...

Question et réponse écrite n° : 0398 - Législature : 56


Auteur Anthony Dufrane, MR (06327)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre La recrudescence de la rougeole (QO 007119C).
Date de dépôt24/07/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai26/09/2025

 
Question

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a récemment tiré la sonnette d'alarme concernant le recul de la couverture vaccinale contre la rougeole dans de nombreux pays. L'OMS rappelle que seule une couverture vaccinale de 95 %, incluant les deux doses, permettrait d'éviter les flambées épidémiques. Or, le taux de vaccination spécifique à la rougeole est passé de 92 % à 91 % en 2024. De plus, plusieurs épidémies ont été constatées en Belgique en 2024. Ces épisodes montrent l'existence de disparités régionales importantes et soulignent l'urgence de renforcer la vigilance dans les zones où les taux sont inférieurs à la moyenne nationale. Enfin, l'OMS insiste sur le rôle crucial des campagnes d'information pour contrer la désinformation. La confiance dans la vaccination reste fragile dans certaines parties de la population et un effort supplémentaire est nécessaire pour mobiliser les professionnels de santé et renforcer l'adhésion vaccinale. 1. Pouvez-vous préciser les taux de couverture actuels pour les deux doses du vaccin contre la rougeole, selon les dernières données disponibles? 2. Confirmez-vous que des foyers épidémiques ont été observés en 2024? Quels en ont été les impacts et les localisations? Quelles étaient les publics infectés? 3. Quelles mesures sont actuellement prises pour atteindre les 95 % de couverture vaccinale recommandés par l'OMS? 4. Un recensement des zones à risque est-il en cours afin de cibler les actions de sensibilisation? 5. Quelles campagnes sont prévues pour lutter contre la désinformation sur la vaccination et renforcer la confiance des parents? 6. Les autres vaccins ont-ils aussi vu une baisse dans leur administration aux patients? Quels publics ont vu leurs vaccinations baisser?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B025
Date publication 26/09/2025, 20242025
Réponse

