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| Auteur | Vincent Scourneau, MR (06287) |
| Département | Ministre de l'Énergie |
| Sous-département | Énergie |
| Titre | La sécurité des approvisionnements pétroliers belges face à la crise du détroit d'Ormuz. |
| Date de dépôt | 05/05/2026 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 09/06/2026 |
| Question |
Les données publiées par la fédération pétrolière Energia révèlent une recomposition majeure des sources d'approvisionnement en pétrole brut de notre pays. En 2025, la Norvège représente 23 % de nos importations, le Kazakhstan 16,6 % et les États-Unis 15,3 %. À l'inverse, l'Arabie saoudite et l'Irak n'ont représenté ensemble qu'un peu moins de 3 % des importations de pétrole brut. Si cette diversification a réduit notre exposition au pétrole russe, elle n'a pas résolu le problème fondamental: elle l'a simplement déplacé de la Russie vers le Golfe et les États-Unis, zones géopolitiquement sismiques. La crise ouverte le 28 février 2026, à la suite des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, l'a démontré avec brutalité. Le détroit d'Ormuz, qui permet le transit de près d'un quart de la consommation mondiale de pétrole et d'un cinquième du gaz naturel liquéfié, a été soumis à une paralysie sans précédent. En mars 2026, le flux de navires est tombé à moins de 10 % de son niveau habituel. Si un cessez-le-feu a été annoncé dans la nuit du 7 au 8 avril 2026, incluant une réouverture partielle du détroit, la fragilité de cet accord soulève des interrogations légitimes quant à la pérennité de l'approvisionnement européen. Pour notre pays, la vulnérabilité s'est concentrée sur les produits raffinés. Les réserves européennes de diesel sont estimées à quatre à cinq mois de consommation, et celles de kérosène jusqu'au mois de juin 2026 seulement. En raison du blocus effectif du détroit d'Ormuz, l'Europe a été confrontée à une pénurie de diesel et de kérosène d'aviation, avec des prix du carburant en hausse de 60 à 70 %. 1. Quelle est votre analyse de la pérennité des flux en provenance de Norvège et du Kazakhstan dans le contexte actuel? 2. La Belgique dispose-t-elle de réserves stratégiques de diesel et de kérosène suffisantes pour faire face à une interruption prolongée des approvisionnements, telle que celle connue entre le 28 février et le 7 avril 2026? Ces stocks sont-ils conformes aux obligations européennes en matière de réserves pétrolières de sécurité? 3. La crise du détroit d'Ormuz a mis en évidence que la diversification des fournisseurs de pétrole brut ne garantit pas une sécurité d'approvisionnement en produits raffinés. Entendez-vous proposer une stratégie spécifique à cet égard, notamment en renforçant les capacités de raffinage belges ou en sécurisant des contrats d'approvisionnement en distillats auprès de fournisseurs alternatifs? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B052
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| Date publication | 03/06/2026, 20252026 |
| Réponse |
1. Notre approvisionnement en pétrole brut est effectivement, comme vous le mentionnez dans votre question, plus diversifier que par le passé. Un élément capital doit toutefois toujours être pris en compte: la diversification ne peut se faire que dans le giron de pays producteurs de pétrole. Il s'agit d'un club limité, et bien que nous travaillions à réduire nos dépendances, nous ne disposons pas d'un panel illimité de partenaires. À l'heure actuel, nous pouvons considérer le Kazakhstan, et certainement la Norvège comme des partenaires fiables. 2. La Belgique dispose en effet de stocks stratégiques de diesel et de Jet kérosène et ceci conformément aux dispositions européennes et internationales. Actuellement la Belgique dispose de 96 jours de stocks de pétrole brut et de produits pétroliers, ce qui est supérieur aux 90 jours imposés par l'Europe. 3. Il est important de souligner que si les tensions sur le marché pétrolier international sont réelles, il n'y a jusqu'au 29 mai 2026 par eux de pénurie ni de rupture d'approvisionnement vers l'UE, et dès lors pas non plus vers la Belgique. Ceci démontre déjà, dans une certaine mesure, la pertinence de la diversité d'approvisionnement et des interconnections de l'UE et de la Belgique. Par ailleurs, notre pays dispose actuellement de deux raffineries performantes qui bénéficient d'une grande flexibilité quant à la capacité de raffiner plusieurs types de pétrole brut. Et dont la capacité couvre largement la consommation au niveau national. Toutefois, je continue bien-entendu à travailler à la résilience de nos approvisionnements énergétiques, notamment pour le secteur pétrolier. C'est à ce titre que le Conseil des ministres du 29 mai 2026 a notamment approuvé une proposition d'arrêté royal établissant un plan d'urgence "pétrole". |