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Question et réponse écrite n° : 0234 - Législature : 56


Auteur Katleen Bury, VB (07425)
Département Ministre de l'Asile, de la Migration et de l'Intégration sociale, chargée de la Politique des Grandes Villes
Sous-département Asile, Migration, Intégration soc., Pol. Grandes Villes
Titre Le dépistage de la tuberculose parmi les demandeurs d'asile (QO 006226C).
Date de dépôt04/07/2025
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai11/08/2025

 
Question

L'objectif de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de tuberculose impose une réduction de 80 % du nombre de cas entre 2015 et 2030, soit une baisse annuelle de 10 %. En Belgique, cette baisse s'élève à 2 %. Le Fonds wallon des affections respiratoires (FARES) estime que la Belgique doit redoubler d'efforts pour atteindre l'objectif fixé par l'OMS. En 2023, on dénombrait encore 869 nouveaux cas de tuberculose. L'incidence de la tuberculose est plus élevée en Belgique que dans les pays voisins. La tuberculose touche les personnes les plus vulnérables et est plus fréquente chez les personnes de nationalité étrangère ainsi que dans les villes. Le dépistage de la tuberculose parmi les demandeurs d'asile est essentiel. Des études récentes ont montré qu'un nombre important de demandeurs d'asile, en particulier ceux qui ne résident pas dans des centres d'accueil, ne sont pas dépistés à temps pour la tuberculose. Cela augmente le risque d'infection au sein de ce groupe, mais aussi de la population générale. À Bruxelles, 21,3 cas pour 100 000 habitants ont été enregistrés. En Flandre, ce chiffre s'élève à 5,2 et en Wallonie à 6,9. Les régions sont compétentes en matière de prévention et de contrôle des maladies infectieuses. Elles sont responsables du dépistage et du suivi des demandeurs d'asile en matière de tuberculose. Le dépistage de la tuberculose à l'arrivée constitue toutefois une compétence fédérale. 1. Comment réagissez-vous au fait que l'objectif de l'OMS concernant la tuberculose ne sera pas atteint? 2. Le dépistage des demandeurs d'asile à leur arrivée en Belgique est-il correctement réalisé? De quelle manière des efforts supplémentaires seront-ils consentis pour (atteindre) tous les groupes à risque? 3. Quels obstacles organisationnels et logistiques voyez-vous à la mise en oeuvre et à l'élargissement des mesures de dépistage? 4. Quelles mesures ont été prises pour renforcer la collaboration entre les autorités sanitaires régionales, Fedasil, l'Office des étrangers et d'autres acteurs concernés, afin de détecter à temps la tuberculose parmi les demandeurs d'asile et de les soigner? 5. Quelle a été, au cours des dernières annés, l'évolution du nombre de cas de tuberculose parmi les demandeurs d'asile? 6. Les objectifs fixés par le gouvernement fédéral pour 2023, à savoir porter la couverture du dépistage de la tuberculose à 56 %, ont-ils réellement été atteints? Dans la négative, quelles sont les principales causes de la non-réalisation de cet objectif? Quelles mesures sont prises pour garantir que les demandeurs d'asile soient dépistés à temps? 7. Une analyse des coûts liés à la mise en oeuvre du dépistage de la tuberculose parmi les demandeurs d'asile a-t-elle été réalisée? 8. Comment les coûts du dépistage ont-ils évolué au cours des cinq dernières années? 9. Dans quelle mesure les dépistages de la tuberculose déjà effectués dans d'autres pays sont-ils pris en compte? Existe-t-il des directives visant à éviter les doubles tests sans compromettre pour autant la santé publique?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B019
Date publication 16/07/2025, 20242025
Réponse

Comme vous avez pu le lire dans la résolution de l'OMS qui fixe les grandes lignes pour la prévention et la lutte mondiale contre la tuberculose, l'objectif visé d'une réduction de 80 % est un objectif global, qui doit être atteint collectivement par l'ensemble des pays. La Belgique affiche déjà une incidence faible de la tuberculose (7,4 pour 100.000 habitants) et se situe donc bien dans les objectifs de cette résolution ambitieuse, qui vise à limiter l'incidence à 10 pour 100.000 habitants. La Belgique continue à déployer des efforts pour maintenir cette faible incidence. D'après une étude de l'OMS, la tuberculose est beaucoup plus présente dans les grandes villes que dans les zones rurales. Étant donné que la Belgique est bien plus urbanisée que ses pays voisins, cela pourrait expliquer une incidence légèrement plus élevée que, p. ex., en France. Votre affirmation selon laquelle la Belgique ne respecte pas les objectifs est donc incorrecte. Concernant la prévention et le traitement chez les demandeurs d'asile: un dépistage est correctement appliqué à chaque demandeur qui entre dans le réseau d'accueil. Les demandeurs qui ne reçoivent pas de place d'accueil ne sont pas dépistés en attendant une place. Ce dépistage différé comporte effectivement un certain risque. Les demandeurs sans place d'accueil qui se présentent au Refugee Medical Point pour un problème médical sont toutefois soumis à un questionnaire de dépistage de la tuberculose, et sont le cas échéant orientés vers une radiographie. Tant qu'un dépistage par radiographie ne peut être effectué au lieu d'enregistrement, il n'est pas possible d'atteindre un taux de couverture optimal. Cela signifie que les demandeurs qui ne reçoivent pas immédiatement de place ou qui vont chez des particuliers ne peuvent pas être dépistés immédiatement. Il est donc important d'organiser le dépistage dans les lieux où les personnes se trouvent déjà, p. ex. au lieu d'enregistrement, afin d'assurer une couverture aussi élevée que possible. Une concertation annuelle a lieu entre les autorités sanitaires régionales, Fedasil, l'Association pour la Santé Respiratoire et le Fonds des Affections Respiratoires ASBL, concernant le dépistage et le suivi de la tuberculose chez les demandeurs de protection internationale. Les chiffres sont alors examinés, ainsi que les stratégies d'amélioration possibles. Les chiffres de la tuberculose détectée lors du dépistage à l'arrivée sont restés relativement stables depuis 2018 (environ 50 personnes par an), bien que le nombre de personnes entrant en Belgique ait sensiblement augmenté. On pourrait donc en conclure que l'incidence mondiale de la tuberculose est en baisse, ce qui se reflète aussi dans les chiffres en Belgique. Les objectifs pour 2024 ont été atteints concernant les demandeurs d'asile: 65,35 % ont été dépistés pour la tuberculose. Les coûts annuels pour les dépistages sont les suivants: Le tarif pour la lecture d'une radiographie n'a pas évolué ces dernières années et n'a été modifié qu'au début de 2025. Les salaires du personnel évoluent avec l'indexation. Le prix de l'appareil de radiographie et des programmes informatiques pour le stockage et la transmission des données reste stable. Les informations relatives aux dépistages réalisés dans d'autres pays ne sont pas disponibles à ce jour. Nous préférons rester prudents et continuer à réaliser les tests afin de ne prendre aucun risque. Une meilleure collaboration au niveau européen est certainement souhaitable dans ce domaine.

 
Descripteurs EurovocMALADIE DES VOIES RESPIRATOIRES | MALADIE INFECTIEUSE | OMS | POLITIQUE MIGRATOIRE | REFUGIE | DIAGNOSTIC MEDICAL
Mots-clés libresDEMANDEUR D'ASILE