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Bulletin n° : B053 - Question et réponse écrite n° : 1045 - Législature : 56


Auteur Michael Freilich, N-VA (07022)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre Belgian Competitiveness Dashboard: productivité et coûts salariaux.
Date de dépôt06/05/2026
Langue N
Publication question     B053
Date publication 15/06/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai09/06/2026

 
Question

La productivité et les coûts salariaux sont indissociables, étant donné que leur interaction est déterminante au regard de la compétitivité. Pour ce qui est de la productivité, la productivité horaire du travail en Belgique (59,6 euros contre 54,2 euros dans les pays voisins) est présentée comme un avantage structurel. Toutefois, on peut lire dans le rapport Belgian Competitiveness Dashboard que cette productivité horaire est boostée par le secteur pharmaceutique, dans lequel la productivité a bondi de 84 % à 268 euros par heure travaillée. 1. Que pensez-vous du fait que la productivité horaire du travail plus élevée en Belgique (59,6 euros/heure) soit en grande partie imputable à un petit nombre de secteurs tels que l'industrie pharmaceutique et ne constitue donc pas un avantage structurel s'appuyant sur une large base? 2. Pourquoi le rapport n'insiste-t-il pas suffisamment sur le fait que l'augmentation de la productivité (0,5 % en moyenne) est insuffisante pour compenser les coûts salariaux plus élevés? 3. Le SPF a-t-il analysé la productivité sans tenir compte des secteurs présentant des valeurs aberrantes, et si oui, pourquoi n'a-t-elle pas été mise en évidence? 4. Comment expliquez-vous que les coûts salariaux structurels par unité soient plus élevés en Belgique que chez nos voisins et quelles mesures stratégiques concrètes sont prévues pour corriger ce handicap concurrentiel? 5. Dans quelle mesure le rapport tient-il compte de l'incidence de l'indexation automatique des salaires sur notre compétitivité à l'échelon international?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B054
Date publication 26/06/2026, 20252026
Réponse

1. Le niveau élevé de la productivité horaire du travail observé en Belgique doit être interprété avec nuance. Il est exact que certains secteurs à forte intensité technologique et capitalistique, en particulier l'industrie pharmaceutique, contribuent significativement à la moyenne nationale. Cette situation reflète toutefois une caractéristique structurelle de l'économie belge, relativement spécialisée dans des activités à haute valeur ajoutée, intensives en R et D et fortement orientées vers l'exportation. L'objectif du tableau de bord n'est cependant pas de suggérer une homogénéité des performances entre tous les secteurs, mais de rendre compte de la réalité macroéconomique globale. Par ailleurs, même en dehors du secteur pharmaceutique, la productivité belge demeure relativement élevée par rapport aux pays voisins, notamment en raison du poids des services intensifs en connaissance, du niveau de qualification de la main-d'oeuvre, de l'intensité capitalistique des entreprises, de la qualité des infrastructures et de la position logistique stratégique de la Belgique. 2. Le rapport reconnaît explicitement que la croissance de la productivité reste modérée sur la période 2015-2024. C'est précisément la raison pour laquelle l'importance des investissements, de l'innovation et de la digitalisation est mise en avant pour renforcer le potentiel de croissance de la productivité. En effet, le tableau de bord adopte une approche multidimensionnelle de la compétitivité. L'analyse ne se limite pas au seul ratio entre productivité et coûts salariaux, mais intègre également d'autres déterminants tels que les performances à l'exportation, l'investissement, l'innovation, le marché du travail, l'énergie ou encore le dynamisme entrepreneurial. 3. Les analyses préparatoires ont tenu compte de la composition sectorielle de l'économie belge. Le tableau de bord a toutefois été conçu comme un instrument synthétique de suivi macroéconomique, reposant sur des indicateurs agrégés et comparables au niveau international. Certes, des analyses sectorielles plus détaillées peuvent apporter des éclairages complémentaires, mais ne remettent pas fondamentalement en cause le constat selon lequel la Belgique demeure une économie caractérisée par une valeur ajoutée élevée par heure travaillée. 4. Les coûts salariaux par unité produite plus élevés en Belgique s'expliquent par plusieurs facteurs structurels, parmi lesquels figurent le niveau relativement élevé des prélèvements fiscaux et parafiscaux sur le travail, la faible croissance de la productivité observée ces dernières années, la structure sectorielle de l'économie, etc. Le gouvernement a fait de la compétitivité une priorité. Des mesures concrètes ont été prises, notamment une réduction des coûts salariaux d'un milliard d'euros d'ici 2029, ainsi qu'une réforme du marché du travail visant à augmenter le taux d'emploi et à mieux faire correspondre les compétences aux besoins des entreprises. Plus largement, le gouvernement agit également sur d'autres déterminants de la compétitivité, à travers l'introduction d'une norme énergétique, la réduction des charges administratives et réglementaires, ainsi que les mesures du plan MAKE 2025-2030 destinées à soutenir l'investissement, l'innovation et la productivité. L'objectif est clair: améliorer durablement la compétitivité de notre économie en agissant à la fois sur les coûts et sur les gains de productivité, afin de préserver l'emploi et l'attractivité de la Belgique pour les investissements. 5. Le rapport tient directement compte de l'impact de l'indexation automatique des salaires à travers l'analyse de l'évolution des coûts salariaux, des coûts salariaux unitaires et des comparaisons internationales avec les pays voisins. L'indexation automatique contribue à préserver le pouvoir d'achat des ménages et à soutenir la demande intérieure. Toutefois, dans un contexte de forte inflation, elle peut également entraîner une progression plus rapide des coûts du travail que dans les pays ne disposant pas d'un mécanisme comparable. C'est pourquoi le tableau de bord souligne explicitement l'importance d'une évolution salariale compatible, à moyen terme, avec des gains de productivité suffisants. La compétitivité belge ne dépend en effet pas uniquement des coûts salariaux, mais également de l'innovation, de la qualité des exportations, du capital humain et du positionnement dans des activités à forte valeur ajoutée, c'est-à-dire en définitive, de tous les facteurs contribuant à booster la productivité.