...

Bulletin n° : B018 - Question et réponse écrite n° : 0257 - Législature : 56


Auteur Julie Taton, MR (07800)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre Conséquences de la dénutrition liée aux maladies dans les hôpitaux et les maisons de repos.
Date de dépôt28/05/2025
Langue F
Publication question     B018
Date publication 04/07/2025, 20242025
Statut questionRéponses reçues
Date de délai30/06/2025

 
Question

Une nouvelle enquête menée en Belgique auprès de nos hôpitaux et maisons de repos, sous la direction du professeur Van Gossum, met en lumière l'ampleur du phénomène de la dénutrition liée aux maladies. Elle révèle que près d'un patient sur cinq court un risque. Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables: selon Sciensano, une seniore sur trois en est touchée. Plus préoccupant encore, on apprend qu'un patient sur cinq ne meurt pas directement de son cancer, mais des conséquences de cette dénutrition. D'ailleurs, 13 % des nouveaux cas de cancer concernent des patients de plus de 80 ans, un chiffre qui pourrait grimper à 20 % d'ici dix ans. L'assiette des patients ressemble souvent à un casse-croûte de dernière minute. Si un nombre important d'établissements font des efforts, avec des produits frais, voire bio, les critiques restent nombreuses. Au-delà de l'aspect gustatif, un problème bien plus grave persiste: celui de la dénutrition, où quand le corps ne reçoit pas assez de nutriments, d'énergie et de protéines pour fonctionner correctement et couvrir ses besoins. "La qualité des repas n'est clairement pas optimale et les plaintes à ce sujet sont encore trop fréquentes dans les établissements de soins", souligne le professeur André Van Gossum, Consultant à l'Hôpital Universitaire de Bruxelles (HUB), à l'Institut Jules Bordet, ancien chairman de l'European Society for Clinical Nutrition and Metabolism (ESPEN), qui poursuit: "Les diététiciens sont de plus en plus intégrés aux équipes, on essaie de s'adapter aux régimes spécifiques selon les profils des patients, etc. Mais on reste confrontés à une limite majeure: le budget alloué à l'alimentation dans chaque hôpital, qui est trop souvent sous-estimé alors qu'il est essentiel à sa santé. Leur équilibre, leur apport en vitamines, leur valeur nutritionnelle sont en effet fondamentaux pour soutenir les soins, la récupération, et prévenir la dénutrition. Il y a encore beaucoup à faire à ce niveau." Car mal manger, à l'hôpital, ce n'est pas juste une question de goût. C'est une question de santé. Et même de vie ou de mort. Cette situation peut entraîner une perte de poids, de muscle, une fatigue importante, une baisse des défenses immunitaires ou une cicatrisation plus lente. Contrairement aux idées reçues, elle ne touche pas que les personnes très minces: même des patients en surpoids ou obèses peuvent en souffrir, notamment s'ils perdent trop de masse musculaire essentielle à leur santé. Face à cette situation, les spécialistes plaident en faveur d'un dépistage plus précoce des patients afin d'identifier la dénutrition de manière systématique et d'intervenir rapidement avec une forme de thérapie nutritionnelle appropriée. En principe, un dépistage lié à la dénutrition est prévu pour chaque patient hospitalisé, dès l'admission. Parfois, il est même anticipé lors des consultations préopératoires. Dans la pratique, par manque de temps, de personnel ou de coordination, la vigilance est encore trop variable selon les services et les hôpitaux. Quand la dénutrition est identifiée, une prise en charge nutritionnelle peut être mise en place (compléments alimentaires, adaptation des repas, soutien diététique) et s'inscrire dans un accompagnement global, qui inclut aussi l'activité physique. Selon cette enquête, tous les patients admis dans les unités de soins intensifs seraient exposés au risque de malnutrition. Un dépistage précoce de la dénutrition chez les patients est donc absolument essentiel. La thérapie nutritionnelle représente le traitement le plus efficace et rentable dans les soins médicaux des patients. Un changement de mentalité est nécessaire pour accorder à la prise en charge nutritionnelle un remboursement adéquat et une place de choix dans la pratique médicale. Il faut dire aussi que la dénutrition a un impact énorme sur les résultats des traitements médicaux, mais elle reste trop souvent sous-estimée en Belgique. Lors d'une hospitalisation, les patients subissent p. ex. une augmentation moyenne de 9 % de leur dénutrition entre le début et la fin de leur séjour, d'après l'enquête. Entre la perte de poids, la baisse de l'appétit ou la diminution de la mobilité, ces signaux sont trop souvent perçus comme des conséquences "normales" de la maladie ou du vieillissement. Résultat: on ne tire la sonnette d'alarme que bien trop tard, parfois après une perte de 10 ou 15 kg. 1. Quel bilan dressez-vous de vos décisions en matière de lutte contre la dénutrition en hôpital et en maisons de repos? 2. Quels sont vos projets en matière de prévention, de diagnostic et de traitement de la dénutrition? 3. Quel est le nombre de décès en hôpitaux des suites de dénutrition? Et en maison de repos?


 
Statut 4 réponse directe (dépôt greffe) - rechtstreeks antwoord (griffie) - Réponse publiée
Publication réponse     B023
Date publication 08/09/2025, 20242025
Réponse

La réponse à cette question a été transmise directement à l'honorable membre. Étant donné son ampleur, cette réponse n'a pas été insérée dans le Bulletin des Questions et Réponses. Sur simple demande, le greffe de la Chambre des représentants transmettra les documents (questions.ecrites@lachambre.be).

 
Desc. Eurovoc principalPOLITIQUE DE LA SANTE
Descripteurs EurovocETABLISSEMENT HOSPITALIER | PERSONNE AGEE | POLITIQUE DE LA SANTE | MALADIE DE LA NUTRITION