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Bulletin n° : B018 - Question et réponse écrite n° : 0242 - Législature : 56


Auteur Jean-François Gatelier, LENGAG (07817)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre Soins en psychiatrie.
Date de dépôt26/05/2025
Langue F
Publication question     B018
Date publication 04/07/2025, 20242025
Statut questionRéponses reçues
Date de délai30/06/2025

 
Question

Je ne vous apprends rien: les besoins en matière de santé mentale sont très importants et constituent un enjeu de santé publique prioritaire. La presse spécialisée relayait encore récemment le cri d'alarme lancé par plusieurs médecins quant à l'explosion des demandes de prise en charge psychiatrique - des centaines d'appels par jour - et une incapacité croissante à répondre aux besoins, au risque de compromettre le suivi des patients déjà pris en charge. Plusieurs hôpitaux bruxellois dressent le même constat, en particulier pour les jeunes, particulièrement vulnérables. Ces acteurs soulignent le besoin urgent de solidarité entre les hôpitaux, d'une meilleure coordination entre les différents niveaux de pouvoir, et d'une réelle impulsion politique pour prendre la mesure de cette détresse psychique croissante de la population. L'accord de gouvernement est ambitieux en matière de santé mentale. Il prévoit notamment le renforcement du rôle des psychiatres, le soutien aux unités high intensive care et aux équipes mobiles de crise et d'urgence, le renforcement de la prise en charge en pédopsychiatrie (semi-)résidentielle, l'extension de l'offre des soins psychologiques de première ligne pour mieux adapter l'offre aux besoins et permettre l'orientation vers l'offre de soins ambulatoires de seconde ligne au sein des secteurs fédéraux (psychiatres en ambulatoire et des hôpitaux) et des acteurs des entités fédérées. Il faut maintenant le mettre en oeuvre. 1. Disposez-vous de chiffres récents concernant les délais moyens pour obtention un premier rendez-vous en psychiatrie? 2. Quelles mesures allez-vous mettre en oeuvre de façon prioritaire et à court terme en vue de répondre aux besoins croissants en psychiatrie et notamment d'assurer un accès rapide à une première consultation psychiatrique, en particulier pour les jeunes et les patients en situation d'urgence psychique? 3. Une coordination renforcée entre les différents niveaux de pouvoir est-elle mise en oeuvre pour répondre de manière intégrée à cette crise?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B029
Date publication 05/11/2025, 20252026
Réponse

1. En ce qui concerne les hôpitaux (compétence fédérale), mon administration dispose du système d'enregistrement du Résumé Psychiatrique Minimum (RPM). Toutefois, il n'est pas obligatoire d'enregistrer ces informations dans le RPM. Actuellement, il n'existe aucun système d'enregistrement systématique permettant de savoir combien de personnes sont en attente de soins en santé mentale, quel type spécifique d'aide ou d'accompagnement elles attendent, auprès de quels acteurs de soins elles sont inscrites sur une liste d'attente, ni depuis combien de temps elles attendent. La réalité actuelle est que de nombreux acteurs, dans les soins somatiques également, travaillent effectivement avec des listes d'attente et que de nombreuses personnes figurent sur plusieurs listes d'attente. Additionner le nombre absolu de personnes sur les différentes listes d'attente n'est pas une solution, car nous ne pouvons pas estimer le nombre de doublons. De plus, la gestion de ces listes d'attente varie et les critères permettant à une personne d'être inscrite ou non sur une liste d'attente spécifique sont appliqués de manière différente. Il n'est ni possible ni justifiable de mener une politique basée sur les listes d'attente, car cela perpétue des erreurs importantes dans le système. Les listes d'attente existent également parce que les acteurs ne collaborent pas suffisamment et ne coordonnent pas suffisamment leur organisation et leurs soins afin d'assurer la continuité des soins. Mais la raison principale n'est pas tant le manque de fiabilité des listes d'attente. On capte alors surtout des personnes ayant besoin de soins qui sont déjà assez avancées dans le processus de soins. Il est plus important de nous baser sur une approche de santé mentale publique qui accorde également une attention à la prévention, à une détection et un traitement plus rapides en cas de crise, à des soins continus et à plus long terme pour les situations complexes où la collaboration entre les acteurs et au-delà des silos doit être davantage encouragée. 2. C'est pourquoi les différentes mesures que je prends sont organisées à partir des réseaux de soins de santé mentale via des programmes de soins tels que décrits, entre autres, dans les guides pour les enfants et les jeunes. Un programme de soins important en cours d'élaboration concerne le programme de soins d'urgence et de crise pour les demandes de soins aigus des adultes, des enfants et des jeunes. Ce programme comprend un certain nombre de modules existants, tels que les services d'urgence et les équipes mobiles de crise, mais il a également été élargi avec l'organisation des unités de soins intensifs (High Intensive Care Units) et récemment aussi l'extension du fonctionnement de crise (demandes de soins planifiées dans les 48 à 72 heures) des équipes mobiles de crise à un fonctionnement d'urgence (temps de réponse plus long et également pour les demandes de soins non planifiées) avec le soutien d'un (pédo-) psychiatre de l'équipe et un suivi, p. ex. par l'organisation d'une consultation rapide ou le transfert vers le médecin traitant. Grâce à ce nouveau fonctionnement, nous espérons soutenir les services de première ligne tels que les services d'urgence, les services de police et les médecins généralistes, réduire la pression des demandes de soins aigus et, dans certains cas, éviter le recours à des mesures coercitives de protection. Les acteurs concernés dans les réseaux de services de santé mentale (SSM) travaillent actuellement à la mise en oeuvre et à l'adaptation de leurs pratiques. Il faudra du temps avant de pouvoir observer des effets concrets, avec une organisation plus fluide des trajectoires de soins. Comme cela a déjà été évoqué, le défi principal, à côté de la mise en oeuvre de ces dispositifs, est de ne pas les envisager isolément, mais comme un système, un programme de soins, dans leurs interactions et leurs interdépendances dans le service fourni aux personnes en situation de crise. Cela signifie que nous travaillons également sur le concept de programme et trajet de soins de crise et d'urgence au niveau du réseau. Ce travail a pour but d'identifier: - comment ces dispositifs s'articulent entre eux; - où se situent les goulots d'étranglement; - comment nous pouvons intervenir plus rapidement par un travail de désescalade dans le milieu de vie et quel rôle peuvent jouer les services d'urgence, la police et les médecins généralistes; - etc. Il s'agit là d'un projet mené en parallèle au niveau des régions et des réseaux. Ce travail mené au sein des réseaux permettra d'impliquer l'ensemble des partenaires actifs sur une région, qui ont une responsabilité partagée dans l'organisation de l'offre d'aide et de soins. 3. Étant donné que les compétences sont réparties entre les autorités fédérales et les entités fédérées, et que ces compétences sont étroitement liées, l'objectif est de parvenir à une politique cohérente et coordonnée en matière de santé mentale. Lors de la conférence interministérielle Santé publique du 21 mai 2025, le groupe de travail intercabinets Soins de santé mentale a été créé. La réunion d'installation a eu lieu le 10 juin et le groupe de travail s'est depuis réuni plusieurs fois afin de développer un plan interfédéral SSM, comme convenu dans l'accord de gouvernement fédéral.

 
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