3. Comment le SPF envisage-t-il d'adapter la politique budgétaire et fiscale afin de tirer parti des conditions monétaires, tout en intégrant les disparités nationales dans l'évolution des prix? 4. Quelles actions pourraient être envisagées pour soutenir l'accès au crédit immobilier et préserver le dynamisme du marché dans ce contexte où les taux de refinancement ne baissent plus?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B025
Date publication 26/09/2025, 20242025
Réponse

1 et 2. Les dernières projections macroéconomiques de la Banque nationale de Belgique (BNB), datant de juin 2025, offrent un cadre cohérent pour répondre à votre question. Les taux d'intérêt à court terme qui y sont repris sont basés sur les anticipations du marché à ce moment-là, ce qui se traduit globalement par une évolution assez stable jusqu'en 2026, suivie d'une augmentation progressive au cours de l'année 2027. Dans ce cadre, on prévoit une croissance régulière et soutenue du produit intérieur brut (PIB) légèrement en-dessous de sa moyenne à long terme: 1,0?% cette année, suivie d'une croissance légèrement plus rapide de 1,1?% en 2026 et 2027. L'inflation a baissé beaucoup récemment. Elle devrait encore néanmoins s'élever à 2,6?% en termes annuels cette année, avant de tomber à 1,3?% en moyenne l'année prochaine, et de se stabiliser juste en dessous de 2 % en 2027. Cette baisse rapide par rapport aux années précédentes est en partie due à la baisse de l'inflation énergétique. Si l'on considère uniquement l'inflation sous-jacente, c'est-à-dire l'inflation totale corrigée des composantes volatiles telles que l'énergie et l'alimentation, l'inflation s'élève déjà à 2,1?% cette année et devrait baisser à 1,8 % l'année prochaine pour se stabiliser à ce rythme en 2027. Plus précisément, l'inflation des services, la composante principale de l'inflation sous-jacente, et l'inflation alimentaire se sont effectivement montrées plus persistants jusqu'à récemment. Dans le cas de l'inflation des services, cela s'explique en grande partie par l'indexation des salaires, qui continue d'avoir un certain effet, et par les effets de second tour résultant de la flambée de l'inflation pendant la crise énergétique. En ce qui concerne les prix des denrées alimentaires, tant les aspects fiscaux (accises sur le tabac) que les prix sur les marchés internationaux jouent un rôle. Néanmoins, on constate également une nette modération de la pression sur les prix au cours des derniers mois, conformément à aux prévisions. Ce ralentissement de l'inflation devrait soutenir quelque peu le pouvoir d'achat. Selon les estimations, celui-ci devrait néanmoins connaître une évolution très modérée. Le pouvoir d'achat des ménages devrait encore augmenter de 1,7 % cette année, de 0,7 % en 2026 et de 0,4 % en 2027. Ce ralentissement s'explique par l'absence d'augmentations salariales conventionnelles en raison du handicap salarial par rapport aux pays voisins (tel que défini officiellement par le CCE) et par le fait qu'on ne prévoit qu'une croissance modérée du marché du travail dans les années à venir. En outre, l'introduction de l'ETS2 en 2027 pèsera également sur l'évolution du pouvoir d'achat cette année-là, sans mesures compensatoires pour l'instant. 3. Un cycle budgétaire, qu'il s'agisse de l'élaboration ou du contrôle, commence toujours par une nouvelle prévision économique du Bureau fédéral du Plan. Ce sont ces paramètres qui servent de base aux prévisions établies notamment pour les recettes fiscales. Il est important d'en assurer le suivi, raison pour laquelle un contrôle budgétaire a lieu à chaque fois afin de vérifier si les prévisions restent réalistes et, le cas échéant, doivent être ajustées. 4. Il convient de rappeler que la politique monétaire a un impact direct sur les taux d'intérêt à court terme. Les taux auxquels des crédits hypothécaires à taux fixe, c'est-à-dire la grande majorité des crédits hypothécaires en Belgique, sont octroyés se situent à l'autre bout de la courbe des taux, au niveau des taux à long terme. Ces derniers sont déterminés par de nombreux facteurs, y compris mais pas exclusivement par les attentes concernant les décisions futures de politique monétaire. Après qu'il a logiquement ralenti suite à la remontée des taux d'intérêt globaux dès la mi-2022, l'on observe un clair regain de dynamisme du marché hypothécaire au cours des derniers mois. La croissance annuelle de l'encours de crédits hypothécaires s'établissait à 3,7 % à la fin de juillet 2025, contre 1,8 % à la fin de juillet 2024. Les statistiques de la centrale des crédits aux particuliers indiquent par ailleurs que la part des jeunes (moins de 35 ans) dans la production de nouveaux crédits est restée remarquablement stable au cours des dernières années.