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| Auteur | Julie Taton, MR (07800) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | L'expulsion du Pakistan de 100.000 Afghans en trois semaines. |
| Date de dépôt | 20/05/2025 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 24/06/2025 |
| Question |
Plus de 100.000 Afghans, pour plus de la moitié des enfants, ont quitté le Pakistan, qui a lancé il y a trois semaines une campagne d'expulsion massive visant des migrants parfois nés sur son sol ou y résidant depuis des décennies. Islamabad, qui voit les violences exploser dans ses régions frontalières avec l'Afghanistan, accuse les trois millions d'Afghans vivant sur son sol d'être liés au terrorisme et au narcotrafic. En rétorsion, il a purement et simplement annulé au 1er avril les 800.000 cartes de résidence distribuées à des Afghans. Kaboul, dont le gouvernement taliban n'est reconnu par aucun pays, se dit "préoccupé" et "déçu" par ces expulsions et accuse son voisin d'utiliser les migrants "à des fins politiques". Désormais, chaque jour, des convois de familles juchées avec leurs ballots faits à la hâte sur des camions colorés franchissent les deux postes-frontières entre le Pakistan et l'Afghanistan. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a déjà recensé, depuis le début d'avril, plus d'arrestations et de détentions d'Afghans au Pakistan que durant toute l'année 2024. Militants et migrants accusent depuis des mois le Pakistan d'arrestations arbitraires, de racket et de harcèlement à l'endroit des Afghans. Au Pakistan toutefois, cette nouvelle campagne bénéficie d'un large soutien de la population. 1. Quelles sont les dernières informations en votre possession en ce qui concerne l'expulsion récente par le Pakistan de plus de 100.000 Afghans? 2. Par quels voies et moyens la communauté internationale entend-t-elle jeter les bases d'une amélioration des relations entre les parties? 3. La sécurité des citoyens et personnels belges est-elle menacée? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B017
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| Date publication | 27/06/2025, 20242025 |
| Réponse |
1. Informations de contexte Depuis l'automne 2023, les autorités pakistanaises ont mis en oeuvre un plan de rapatriement des étrangers en situation irrégulière, connu sous le nom d'Illegal Foreigners Repatriation Plan (IFRP). Ce dispositif a particulièrement visé la population afghane, estimée à environ trois millions de personnes sur le territoire pakistanais, dont près de 800.000 étaient en situation irrégulière. Parmi les Afghans présents au Pakistan, environ 1,3 million détenaient une carte PoR (Proof of Registration), leur conférant un accès limité aux services publics, tandis que 800.000 autres étaient titulaires d'une carte ACC (Afghan Citizen Card), sans droits équivalents. Environ 200.000 bénéficiaient d'un statut de réfugié ou de demandeur d'asile auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Après une première vague de retours entre octobre et décembre 2023, au cours de laquelle environ 560.000 personnes ont quitté le pays, les flux se sont progressivement taris à partir de février 2024. Toutefois, début 2025, les autorités pakistanaises ont annoncé que les détenteurs de cartes ACC devaient quitter le territoire avant le 31 mars. Dès le 1er avril, des opérations d'expulsion ont été engagées à l'encontre de cette population ainsi que des Afghans en situation irrégulière. Entre le 1er avril et le 15 mai 2025, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a recensé le retour de 192.977 Afghans depuis le Pakistan, dont 35.756 (soit 19 %) auraient été expulsés de manière forcée. La majorité de ces retours concerne des personnes en situation irrégulière (65 %), suivies des titulaires de cartes PoR (21 %) et de cartes ACC (14 %). Depuis le lancement de l'IFRP, plus d'un million d'Afghans ont quitté le Pakistan. Si la majorité de ces départs sont qualifiés de "volontaires", les enquêtes menées par l'OIM révèlent que la crainte d'arrestation constitue le principal facteur de décision, relativisant ainsi le caractère volontaire de ces retours. À ce jour, les retours enregistrés en 2025 représentent environ un quart du total depuis le début du plan. 2. Communauté internationale Depuis le lancement du plan pakistanais de rapatriement des étrangers en situation irrégulière (IFRP), la communauté internationale n'a cessé d'appeler les autorités pakistanaises à la retenue. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l'OIM rappellent avec insistance que tout retour doit être volontaire, sûr et digne. Sur le plan structurel, une coopération régionale a été établie dès 2012 entre le Pakistan, l'Iran et l'Afghanistan à travers la Solutions Strategy for Afghan Refugees? (SSAR), une stratégie pluriannuelle visant à soutenir le retour volontaire, la réintégration durable des réfugiés afghans et l'assistance aux pays hôtes. Cette initiative a été renforcée en 2019 par la création d'une plateforme de soutien (SSAR Support Platform), actuellement présidée par les Pays-Bas, puis en 2020 par la mise en place d'un groupe central de coordination, le Global Core Group. Ce groupe, basé à Islamabad, réunit des bailleurs multilatéraux (Union européenne, HCR, Banque asiatique de développement, Banque mondiale, PNUD) et bilatéraux (Allemagne, Corée du Sud, Japon, Qatar, Suisse, Turquie, Royaume-Uni, États-Unis), dans le but de mobiliser un appui politique, financier et technique en faveur des réfugiés afghans au Pakistan. La Belgique a rejoint ce groupe en 2024 et participe activement aux réunions mensuelles organisées à Islamabad. Dans le cadre de ses échanges bilatéraux, la Belgique insiste également sur le respect du droit international et encourage le Pakistan à faire preuve de modération dans la mise en oeuvre de ses politiques migratoires. 3. Sécurité des citoyens et personnels belges La sécurité des citoyens et personnels belges n'est pas particulièrement affectée par cette situation. Les citoyens afghans qui possèderaient également la nationalité belge ne font en principe pas l'objet de ces rapatriements, et nous n'avons pour l'heure reçu ni plainte, ni demande ou remarque de citoyens belges qui auraient été menacés d'expulsion par les autorités pakistanaises. |
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