...
| Auteur | Anthony Dufrane, MR (06327) |
| Département | Ministre de l'Énergie |
| Sous-département | Énergie |
| Titre | Renouvellement et maintenance des pylônes haute tension par Elia. |
| Date de dépôt | 03/06/2026 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 03/07/2026 |
| Question |
Le réseau de transport d'électricité à haute et très haute tension, géré par Elia, constitue la colonne vertébrale de notre souveraineté énergétique. Au coeur de cette infrastructure se trouvent des milliers de pylônes électriques. Bien que souvent occultés au profit des unités de production comme les centrales nucléaires ou les parcs éoliens offshore, ces ouvrages massifs sont indispensables pour acheminer l'énergie. Cependant, l'infrastructure subit les outrages du temps, les conditions climatiques changeantes et l'augmentation de la demande. Un pylône a une durée de vie moyenne estimée entre 80 et 100 ans, mais le vieillissement progressif du réseau nécessite une surveillance accrue et des plans de remplacement à long terme. Face aux défis de l'électrification croissante de la société, des besoins de raccordement des énergies renouvelables et de l'alimentation des centres de données, la modernisation du parc de pylônes est une priorité. Cette transition exige des investissements colossaux, financés en partie par les tarifs de transport sur la facture des consommateurs, et impose une programmation rigoureuse des chantiers prioritaires. 1. a) Quel est l'âge moyen du parc de pylônes à haute et très haute tension en Belgique, et quelle est la proportion d'ouvrages ayant dépassé les 50 ans d'activité? b) Dispose-t-on d'une cartographie des pylônes situés dans des zones à forte corrosion ou soumis à des contraintes environnementales strictes, réduisant potentiellement leur durée de vie opérationnelle? 2. a) Quel est le budget annuel qu'Elia consacre spécifiquement à l'entretien de ces structures, notamment pour les opérations de peinture anticorrosion, le remplacement des isolateurs et la maintenance par les équipes spécialisées? b) Quel est le coût moyen estimé pour l'achat et l'installation d'un nouveau pylône sur le réseau, et quelle est la part de ce financement répercutée sur la facture d'électricité des ménages et des entreprises? 3. a) Dans le cadre du plan de développement réseau d'Elia, combien de nouveaux pylônes doivent être installés ou remplacés pour répondre à l'augmentation des capacités de transit? b) Quelles sont les zones géographiques identifiées comme prioritaires pour ces vagues de renouvellement, notamment pour intégrer les flux d'énergie de l'éolien en mer du Nord ou soutenir les pôles industriels? 4. a) Les procédures d'installation de nouvelles lignes se heurtent parfois à des contestations. Quel est le montant des indemnités ou des conventions de servitude actuellement octroyées par Elia aux propriétaires fonciers, et une révision de ces barèmes est-elle prévue? b) Dans quelle mesure l'État belge recourt-il aux déclarations d'utilité publique pour imposer le passage de ces infrastructures stratégiques lorsque les négociations à l'amiable échouent? 5. Comment Elia intègre-t-elle les critères de durabilité et d'impact paysager dans le choix des nouveaux modèles de pylônes, p. ex. en privilégiant des structures monopodes ou architecturées, à l'instar des concepts de lignards ou de designs alternatifs dans les zones semi-urbaines? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B054
|
| Date publication | 26/06/2026, 20252026 |
| Réponse |
1. a) Le réseau d'Elia comprend environ 20.500 pylônes, composés à quelque 75% de structures métalliques et à environ 20% de structures en béton. L'âge moyen de l'ensemble du parc est de l'ordre de 57 ans, et environ 68% des pylônes ont atteint ou dépassé 50 ans d'exploitation. b) Elia ne dispose pas d'une cartographie formalisée des différents types d'environnements. Le paramètre environnemental - distinguant notamment les zones rurales, urbaines, industrielles légères ou lourdes, et maritimes - est néanmoins intégré dans la planification de la maintenance, afin de déterminer le calendrier et l'étendue des interventions de protection anticorrosion appliquées aux structures métalliques. L'objectif poursuivi par Elia est de garantir que chaque pylône atteigne au minimum sa durée de vie théorique, estimée à 100 ans ou davantage pour les structures métalliques. 