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| Auteur | Vincent Scourneau, MR (06287) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement |
| Sous-département | Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop. |
| Titre | Mission diplomatique belge dans les Balkans occidentaux. - Bilan et perspectives d'adhésion à l'UE. |
| Date de dépôt | 06/05/2026 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 09/06/2026 |
| Question |
La semaine du 13 avril 2026, vous avez effectué une mission diplomatique dans cinq pays des Balkans occidentaux (le Monténégro, la Serbie, la Macédoine du Nord, le Kosovo et la Bosnie-Herzégovine) avec pour objectif central de soutenir les perspectives d'adhésion de ces États à l'Union européenne (UE). Cette tournée intervenait dans un contexte géopolitique particulièrement sensible. Le Monténégro, candidat le plus avancé dans le processus d'intégration européenne et seul pays de la région à avoir adopté l'euro, nourrit l'ambition de rejoindre l'UE à l'horizon 2028. La Serbie, quant à elle, fait l'objet d'un rapport sévère des institutions européennes en raison de sa proximité avec Moscou et de l'absence de normalisation de ses relations avec le Kosovo. La Macédoine du Nord a, pour sa part, été encouragée à poursuivre ses réformes structurelles. Au Kosovo, vous avez également rendu visite aux cinq militaires belges déployés au sein de la force de maintien de l'ordre de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, la Kosovo Force, opérant sous mandat onusien. Enfin, en Bosnie-Herzégovine, vous vous êtes recueilli à Srebrenica, lieu du massacre de plus de 8.000 Bosniaques en juillet 1995. 1. Quels sont les principaux résultats et aboutissants concrets de cette mission diplomatique pour chacun des cinq pays visités? 2. Quelles garanties ou engagements vos interlocuteurs vous ont-ils fournis quant à la poursuite des réformes exigées par les institutions européennes? 3. Des avancées ont-elles été enregistrées lors de vos échanges avec les autorités serbes quant à la normalisation de leurs relations avec le Kosovo? 4. La question de la proximité de Belgrade avec Moscou a-t-elle été abordée, et quelles réponses avez-vous obtenues? 5. Quelles suites concrètes entendez-vous donner à cette mission dans les prochains mois, notamment dans le cadre des réunions du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'UE? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B053
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| Date publication | 15/06/2026, 20252026 |
| Réponse |
1. Cette mission a permis de porter un message clair et cohérent: la Belgique soutient pleinement l'intégration européenne des Balkans occidentaux, qui constitue un investissement stratégique pour notre sécurité commune. Cette intégration doit être fondée sur les mérites, l'État de droit et la stabilité. Dans chacun des pays visités, j'ai pu constater une volonté de progresser sur la voie européenne, tout en rappelant que ce chemin repose sur des réformes concrètes et soutenues. Dans plusieurs des pays visités, j'ai aussi souligné nos intérêts économiques et encouragé le renforcement de nos relations commerciales. 2. Au Monténégro, j'ai salué les avancées tout en soulignant l'importance de maintenir un consensus politique interne pour la mise en oeuvre des réformes liées à l'acquis et au Plan de croissance, ainsi que la poursuite des efforts pour résoudre les différends bilatéraux, notamment avec la Croatie, où des progrès sont enregistrés. En Serbie, la visite visait à apporter des messages forts à un partenaire clé pour la stabilité européenne, tout en réaffirmant que la porte de l'Union européenne (UE) reste ouverte. Plusieurs représentants de la société civile m'ont décrit une situation marquée par un affaiblissement des institutions démocratiques, dans un contexte de méfiance généralisée de la population vis-à-vis des dirigeants. Auprès des autorités, j'ai pu insister avec franchise sur la nécessité de réformes crédibles en matière d'État de droit, d'indépendance judiciaire, de libertés fondamentales, de transparence électorale et d'un alignement complet avec la politique étrangère de l'UE, ainsi que sur le respect des engagements du dialogue Belgrade-Pristina. En Macédoine du Nord, j'ai rappelé l'importance du respect des engagements, notamment les amendements constitutionnels issus du compromis de 2022, tout en réaffirmant que les différends bilatéraux ne doivent pas entraver l'élargissement. J'ai encouragé la poursuite des réformes, malgré le blocage actuel. Au Kosovo, j'ai insisté sur la nécessité de stabiliser les institutions, d'éviter les actions unilatérales et de s'engager de manière constructive dans la mise en oeuvre des accords avec la Serbie, tout en réaffirmant notre soutien à la candidature du Kosovo au Conseil de l'Europe. Le commandant de la KFOR "Kosovo Force" a souligné une situation sécuritaire calme mais exposée à des fragilités comme les actions unilatérales au nord du Kosovo et la désinformation venant de l'étranger. J'ai également remercié nos militaires déployés dans la mission de l'Alliance pour leur implication au sein de cette mission et pour leur contribution à la stabilité. En Bosnie-Herzégovine, sans toutefois pouvoir rencontrer les officiels bosniens pour des raisons d'agendas, les échanges avec le commandant d'EUFOR "European Union Force" Althea et le Bureau du Haut Représentant ont décrit une situation stable mais fragile. La visite à Srebrenica a constitué un moment fort, rappelant que la mémoire, la justice internationale, la réconciliation et la stabilité restent au coeur de notre engagement régional. 2. Mes interlocuteurs ont confirmé leur engagement à poursuivre les réformes nécessaires dans des domaines clés tels que l'État de droit, l'indépendance de la justice et la lutte contre la corruption, ainsi que dans le cadre du Plan de croissance. J'ai souligné que ces engagements devaient se traduire par des résultats tangibles et vérifiables, et proposé le partage de l'expertise belge pour y parvenir. 3. Les messages que j'ai reçus tant des autorités serbes que kosovares témoignent d'une forte réticence à progresser dans la normalisation, chacun renvoyant la responsabilité de l'impasse à l'autre, dans un climat de reproches mutuels. J'ai néanmoins réitéré avec constance notre soutien au dialogue facilité par l'UE et insisté sur la nécessité d'avancées concrètes, notamment à travers des efforts de désescalade et de renforcement de la confiance, en particulier dans le nord du Kosovo. 4. La question de la proximité de Belgrade avec Moscou a été abordée dans le contexte plus large des équilibres géopolitiques dans la région. J'ai rappelé qu'une perspective européenne crédible est le meilleur antidote face aux influences extérieures, en particulier aux narratifs russes. Celle-ci doit s'accompagner d'un plein alignement des partenaires sur les positions de l'UE, qui constitue une attente essentielle de l'UE et un signal stratégique dans le contexte géopolitique actuel. 5. Dès mon retour, j'ai exposé les principaux résultats de ma visite à la réunion du Conseil Affaires étrangères (CAE) du 21 avril 2026, et j'ai également, avec mes homologues du Benelux, fait une déclaration sur les Balkans occidentaux lors de la réunion du CAE du 21 mai 2026. La Belgique poursuivra, dans les enceintes européennes, un plaidoyer actif en faveur d'un processus d'élargissement crédible, exigeant et fondé sur les mérites. Nous continuerons à suivre de manière étroite les progrès réalisés par nos partenaires et à soutenir leurs efforts de réforme. Enfin, nous resterons pleinement engagés en faveur de la stabilité régionale, notamment en soutenant la reprise du dialogue entre Belgrade et Pristina ainsi que les initiatives visant à renforcer la sécurité et la coopération dans la région. |