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Bulletin n° : B054 - Question et réponse écrite n° : 1060 - Législature : 56


Auteur Michael Freilich, N-VA (07022)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre Belgian Competitiveness Dashboard: méthodologie sélective et conclusions stratégiques.
Date de dépôt12/05/2026
Langue N
Publication question     B054
Date publication 26/06/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai15/06/2026

 
Question

Une initiative récente du SPF Économie a permis de dresser un état des lieux de la compétitivité belge. Le Belgian Competitiveness Dashboard fournit un diagnostic concis, actualisé et clair de la compétitivité belge autour de différents thèmes. 1. a) Que pensez-vous de la critique formulée par les macroéconomistes selon laquelle le rapport Belgian Competitiveness Overview 2025 utilise les benchmarks de manière sélective, en mettant l'accent sur les chiffres absolus favorables et en minimisant les tendances défavorables par le choix des années de référence (p. ex., 2019 pour la part de marché à l'exportation) et dans quelle mesure estimez-vous que cette approche se justifie d'un point de vue méthodologique? b) Pouvez-vous expliquer pourquoi le rapport ne contient pas d'analyse systémique intégrée des liens entre les coûts salariaux, les prix de l'énergie, la croissance de la productivité et les finances publiques, alors que, selon la littérature économique, ces facteurs sont justement cruciaux pour la compétitivité? c) Pourquoi a-t-on choisi de ne pas inclure certains classements ou indicateurs internationaux, et quels critères de sélection ont été utilisés pour le choix des benchmarks et des sources de données? d) Tiendrez-vous compte de ces remarques méthodologiques lors de la rédaction du prochain rapport? 2. Reconnaissez-vous que la combinaison de coûts salariaux élevés, de prix de l'énergie en hausse, d'une croissance limitée de la productivité et d'une détérioration de notre position sur les marchés extérieurs est susceptible d'entraîner une érosion structurelle de la compétitivité belge et, si oui, quelles réformes structurelles prioritaires sont envisagées?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Nouvelle réponse
Réponse

1. a) La critique selon laquelle le Belgian Competitiveness Overview 2025 ferait un usage sélectif des indicateurs de référence et des années de référence ne tient pas suffisamment compte de la structure réelle du rapport. L'analyse combine systématiquement différentes perspectives, en tenant compte à la fois des évolutions à court terme et des séries chronologiques plus longues, et les replace à chaque fois dans un contexte de comparaison internationale, principalement avec les pays voisins. Ainsi, outre les évolutions récentes d'une année à l'autre, une comparaison avec 2019 est également utilisée, ce qui est courant sur le plan méthodologique puisqu'il s'agit de la dernière année "normale" avant la crise du COVID et la crise énergétique. Ce choix permet justement de filtrer les chocs conjoncturels et de mettre en évidence les tendances structurelles. En outre, on ne peut pas affirmer que les tendances défavorables seraient minimisées. Le rapport souligne à plusieurs reprises et de manière explicite les faiblesses de l'économie belge, telles que la perte de parts de marché à l'exportation, une dépendance croissante, des coûts salariaux élevés sans croissance suffisante de la productivité, un handicap structurel en matière d'énergie et de coûts, ainsi que des performances du marché du travail à la traîne par rapport aux pays voisins. Dans ce contexte, la méthodologie utilisée, y compris le choix des années de référence et des indicateurs de référence, est dès lors cohérente, transparente et conforme aux sources macroéconomiques couramment utilisées au niveau national et international (telles que la Banque nationale de Belgique (BNB), le Bureau fédéral du Plan (BFP), la Commission européenne, etc.), ce qui permet de la considérer comme méthodologiquement fondée. b) Le rapport a été conçu comme un outil de monitoring synthétique et accessible, visant avant tout à fournir une vue d'ensemble des principales dimensions de la compétitivité belge. Dans cette optique, l'accent a été mis sur des indicateurs structurels directement liés au concept de compétitivité, comparables au niveau international et disponibles de manière harmonisée. Il est exact qu'une analyse systémique intégrée des interactions entre coûts salariaux, prix de l'énergie, productivité et finances publiques pourrait enrichir davantage l'évaluation économique globale. Toutefois, un tel exercice relève davantage d'analyses macroéconomiques approfondies ou de modèles structurels spécifiques que d'un tableau de bord. Cela étant, les huit dimensions retenues dans le rapport ne doivent pas être interprétées isolément. Leur lecture conjointe permet déjà d'identifier certaines interactions économiques importantes, telles que la relation entre l'innovation et la productivité ou encore les achats de produits énergétiques et la valeur ajoutée. Néanmoins, une réflexion pourra être menée, dans les futures éditions, afin d'en renforcer encore l'approche transversale et analytique. c) Le choix des indicateurs et des benchmarks repose principalement sur plusieurs critères, notamment les enjeux définis par le rapport Draghi, les grandes orientations du plan Interfédéral MAKE2025-2030, la fiabilité statistique, la disponibilité internationale harmonisée, la comparabilité avec les pays de référence, ainsi que la fréquence de mise à jour des données. L'objectif n'était pas d'établir un classement exhaustif de toutes les mesures existantes de compétitivité, mais de sélectionner un ensemble limité d'indicateurs jugés robustes, lisibles et pertinents pour le contexte belge. Certains classements internationaux reposent par ailleurs sur des méthodologies composites ou des enquêtes de perception qui peuvent introduire une part plus subjective dans l'évaluation. C'est pourquoi le rapport a privilégié, dans la mesure du possible, des données quantitatives issues de sources institutionnelles reconnues. d) Le SPF Économie veille à faire évoluer cet outil en fonction des retours des experts, des partenaires institutionnels et des évolutions méthodologiques internationales. Dans ce cadre, différentes pistes pourront être examinées lors des prochaines éditions, en ce qui concerne l'enrichissement des indicateurs ou encore le renforcement de l'analyse transversale entre les différentes dimensions de la compétitivité. 2. Il convient de suivre avec attention l'évolution combinée des coûts salariaux, des prix de l'énergie, de la productivité et de la position extérieure, car ces facteurs influencent effectivement la compétitivité structurelle d'une économie ouverte comme la Belgique. Toutefois, la compétitivité ne peut être réduite à la seule question des coûts. Elle dépend également de facteurs tels que la qualité des infrastructures, le capital humain, l'entrepreneuriat, l'innovation, la spécialisation sectorielle, la stabilité institutionnelle ou encore la capacité d'investissement des entreprises. Les réformes prioritaires visent par conséquent à renforcer durablement le potentiel de croissance de l'économie belge, notamment à travers l'amélioration de la productivité, le soutien à l'innovation, l'accélération de la transition énergétique, le renforcement des compétences et l'amélioration du fonctionnement du marché du travail.