2. a) Les chiffres fournis par Elia indiquent que le budget d'exploitation consacré aux lignes aériennes se situe aux alentours de 25 à 30 millions d'euros par an, couvrant l'ensemble des 20.500 pylônes du réseau. Ce montant couvre notamment les travaux de peinture anticorrosion, débroussaillage et gestion de la végétation, réparations et renforcements de pylônes, travaux par hélicoptère, etc. En sus de ce budget d'exploitation, certains travaux de renforcement peuvent être exécuté en fonction des besoins d'investissement avec des montants qui fluctuent autour des 3 millions d'euros par an selon Elia. b) Le coût unitaire d'un pylône varie sensiblement selon le niveau de tension, le type de structure, la nature des sols et la densité de la zone. Elia indique qu'il se situe entre environ 300.000 euros pour un pylône 70 kV et environ 1,25 million d'euros pour un pylône 380 kV. Certains ouvrages exceptionnels peuvent dépasser significativement ces fourchettes. L'ensemble des coûts d'investissement est intégralement répercuté dans les tarifs, conformément à la méthodologie tarifaire en vigueur. 3. a) Sur l'horizon 2038, environ 500 nouveaux pylônes 380 kV sont planifiés, dont environ 300 liés aux projets Ventilus et Boucle du Hainaut, et environ 200 liés aux demandes de déplacement et au programme de modernisation du backbone. Dans ce programme, Elia remplace les conducteurs existants par des conducteurs haute performance et procède au remplacement d'un nombre limité de pylônes par axe - de l'ordre d'une dizaine - afin de satisfaire aux nouvelles normes et de renforcer la résilience des infrastructures face aux effets du changement climatique. b) Les projets Ventilus et Boucle du Hainaut concentrent la majorité des nouveaux pylônes planifiés. Le programme d'upgrade du backbone couvre l'ensemble du territoire, avec des interventions prévues dans les provinces d'Anvers, du Limbourg, des deux Brabant, du Hainaut, de Liège, de Namur et du Luxembourg. Ces projets visent notamment l'intégration des énergies renouvelables, le renforcement des capacités d'accueil, le développement de nouvelles interconnexions internationales et l'évolution vers un système à trois boucles à haute capacité. 4. a) Au 1er janvier 2026, le réseau aérien d'Elia représentait environ 5.400 km de lignes, auxquels s'ajoutent environ 3.450 km de câbles souterrains, dont la proportion tend à augmenter. Les indemnités versées aux propriétaires fonciers - pour les emprises de pylônes, les servitudes de câbles souterrains ou les surfaces de sous-stations - sont calculées sur la base de formules indexées sur les prix de marché, différenciées selon la région et l'affectation des parcelles. Elles évoluent donc en continu en fonction des valeurs de marché. b) Lorsque les négociations à l'amiable n'aboutissent pas, la déclaration d'utilité publique constitue le fondement juridique permettant, si nécessaire, d'engager une procédure d'expropriation. En pratique, le recours à cette procédure demeure exceptionnel au regard du volume global de transactions foncières réalisées. La combinaison d'une offre d'indemnisation aux prix de marché et de cette base légale permet, dans la très grande majorité des cas, de mener à bien les projets nécessaires. 5. Elia recourt à différents types de structures - pylônes en treillis métallique et poteaux en béton - en fonction des contraintes techniques et du contexte paysager. Des poteaux en béton ont par exemple été retenus pour le projet de la Boucle de l'Est. Elia mène par ailleurs un travail d'optimisation des dimensions de ses pylônes, permettant aujourd'hui de construire des pylônes 380 kV dont le gabarit est comparable à celui des anciens pylônes 150 kV. Pour tout nouveau projet aérien, une étude paysagère associant un architecte paysagiste et les autorités locales est réalisée afin de définir les plantations les plus appropriées, constituant un écran végétal destiné notamment à préserver la qualité des perspectives depuis les zones habitées. |