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Question et réponse écrite n° : 0131 - Législature : 56


Auteur François De Smet, DEFI (07100)
Département Ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur
Sous-département Défense, Commerce ext.
Titre L'ingérence étrangère détectée par le SGRS en amont des élections 2024 (QO 004228C).
Date de dépôt22/05/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai30/06/2025

 
Question

Le rapport annuel du Service Général de Renseignement et de Sécurité (SGRS), dont la presse s'est d'ailleurs fait l'écho, a fait état lors de sa récente publication, de détection par le SGRS d'action de type FIMI (ndlr: la manipulation et l'ingérence de l'information étrangère). Je cite: "Lors des deux journées électorales, à savoir le 9 juin pour les élections fédérales et régionales belges ainsi qu'européennes et le 13 octobre pour les élections communales, notre département a pu observer quelques actions de la FIMI (....) Notre service a été en mesure de détecter une augmentation substantielle des activités d'influence numérique pendant et après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022. Depuis lors, l'évolution rapide des conditions géopolitiques a permis d'exploiter et d'intensifier encore davantage les activités FIMI à l'intention d'un public cible occidental et belge". Le rapport précise: "Depuis 2021 déjà, nous sommes conscients au niveau fédéral belge de la nécessité d'assurer une succession cohérente aux actions de type FIMI, y compris la désinformation, constituent une menace croissante pour la sécurité et la politique étrangère de l'Union européenne". Interrogé par la presse, le chef du SGRS, le général major Stéphane Dutron a indiqué que les élections de 2024, tant fédérales que locales, ont été la cible de manipulations, au sein desquelles certains récits extrêmes ont été largement amplifiés, et que des thèmes tels l'immigration, de l'extrémisme ou encore des droits des personnes LGBTI+ ont été particulièrement exploités afin d'orienter l'électorat et qu'il était évident pour lui et le SGRS que ces manipulations émanaient de l'étranger. Ces éléments sont de nature à inquiéter quant à la santé et à la solidité de la protection de notre système informatique et technologique. 1. Vos services ont-ils pris connaissance de cet élément factuel mais interpellant issu du dernier rapport du SGRS? 2. Notre pays est-il en mesure de faire face à cette guerre hybride menée par la Russie et dont les conséquences peuvent être considérables quant à notre sécurité intérieure?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B018
Date publication 04/07/2025, 20242025
Réponse

1. Des réunions de coordinations sont assurées afin de traiter, entre autres, de ces problématiques. Nos partenaires de la sécurité nationale comme la Sûreté de l'État (VSSE), l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM), etc. sont régulièrement impliqués dans ces réunions. 2. Les actions hybrides forment une problématique assez large qui couvre aussi bien les cyberattaques, la désinformation, les tentatives d'intrusion dans l'espace aérien ou maritime, etc. Le Service Général du Renseignement et de Sécurité (SGRS) collabore étroitement avec ses partenaires de la sécurité nationale, mais aussi avec les Services étrangers afin de suivre au plus près ces différentes menaces. Plusieurs États occidentaux ont déjà été confrontés à des attaques hybrides pouvant prendre diverses formes. Les expériences sont intensément échangées afin de permettre à chaque pays de les atténuer. En Belgique, les services de renseignement et de sécurité collaborent afin de maximiser la protection des cibles potentielles et la détection d'éventuelles attaques. Chaque acteur concerné prend, dans son domaine de compétence, les mesures pour prévenir une attaque et en limiter les conséquences éventuelles. La diversité des tactiques hybrides est telle qu'il n'est pas possible de prévenir chaque action hybride, mais les mécanismes mis en place ont jusqu'à présent limité les conséquences pour notre pays.