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Question et réponse écrite n° : 0206 - Législature : 56


Auteur Julie Taton, MR (07800)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre La baisse de compétitivité des industries belges qui consomment beaucoup d'énergie.
Date de dépôt28/05/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai30/06/2025

 
Question

Les industries belges qui consomment beaucoup d'énergie voient leur compétitivité s'éroder par rapport à leurs concurrentes directes en Allemagne, en France et aux Pays-Bas. En cause, la hausse de la facture énergétique et les mesures strictes de tarification du carbone. Le constat émane de la Banque nationale de Belgique (BNB), dans une étude parue dans la revue économique de la banque. Les industries les plus exposées sont celles qui fabriquent les produits chimiques, les métaux de base, les produits minéraux non métalliques, les produits à base de papier, les produits en bois, ainsi que le raffinage. Ces industries énergivores belges semblent en outre plus sensibles aux chocs sur les prix de l'énergie que leurs homologues françaises, allemandes et néerlandaises, ce qui pourrait compromettre davantage leur compétitivité à moyen terme. En 2025, les tarifs du réseau de transport pour les grands consommateurs d'électricité ont doublé par rapport à leur niveau de 2024. Un éventuel choc négatif dans ces branches d'activité pourrait directement affecter 130.000 postes, dont 75 % sont localisés en Flandre. En avril 2025, une étude de Deloitte révélait que les consommateurs industriels belges continuent en 2025 à payer leur électricité nettement plus cher que leurs concurrents des pays voisins. Les prix "tout compris" ont même légèrement baissé en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Précision: cette analyse de la BNB a été achevée avant l'annonce de nouveaux droits de douane sur les exportations vers les États Unis, qui accroîtront, selon toute vraisemblance, les défis en matière de compétitivité. 1. Que vous inspire l'étude de la BNB qui souligne la perte de compétitivité des industries belges qui consomment beaucoup d'énergie? 2. Quels soutiens et solutions leur proposez-vous pour limiter l'impact sur leur compétitivité?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B018
Date publication 04/07/2025, 20242025
Réponse

1. La perte de compétitivité belge s'inscrit dans la perte de compétitivité plus large de l'Union européenne, décrite précisément dans le Rapport Draghi. Il est toutefois certain que la Belgique fait face à des enjeux énergétiques plus marqués que la moyenne européenne au vu de la forte intensité énergétique de son économie et des prix énergétiques auxquels ses entreprises font face, comme rappelé depuis plusieurs années par divers travaux des institutions fédérales dont le SPF Économie dans son tableau de bord de la compétitivité de l'économie belge, publié chaque année. Nous devons donc mener une politique industrielle active pour diminuer l'impact de l'énergie sur la compétitivité des coûts de nos entreprises. Pour ce faire, à l'initiative du Premier ministre et moi-même, le gouvernement fédéral a récemment approuvé le lancement du plan MAKE 2025-2030, stratégie alignée avec les grandes orientations européennes telles" que l'EU Competitiveness Compass ou le Clean Industrial Act. Plus tard cette année, l'Industrial Decarbonisation Accelerator Act" devrait également être annoncé par la Commission européenne. MAKE 2025-2030 utilisera les leviers fédéraux en matière de fiscalité, de marché du travail, d'énergie, de simplification administrative et de sécurité juridique pour renforcer la compétitivité de l'industrie belge. 2. Le gouvernement souligne l'importance et croit en l'avenir des industries à forte intensité énergétique en Europe et dans notre pays. Avec d'autres États membres, dans le cadre de la mise en place de l'alliance pour l'avenir des industries européennes à forte intensité énergétique, la Belgique a défini les priorités suivantes: - le mécanisme d'ajustement des émissions de carbone aux frontières (CBAM) doit être amélioré. La révision approfondie qui aura lieu en 2025 devra combler les lacunes juridiques et proposer des solutions concrètes; - la décarbonisation doit être soutenue par des prix de l'énergie compétitifs. Il est important que les industries à forte intensité énergétique bénéficient à nouveau de prix de l'énergie compétitifs et d'un approvisionnement énergétique stable et sûr, fondé sur le principe de la neutralité technologique. Dans ce contexte, il convient d'envisager de prolonger le cadre de compensation des coûts des émissions indirectes au-delà de 2030 ou de le remplacer par un système ayant des effets économiques similaires; - si la mise en place d'un véritable marché pour les technologies neutres en carbone et les produits verts tarde à émerger, une approche européenne axée sur la demande pourrait être utile. Les marchés publics pourraient, p. ex., constituer un instrument de soutien à la demande; - la transition vers la décarbonation de l'industrie est une priorité. Pour y parvenir, nous devons déployer de manière volontariste, flexible, efficiente, rentable et technologiquement neutre les leviers disponibles (efficacité énergétique, énergies renouvelables, énergies et technologies bas carbone, vecteurs énergétiques, etc.). Pour soutenir notre industrie dans cette transition, nous mobilisons pleinement tous les fonds et programmes européens, y compris l'IPCEI. Le rôle des autorités se limite à la définition d'objectifs clairs et au suivi des résultats, tandis que la mise en oeuvre concrète relève de la responsabilité de l'industrie; - les industries à forte intensité énergétique, comme toutes les entreprises, ont pleinement leur place dans une économie fondée sur une utilisation optimisée des ressources et appuyée par les outils numériques les plus avancés, en particulier l'intelligence artificielle; - ces industries peuvent par ailleurs s'inscrire pleinement dans la dynamique de l'économie circulaire, qui vise à transformer les modes de production et de consommation en réduisant la dépendance aux ressources, en stimulant l'innovation et en renforçant la circularité dans l'ensemble des chaînes de valeur industrielles; - les investissements doivent être encouragés, notamment par le biais de la coopération européenne, dans le respect des conditions de concurrence équitables au sein du marché intérieur; - une main-d'oeuvre dotée des compétences appropriées est essentielle pour garantir la compétitivité à long terme de l'industrie; - l'impact négatif des mesures commerciales prises par certains pays tiers doit être atténué par une surveillance étroite des importations de produits en provenance de pays non UE sur le marché intérieur et par l'adoption de mesures appropriées si nécessaire. Dans le même temps, l'autonomie stratégique ouverte de l'UE doit être renforcée par des investissements dans une union de l'énergie afin de parvenir à une réindustrialisation aussi rapide que possible; - enfin, une utilisation plus proactive de la boîte à outils de l'UE pour garantir des conditions de concurrence équitables et lutter contre les pratiques commerciales déloyales et les surcapacités industrielles mondiales est encouragée. J'attends avec impatience des mesures de protection appropriées et efficaces pour l'industrie sidérurgique européenne annoncées par la Commission européenne en mars dans son plan d'action pour l'acier. Ces mesures devront prendre le relais des mesures de sauvegarde actuellement en place et qui expireront le 30 juin 2026.

 
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Descripteurs EurovocCOMPETITIVITE | CONSOMMATION D'ENERGIE | ECONOMIE INDUSTRIELLE | POLITIQUE ECONOMIQUE