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| Auteur | Julie Taton, MR (07800) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté |
| Sous-département | Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté |
| Titre | 260.000 décès liés à des complications de grossesse. |
| Date de dépôt | 12/05/2025 |
| Langue | F |
| Publication question |
B017
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| Date publication | 27/06/2025, 20242025 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 17/06/2025 |
| Question |
Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), 260.000 femmes sont décédées en 2023 de complications liées à la grossesse. Un décès toutes les deux minutes. Si ces décès ont reculé de 40 % entre 2000 et 2023 (grâce à un meilleur accès aux services de santé de base), ce rythme ralentit depuis 2016, en raison des coupes dans les financements humanitaires. Or, "les femmes ont le droit non seulement de survivre à la grossesse, mais aussi de s'épanouir en bonne santé", selon l'OMS. La mortalité maternelle concerne toute mort de la mère qui serait intervenue pendant la grossesse, l'accouchement ou jusqu'à un an après. Cela inclut aussi les interruptions de grossesse, volontaires ou non. "Ce que l'on sait peut-être moins, c'est qu'il y a les morts maternelles directes qui font suite à une hémorragie ou à une infection. Mais il y a aussi les morts maternelles indirectes, comme une dame qui souffrirait d'une dépression sévère postnatale et qui se suiciderait dans l'année qui suit son accouchement". Le nombre de cas de mort maternelle est jugé faible en Belgique, on parle d'une dizaine par an. Depuis 2021, ils sont recensés dans le cadre d'un programme appelé BAMM: 39 cas ont ainsi été relevés depuis 2021. À côté des risques liés à la santé physique, ce qui tue les femmes peut être lié à leur santé mentale. La dépression, qui peut mener au suicide. Certaines pathologies psychiatriques plus rares peuvent provoquer, en post-partum, des troubles bipolaires ou la décompensation psychotique, qui est rarissime, mais qui est vraiment à très haut risque de suicide. 1. Où en est la mise en place d'un groupement d'experts financé par le fédéral chargé d'analyser chaque décès maternel? Quel est le budget alloué? Pour quelle durée? 2. Quels enseignements retirez-vous des 260.000 décès maternels relevés en 2023 par l'OMS? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B024
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| Date publication | 24/09/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. Le BAMM (Belgian Analysis system for Maternal Mortality) est opérationnel depuis 2021. Cette initiative vise un enregistrement exhaustif et une analyse approfondie de chaque décès maternel survenu en Belgique. Le BAMM est complémentaire au B.OSS (Belgian Obstetric Surveillance System), qui depuis 2012 recense et étudie les complications graves et rares de la grossesse à travers un réseau de prestataires de soins présents dans chaque maternité belge. La mortalité maternelle constitue en effet la pointe visible de l'iceberg d'un continuum de problèmes de santé maternelle: la morbidité maternelle sévère et les near-misses maternels partagent les mêmes causes sous-jacentes, mais diffèrent quant à leur issue. Pour chaque femme qui décède, environ cent survivent à une complication potentiellement mortelle grâce à des interventions vitales. Nombre d'entre elles subissent des séquelles physiques et psychologiques durables par suite de ces expériences traumatisantes. BAMM prend en compte tous les décès maternels survenant jusqu'à un an après la fin de la grossesse, quel que soit le terme ou le lieu de la grossesse, à l'exception des décès liés à des causes accidentelles. Méthodologie du BAMM: - chaque décès maternel est signalé par la maternité ou un autre service concerné; - les prestataires de soins et responsables locaux effectuent une analyse interne, encadrée par un coordinateur qualité; - une équipe pluridisciplinaire d'experts évalue le cas de manière anonyme au niveau national, en examinant les causes et les facteurs contributifs (liés à la patiente, techniques, organisationnels, humains); - l'analyse confidentielle terminée, les conclusions sont communiquées aux professionnels de santé concernés; - tous les cinq ans, les "leçons apprises" sont partagées publiquement, accompagnées de recommandations concrètes fondées sur les facteurs causaux récurrents. L'équipe pluridisciplinaire d'experts compte actuellement 44 experts seniors non rémunérés, désignés par les associations professionnelles: - huit gynécologues; - cinq sage-femmes; - huit anesthésistes; - trois psychiatres; - trois cardiologues; - trois infectiologues; - trois hématologues; - six intensivistes; - cinq urgentistes. Depuis 2020, les projets BAMM et B.OSS sont financés par le SPF Santé publique. Ce budget est utilisé pour financer le personnel et l'entretien de la plateforme sécurisée en ligne. Depuis 2024, le financement a été élargi pour permettre l'engagement de deux coordinateurs à temps plein chargés des tâches opérationnelles quotidiennes. Le budget annuel s'élève actuellement à 191.736 euros, et le contrat en cours est valable jusqu'à fin 2026. Un rapport est établi tous les deux ans pour soutenir la reconduction du financement. Entre 2021 et 2024, 48 décès maternels ont été signalés au BAMM, dont 31 ont déjà été entièrement analysés. Dans les rapports récents de plusieurs pays européens, notamment le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas, le suicide postnatal est identifié comme principale cause de mortalité maternelle. (MBRRACE-UK, Le Monde, BJOG) Conformément à la classification OMS ICD-MM (International Classification of Diseases-Maternal Mortality), le suicide pendant la grossesse ou dans l'année suivant l'accouchement est considéré comme une cause directe de mortalité maternelle, à condition qu'un lien de causalité clair avec la grossesse ou la période postnatale soit établi. Ces décès directs, souvent liés à des troubles mentaux graves tels que la dépression postnatale sévère, les troubles bipolaires ou les psychoses puerpérales, représentent une part importante mais encore sous-estimée de la mortalité maternelle. Des cas de suicide en période postnatale ont été signalés au BAMM. Toutefois, la détection des décès tardifs reste insuffisante, notamment en raison d'une notoriété encore limitée du BAMM auprès des médecins généralistes, psychiatres et autres professionnels de la santé non-obstétriciens. 2. Les 260.000 décès maternels rapportés en 2023 par l'Organisation mondiale de la santé soulignent l'importance persistante de soins de maternité sûrs, et mettent en lumière les inégalités sanitaires majeures entre les régions du monde. Le BAMM reconnaît que ces chiffres reflètent principalement la situation dans les régions où l'accès à des soins périnatals et maternels de qualité est limité, comme l'Afrique subsaharienne. Bien que ces données mondiales ne soient pas directement comparables à celles de la Belgique, où le taux de mortalité maternelle est faible, elles nous rappellent que la vulnérabilité des femmes enceintes est une réalité universelle. Même en Belgique, la vigilance constante, l'enregistrement fiable et l'analyse structurée restent essentiels. Chaque décès maternel est un décès de trop et doit être une occasion d'apprentissage pour renforcer les systèmes de soins. Ces chiffres mettent également en évidence l'importance de dispositifs comme BAMM, qui, par une analyse détaillée des causes, circonstances et failles systémiques, contribuent à la mise en oeuvre de mesures préventives. Ainsi, BAMM participe non seulement à l'amélioration des soins en Belgique, mais aussi à l'effort mondial de réduction des décès maternels évitables. |
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