1. Les estimations les plus récentes donnent une couverture vaccinale nationale de 96 % pour la 1re dose du vaccin rougeole-oreillons-rubéole et 82 % pour deux doses documentées. Ces chiffres nationaux sont une moyenne pondérée des chiffres pour la Flandre (96 % de couverture 1re dose, 89 % 2e dose) et pour la Communauté française (96 % 1re dose, 73 % 2e dose). En Belgique, la couverture vaccinale est suivie via des études régulières sur le degré de vaccination, organisées et financées par les communautés/régions. Ces études sur le degré de vaccination ont en principe lieu tous les trois à quatre ans mais la dernière remonte actuellement à 2020. Chez les enfants d'âge scolaire (information sur la couverture de la 2e dose du vaccin contre la rougeole), l'échantillon et la méthode utilisés diffèrent fortement d'une région à l'autre. De plus, on assiste probablement à une sous-estimation de la couverture vaccinale pour la 2e dose en raison d'une perte de documentation. Vous trouverez des informations détaillées dans le rapport suivant: https://www.sciensano.be/sites/default/files/vaccine_coverage_2020-21_fr_final.pdf 2. 526 cas de rougeole ont effectivement été signalés en 2024. Pour 436 cas, le diagnostic a été confirmé en laboratoire; 61 cas ont été épidémiologiquement liés à un cas confirmé en laboratoire et 29 cas ont été enregistrés comme cas possibles uniquement sur la base de symptômes. Il s'agit du nombre le plus élevé de cas depuis la grande épidémie de rougeole en 2011. En 2024, on a recensé beaucoup plus de cas que lors des dernières grandes épidémies en 2017 (N=367) et en 2019 (N=480). Deux cas sur trois (356/526) étaient âgés de moins de dix ans. L'incidence était la plus élevée chez les enfants de un an, qui étaient encore trop jeunes pour être vaccinés. La répartition selon l'âge était différente d'une région à l'autre. De tous les cas, la moitié était vaccinée (286/526) et pour environ un cas sur quatre, les informations sur le statut vaccinal étaient manquantes (114/556). La majorité des cas (300/526) provenaient de Bruxelles. L'incidence à Bruxelles était de 24/100.000 habitants, soit dix fois plus qu'en Wallonie (97 cas, 2,6/100.000 habitants) et en Flandre (129 cas, 1,9/100.000). Le pic de l'épidémie se situait en juin, avec 192 cas. Pour 33 contaminations, nous savons qu'elles ont été contractées à l'étranger, principalement en Roumanie. Plusieurs de ces contaminations ont été le point de départ de six foyers, avec 25 cas au total. À Bruxelles, plusieurs foyers se sont formés parmi des enfants de l'enseignement primaire. Le plus grand de ces foyers comptait 29 cas et était lié à une ASBL de Molenbeek qui fournit de l'aide à la scolarisation. Le deuxième cluster le plus important était lié à une école primaire de Jette et comptait 17 cas. Vous trouverez des informations détaillées, des graphiques et des cartes dans le rapport épidémiologique annuel sur le site web de Sciensano: https://www.sciensano.be/nl/biblio/surveillance-epidemiologique-de-la-rougeole-morbillivirus-2024 3. La prévention des maladies infectieuses via des campagnes de vaccination est avant tout une compétence des régions et des communautés. Elles proposent une vaccination gratuite des nourrissons (1re dose) et des enfants d'âge scolaire (2e dose) via les consultations de Kind et Gezin / ONE et via les services de la médecine scolaire. Les vaccins gratuits sont de plus également mis à la disposition des généralistes, des pédiatres et d'autres vaccinateurs. En Flandre et à Bruxelles, ces vaccins gratuits peuvent également être utilisés pour une vaccination de rattrapage des adultes. En Wallonie, la région ne prévoit pas de vaccination gratuite pour les adultes mais le vaccin peut toutefois être acheté en pharmacie. L'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI) prévoit alors un remboursement de 7 euros par patient (4 euros pour les patients bénéficiant d'une intervention plus élevée). Les travailleurs de la santé peuvent également se procurer le vaccin gratuitement via FEDRIS, l'Agence fédérale des risques professionnels. Les régions ont prévu et prévoient plusieurs campagnes de communication sur la vaccination, avec p. ex. récemment encore une campagne du Departement zorg pour la vaccination de rattrapage des adultes. Les nouveau-venus en Belgique qui passent par le centre d'accueil Fedasil ont également la possibilité de se faire vacciner contre la rougeole. Néanmoins, les défis demeurent, comme le maintien de la confiance dans la vaccination, l'obtention d'informations correctes sur le statut vaccinal d'une personne, l'administration de doses de rappel aux demandeurs d'asile, une offre vaccinale insuffisante par les services de santé scolaire CPMS-WBE, etc. 4. Actuellement, il n'est malheureusement pas possible d'obtenir des données détaillées récentes sur la couverture vaccinale (p. ex. par commune). Les différentes entités y travaillent, afin de constituer un cadre technique et législatif à cet effet, mais ce projet ne devrait aboutir que vers 2028. Il est toutefois possible de définir un certain nombre de groupes à risques sur la base des informations épidémiologiques sur les cas et de la situation internationale. Une analyse des données de 2024 indique p. ex. que les communes ayant un indice socio-économique plus faible comptaient un nombre plus élevé de cas de rougeole. Le Plan d'action du Comité belge pour l'élimination de la rougeole et de la rubéole énumère également un certain nombre de groupes à risques. Les personnes ou les groupes présentant un risque accru de contracter la rougeole en Belgique sont principalement: - les enfants de moins de un an (trop jeunes pour être vaccinés); - les personnes nées entre 1970 et 1990 (couverture vaccinale historiquement faible); - les travailleurs de la santé, les enseignants et le personnel des crèches (risque élevé d'exposition à la rougeole); - les personnes voyageant vers et revenant de pays endémiques (risque élevé d'exposition à la rougeole); - les élèves d'écoles anthroposophiques ou non subsidiées (p. ex. juif-orthodoxes) (couverture vaccinale faible); - les demandeurs d'asile, les migrants; - les Roms; - les opposants à la vaccination. 5. Il s'agit d'une compétence des régions et des communautés au sujet de laquelle nous ne disposons actuellement pas de beaucoup d'information. 6. Étant donné les limitations dans les données disponibles sur le degré de vaccination, il n'est malheureusement pas possible de répondre à cette question.

 
Desc. Eurovoc principalSANTE PUBLIQUE
Descripteurs EurovocMALADIE INFECTIEUSE | OMS | SANTE PUBLIQUE | VACCINATION