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| Auteur | Mathieu Michel, MR (07782) |
| Département | Ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, chargé de Beliris |
| Sous-département | Sécurité, Intérieur, Beliris |
| Titre | Climat anxiogène autour de la situation géopolitique. |
| Date de dépôt | 04/06/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 07/07/2025 |
| Question |
Les récentes déclarations du Chef de la Défense soulèvent des inquiétudes quant à la préparation de notre pays face aux menaces géopolitiques actuelles, respectant l'adage "si tu veux la paix, prépare la guerre": "Je veux rassurer la population, il n'y a pas de danger immédiat de voir des chars russes à Bruxelles. Mais je vais citer le patron du port d'Anvers, Jacques Vandermeiren: 'on n'est pas encore en temps de guerre, mais on n'est plus en temps de paix non plus'. On est quelque part au milieu et quand on voit les actions russes on ne peut plus dire qu'on est en temps de paix". Dans ce contexte, il a notamment suggéré que les citoyens belges devraient se préparer à d'éventuelles crises en constituant des provisions chez eux. De même, Mark Rutte, le secrétaire général de l'OTAN, a déclaré fin 2024: "Le danger se rapproche de nous à grande vitesse". Enfin, lors d'une interview récente à la presse, vous avez répondu que la Belgique devait se préparer à la guerre. Ces propos s'inscrivent dans un contexte anxiogène et peuvent créer une certaine panique chez les Belges. 1. Quelle est la position officielle du gouvernement concernant la nécessité pour les citoyens de constituer des provisions en prévision d'éventuelles crises? 2. À l'instar de ce qui s'est fait voici quelques mois en Suède, le gouvernement envisage-t-il de lancer une campagne spécifique d'information ou de sensibilisation auprès du public sur la préparation aux situations d'urgence en temps de guerre? Si oui, quelles en seraient les modalités? 3. Comment le gouvernement compte-t-il renforcer la résilience de notre pays face aux menaces évoquées par le Chef de la Défense, notamment en termes d'infrastructures critiques et de stocks stratégiques? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B019
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| Date publication | 16/07/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. En cas de situation d'urgence imprévue (inondations, pannes électriques, etc.), les services de base tels que l'électricité et l'eau peuvent être temporairement indisponibles. La priorité des autorités et des services d'urgence dans ces moments-là devrait pouvoir se concentrer sur les personnes les plus exposées et les plus vulnérables. Par ailleurs, l'indisponibilité de services ou de biens peut également survenir dans des circonstances moins extrêmes, telles que des travaux d'infrastructure et d'entretien ou des perturbations de la production et des chaînes d'approvisionnement. La Belgique dispose évidemment d'une vaste planification d'urgence et des structures de gestion de crise nécessaires aux différents niveaux de pouvoir pour faire face à un éventail d'urgences et de crises afin d'apporter aide, protection et soutien là où c'est nécessaire. Il convient de rappeler qu'en tant que citoyen, mais aussi en tant qu'entreprise ou organisation, que d'anticiper les situations imprévisibles reste judicieux. Disposer du nécessaire pour répondre aux besoins de base pendant un certain temps est toujours utile. 2. L'accord de coalition prévoit que le Centre de crise nationale (NCCN) travaillera à renforcer la résilience de la Belgique, à la fois en sensibilisant la société aux risques et en amenant les acteurs concernés à prendre les mesures nécessaires pour réduire la probabilité et l'impact de ces risques. Suite à la réponse à la première question, le NCCN lancera plusieurs initiatives de communication dans les mois/années à venir afin d'accroître la résilience de la population et de notre société. A partir de l'automne 2025, le Centre de crise National lancera une campagne de sensibilisation de quatre ans, divisée en plusieurs sous-campagnes. Il est important de noter qu'il ne s'agit pas spécifiquement de la résilience face à un conflit armé, mais plus généralement face à toutes sortes de situations d'urgence, comme les inondations, les pannes d'électricité, les tempêtes, etc. Pour l'ensemble de la campagne pluriannuelle, une combinaison d'une approche tout risque et d'une approche aux risques spécifiques et axée sur les groupes cibles sera adoptée. Certaines sous-campagnes se concentreront ainsi sur un risque spécifique (Seveso, inondations, perturbation des services essentiels, etc.). D'autres sous-campagnes se concentreront davantage sur la préparation générale avec des thèmes tels que l'inscription à BE-Alert et la consultation d'informations officielles (contre la désinformation), toujours avec des actions ciblées adaptées à des groupes cibles spécifiques (pensons aux jeunes, aux groupes cibles vulnérables, aux entreprises, etc.). En outre, des efforts importants seront déployés en matière de communication en réseau et de coopération avec les autorités locales et les organisations intermédiaires, qui sont proches des citoyens. 3. Un Plan National de Résilience belge est actuellement en cours d'élaboration, qui vise à accroître la résilience de notre pays sur la base de neuf objectifs stratégiques. Dans le cadre du développement de ce Plan National de Résilience, une attention est portée, entre autres, aux infrastructures critiques et à la création de stocks stratégiques au sein de ces neuf objectifs stratégiques. En ce qui concerne les infrastructures critiques, il est fait référence à la loi du 1er juillet 2011 relative à la sécurité et à la protection des infrastructures critiques. Ce cadre législatif sera prochainement adapté à travers la transposition en droit national de la directive européenne sur la résilience des entités critiques (directive CER). Cette directive établit un cadre global et harmonisé relatif à la résilience des entités critiques face à tous types de risques. Le fait que la directive CER adopte désormais une approche " tous risques " répond à la nécessité de doter les entités critiques des moyens adéquats pour faire face à tous les risques potentiels susceptibles de perturber la prestation de services essentiels. Le cadre législatif sera adapté encore mieux aux défis géopolitiques actuels. Aussi, le champ d'application est élargi, sous l'impulsion de la directive CER, à de nouveaux secteurs en Belgique, à savoir: les eaux usées, les administrations publiques et la production, la transformation et la distribution des denrées alimentaires. |
| Desc. Eurovoc principal | POLITIQUE DE DEFENSE |
| Descripteurs Eurovoc | POLITIQUE DE DEFENSE | ARMEE | DEFENSE STRATEGIQUE |
| Mots-clés libres | GESTION DE CRISE |