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Question et réponse écrite n° : 0137 - Législature : 56


Auteur Isabelle Hansez, LENGAG (08098)
Département Ministre de l'Action et de la Modernisation publiques, chargée des Entreprises publiques, de la Fonction publique, de la Gestion immobilière de l'État, du Numérique et de la Politique scientifique
Sous-département Action et Modernisation publ., Entr. publ., Fonction publ., Gestion immo., Numérique, ESF
Titre Liberté académique et scientifique dans un contexte international (QO 003504C).
Date de dépôt14/05/2025
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai17/06/2025

 
Question

La liberté académique et scientifique est essentielle dans toute démocratie moderne. Elle garantit la liberté d'opinion et la recherche de la vérité scientifique. De plus, elle permet une meilleure compréhension du monde et le développement de solutions aux grands enjeux sociétaux actuels. Si les compétences en la matière sont largement communautarisées, l'État fédéral conserve un rôle de coordination de plusieurs programmes de recherche. Il gère les établissements scientifiques fédéraux et participe à de nombreux programmes internationaux. La collaboration scientifique internationale est donc un enjeu clé pour la Belgique. Les récentes décisions de l'administration Trump ont suscité une vive inquiétude au sein de la communauté scientifique internationale. La remise en cause de certains financements, l'affaiblissement d'institutions scientifiques et la pression politique exercée sur la recherche inquiètent, à juste titre, nombre d'experts et d'universitaires. Cette situation nous rappelle des périodes sombres de l'histoire où la science a été instrumentalisée ou mise sous contrôle politique. Ces réformes ont aussi un impact direct sur la coopération internationale, notamment via des organismes auxquels la Belgique est associée comme la European Space Agency (ESA), l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et l'UNESCO. 1. Quelle est la position du gouvernement belge sur ces évolutions et comment entend-il soutenir les scientifiques sous sa compétence face à ces décisions? 2. Quelles stratégies le gouvernement belge envisage-t-il pour accueillir d'éventuels chercheurs américains souhaitant quitter les États-Unis en raison de ces nouvelles contraintes? Une coopération européenne en ce sens est-elle prévue? 3. Quel impact concret ces réformes ont-elles sur les programmes de recherche internationaux auxquels la Belgique participe?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B017
Date publication 27/06/2025, 20242025
Réponse

1. Je suis très préoccupée par les signaux qui nous parviennent des États-Unis, où certains chercheurs font face à des pressions politiques ou à des restrictions dans leur travail. Cela touche à la liberté académique, un principe fondamental auquel la Belgique est profondément attachée. Nous avons une tradition d'accueil et je souhaite que notre pays continue à défendre un espace scientifique libre, rigoureux et accessible. Dans le cadre de mes compétences, je veille à ce que les établissements scientifiques fédéraux restent pleinement engagés dans la coopération scientifique internationale dont BELSPO assure la coordination. L'administration m'a transmis une note sur les actions qui pourraient être envisagées au niveau fédéral, dans le respect strict des compétences des entités fédérées, notamment pour ce qui concerne la recherche universitaire, dont l'analyse est en cours. 2. Comme déjà mentionné, je plaide pour une approche européenne. Dans ce cadre, je soutiens pleinement l'initiative Choose Europe for Science portée par la Commission européenne. Elle vise à faire de l'Europe un pôle mondialement reconnu pour attirer les chercheurs et les talents scientifiques. Je pense que la Belgique a un rôle à jouer, à condition d'agir de manière coordonnée et réaliste, en s'appuyant sur nos forces existantes. BELSPO assure déjà la coordination de la position belge au sein des enceintes scientifiques européennes, en lien avec les communautés et les régions via le CIS-CFS. J'ai demandé que l'on explore les moyens concrets dont nous disposons pour renforcer notre attractivité, sans créer de nouvelles structures, mais en capitalisant sur ce que nous faisons déjà bien: la participation aux programmes européens, l'utilisation de la plateforme Euraxess, notamment dans les domaines du climat, de la biopharma, du spatial ou de l'intelligence artificielle. Enfin, je tiens à souligner que toute réponse belge crédible à cette dynamique européenne doit s'appuyer sur les besoins réels du terrain. C'est pourquoi je souhaiterais engager un travail de concertation avec les établissements scientifiques fédéraux, les universités, les centres de recherche et les entreprises, pour identifier de manière ciblée les besoins en talents scientifiques. Ce travail doit aussi alimenter notre contribution à l'initiative européenne, dans le cadre budgétaire qui est le nôtre. 3. Les évolutions en cours aux États-Unis, et en particulier le désengagement partiel de leur administration dans certaines enceintes scientifiques internationales, ont déjà un impact tangible sur les programmes auxquels participe la Belgique. Des forums comme le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture ou l'Organisation de coopération et de développement économiques reposent largement sur des financements volontaires. Le retrait progressif ou la posture moins constructive des États-Unis risque de fragiliser la production, l'indépendance et l'impact des rapports scientifiques qui sous-tendent les politiques internationales notamment en matière de climat, de biodiversité ou de développement durable. Par ailleurs, un risque important porte sur l'accès à plusieurs bases de données scientifiques essentielles, majoritairement hébergées ou maintenues aux États-Unis, dans des domaines clés comme la santé publique, la météorologie ou la biodiversité. La Belgique, via BELSPO et en lien avec le comité fédéral Open Science, reste attentive à ces évolutions. L'enjeu n'est pas seulement la liberté académique individuelle, mais aussi la résilience des infrastructures scientifiques internationales. Dans ce contexte, des solutions européennes devront être explorées pour garantir l'accès à ces données stratégiques et, si nécessaire, pour renforcer des systèmes d'hébergement ou de duplication sur le sol européen.

 
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Mots-clés libresINSTITUTION SCIENTIFIQUE | RESTRUCTURATION