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Bulletin n° : B053 - Question et réponse écrite n° : 1118 - Législature : 56


Auteur Vincent Scourneau, MR (06287)
Département Ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale
Sous-département Mobilité, Climat, Transition environ.
Titre Le déploiement des drones par Infrabel. - Réglementation de l'espace aérien.
Date de dépôt06/05/2026
Langue F
Publication question     B053
Date publication 15/06/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai09/06/2026

 
Question

Le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire, Infrabel, a finalisé un projet test dans le port d'Anvers et prépare désormais un déploiement national de drones. Ce projet prévoit un investissement d'environ 3.000.000 d'euros afin d'optimiser la gestion des incidents, des déraillements ou des pannes de signalisation sur le réseau. Toutefois, Infrabel souligne que le morcellement de l'espace aérien belge limite l'efficacité immédiate de cette technologie. Actuellement, 60 % du réseau ferroviaire se situe dans des "géozones" soumises à des restrictions strictes. Pour pallier ces contraintes, l'entreprise sollicite l'obtention du statut de State Flight, ce qui permettrait des interventions sans autorisation préalable, à l'instar des services de police ou de la protection civile. Par ailleurs, une demande a été formulée pour que le réseau ferroviaire soit reconnu comme une "géozone" permanente afin de mieux réguler les centaines de survols illégaux détectés chaque année. 1. Quelle est votre position concernant la reconnaissance du réseau ferroviaire belge en tant que "géozone" permanente et réglementée? 2. a) Confirmez-vous le montant de l'investissement de 3.000.000 d'euros? b) Quel est le calendrier prévu pour le lancement du marché public relatif aux 20 installations fixes et 10 plateformes mobiles restantes? c) Quelles mesures ont été prises pour garantir la cybersécurité des systèmes, notamment pour éviter l'usage de certains logiciels étrangers jugés non sécurisés? 3. Disposez-vous d'une estimation du gain de temps moyen pour les services de secours lors d'accidents grâce à l'utilisation de ces drones par rapport aux méthodes de reconnaissance traditionnelles?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Nouvelle réponse
Réponse

1. La reconnaissance du réseau ferroviaire belge en tant que géozone permanente et réglementée mérite d'être examinée avec attention, dans le respect des impératifs de sécurité aérienne et de protection des infrastructures critiques. Dans cette perspective, je réunirai prochainement Infrabel et la Direction Générale du Transport Aérien afin d'identifier les solutions permettant de faciliter l'utilisation des drones par Infrabel. L'objectif est de soutenir le déploiement de cette technologie au service de la sécurité du réseau ferroviaire, de la gestion des crises et des incidents, mais également de l'amélioration de la ponctualité et de la robustesse du trafic ferroviaire. Cette concertation devra permettre de concilier les besoins opérationnels d'Infrabel avec les exigences réglementaires applicables à l'espace aérien belge, afin de garantir un cadre efficace, sécurisé et proportionné pour l'utilisation des drones sur l'ensemble du réseau. 2. a et b) Le développement des drones constitue un axe structurant de modernisation des outils d'Infrabel, en particulier pour la gestion du trafic, la sécurité et la gestion des incidents. Les analyses internes ont confirmé la maturité du cas d'usage "levée de doute", dont l'industrialisation repose sur le déploiement progressif d'équipements supplémentaires de type Drone-in-a-Box (DIAB) sur des sites stratégiques du réseau ainsi que sur le développement de capacités mobiles permettant des interventions rapides sur l'ensemble du territoire. Dans cette perspective, il est prévu de lancer un marché dédié au déploiement de ces solutions, avec une approche structurée à l'échelle nationale. Ce marché, envisagé pour une durée de cinq ans, a vocation à soutenir l'extension du dispositif existant et à accompagner la montée en puissance progressive des usages opérationnels identifiés comme prioritaires. Le dimensionnement précis du dispositif (nombre d'installations fixes et plateformes mobiles), ainsi que le coût global d'investissement, s'inscrivent dans ce cadre et dépendront des résultats de la procédure de marché public, tant en ce qui concerne les solutions techniques proposées que les conditions économiques obtenues. À ce stade, les analyses internes et les résultats du projet pilote permettent toutefois de confirmer que l'ordre de grandeur évoqué dans la question est cohérent avec l'ambition envisagée à l'échelle nationale. Le déploiement repose sur une combinaison d'installations fixes de type Drone-in-a-Box sur des sites stratégiques, complétées par des capacités mobiles permettant des interventions rapides sur l'ensemble du territoire. Au-delà du coût d'investissement, Infrabel met en avant des gains opérationnels significatifs: - gain de temps en gestion d'incidents, avec un retour d'expérience concret d'environ 30 minutes gagnées lors du projet pilote dans le port d'Antwerpen (Anvers); - amélioration de la prise de décision en temps réel, grâce à une vision immédiate de la situation; - remise en service plus rapide des voies, contribuant directement à la ponctualité et à la continuité du trafic; - réduction des interventions lourdes ou coûteuses, notamment dans les zones difficilement accessibles, où les drones peuvent se substituer à des moyens traditionnels plus complexes. Les analyses internes montrent par ailleurs que certaines solutions basées sur drones présentent un coût de déploiement inférieur à celui d'alternatives plus classiques (p. ex., les dispositifs fixes), tout en offrant une plus grande flexibilité d'utilisation. Dans ce contexte, le projet s'inscrit clairement dans une logique d'optimisation des moyens et d'amélioration de la performance opérationnelle du réseau ferroviaire. c) Infrabel est pleinement consciente des enjeux de cybersécurité liés à l'utilisation de drones civils, dans un contexte où le marché est aujourd'hui largement dominé par des acteurs non européens. Afin d'y répondre, Infrabel a mis en place une gouvernance centralisée des équipements et des données, notamment via la gestion par ses services ICT, ce qui permet d'assurer un contrôle uniforme et conforme aux exigences légales sur l'ensemble du territoire. Les images issues des drones sont intégrées dans des systèmes maîtrisés, déjà utilisés pour la gestion des caméras, ce qui garantit un traitement structuré et sécurisé des flux d'information. En parallèle, Infrabel intègre pleinement les exigences de cybersécurité et de souveraineté dans la préparation des marchés publics, conformément au cadre légal en vigueur. Elle suit également de près les évolutions européennes en la matière afin de continuer à renforcer la sécurité et la résilience de ses systèmes. 3. Avant de répondre au chiffrage, il convient de rappeler que les drones constituent déjà, pour Infrabel, un outil polyvalent: au-delà de la "levée de doute" en gestion du trafic et d'incidents, ils ont été mobilisés ou testés pour des besoins de surveillance (notamment en appui à la lutte contre les vols de câbles, dans un cadre de collaboration avec les acteurs légalement compétents et sans exercice autonome de missions de sécurité) et pour des applications de smart monitoring (dont des expérimentations liées à la cartographie de la végétation invasive). Cette trajectoire illustre la priorité donnée à des outils qui améliorent à la fois la sécurité, l'efficacité opérationnelle et la continuité du service ferroviaire. S'agissant du gain de temps, lors du projet test dans le port d'Antwerpen (Anvers), un gain de l'ordre de 30 minutes a été observé grâce au drone. Ceci met en évidence l'intérêt opérationnel de disposer "d'yeux à distance" et d'une vue d'ensemble en temps réel, favorisant une meilleure prise de décision en concertation avec les services de secours, ainsi qu'une remise en service plus rapide des voies. En revanche, il n'est pas encore possible à ce stade de déterminer une estimation consolidée du "gain de temps moyen" spécifiquement mesuré pour les services de secours, tous types d'accidents confondus et à l'échelle nationale, par rapport aux méthodes traditionnelles. Le retour d'expérience documenté atteste donc néanmoins d'un gain significatif et confirme l'apport des drones pour accélérer l'évaluation de situation et la coordination.