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Question et réponse écrite n° : 0703 - Législature : 56


Auteur Victoria Vandeberg, MR (08087)
Département Ministre de l'Asile, de la Migration et de l'Intégration sociale, chargée de la Politique des Grandes Villes
Sous-département Asile, Migration, Intégration soc., Pol. Grandes Villes
Titre Réduction de la capacité d'accueil. - Préparation face à un risque de nouveaux flux migratoires.
Date de dépôt15/04/2026
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai19/05/2026

 
Question

Le gouvernement a récemment annoncé la fermeture progressive de plusieurs centres d'accueil installés sur des sites de la Défense, dans le cadre du Plan quartier de la Défense, ce qui entraînera la disparition d'environ 4.000 places d'accueil pour les demandeurs d'asile. Vous avez indiqué que ces fermetures pouvaient être absorbées par le réseau existant, en raison de la baisse actuelle du nombre de demandes. Cette décision peut s'entendre dans une perspective de réorganisation à long terme, puisque ces fermetures sont annoncées d'ici 2040. Toutefois, les premiers centres doivent déjà fermer en 2026, notamment à Ypres et à Coxyde, soit deux centres sur neuf, ce qui pose la question du rythme réel de cette réduction de capacité. Par ailleurs, le contexte international demeure incertain. La guerre en Iran et les tensions régionales pourraient entraîner de nouveaux déplacements de population. Ces flux se dirigent d'abord vers les pays voisins avant de pouvoir exercer une pression sur les frontières extérieures de l'Union européenne, notamment via la Turquie. L'expérience de 2015 a montré que ce pays peut utiliser la question migratoire comme levier dans ses relations avec l'Union européenne. En outre, les accords conclus avec plusieurs pays autour de la Méditerranée reposent sur des équilibres fragiles et sur une coopération conditionnée à un soutien financier et politique. Dans un contexte de réduction de certains budgets d'aide internationale, la stabilité de ces accords pourrait être mise sous pression. 1. Pouvez-vous préciser le calendrier prévu pour la fermeture des neuf sites concernés, ainsi que les projections chiffrées sur lesquelles le gouvernement s'appuie pour estimer que la capacité d'accueil restera suffisante dans les années à venir? 2. Quels dispositifs concrets de préparation et de gestion de crise ont été prévus en cas d'afflux important? En quoi la Belgique est-elle aujourd'hui mieux préparée qu'en 2015 pour éviter une saturation rapide du système d'accueil? 3. Comment le gouvernement évalue-t-il le risque d'une instrumentalisation de la question migratoire par des pays tiers, en particulier la Turquie, dans le contexte géopolitique actuel?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B052
Date publication 03/06/2026, 20252026
Réponse

1. Il s'agit d'une décision de la Défense. Je vous renvoie dès lors, pour cette question, à mon collègue ministre de la Défense. Le calendrier précis de la reprise de ces sites par le ministère de la Défense n'est pas encore défini. Conformément au plan quartier, cette reprise tiendra compte de l'accord de gouvernement, qui stipule que le réseau d'accueil ne sera progressivement réduit que lorsque la situation le permettra. Cela se fera en concertation avec mon cabinet. La cellule Ketenmonitoring établit des prévisions (scénarios haut, moyen et bas) concernant les arrivées attendues et les capacités d'accueil nécessaires pour le reste de la législature. Elle élabore également un scénario qui tient compte des mesures politiques nationales et de l'impact attendu du Pacte sur les migrations. 2. Conformément à l'accord de gouvernement, je veillerai à ce qu'une capacité de réserve suffisante soit maintenue lors de la future réduction progressive du réseau d'accueil, afin de pouvoir absorber de telles fluctuations imprévues du nombre d'arrivées. Le pacte sur la migration prévoit également l'obligation pour chaque État membre de l'UE d'élaborer son propre plan d'urgence afin d'être prêt à faire face à des événements imprévus. 3. À l'heure actuelle, la crise au Moyen-Orient (avec comme principaux foyers de conflit l'Iran et le Liban) ne semble pas engendrer d'importants flux migratoires. Les principaux mouvements observés sont actuellement internes, avec déjà un retour prudent vers les régions d'origine durant la période de cessez-le-feu. Nous constatons que la Turquie mène actuellement une politique frontalière plus active, notamment en matière de surveillance, afin d'éviter une situation similaire à celle d'il y a dix ans. Néanmoins, nous devons rester attentifs aux évolutions et demeurer en permanence vigilants face aux pays qui utilisent des personnes ou d'autres mesures comme moyen de pression politique. Il est dès lors important d'être prêt, au niveau européen, à détecter rapidement de nouveaux phénomènes, à les partager et à y réagir. La Commission européenne dispose d'un cadre opérationnel dans lequel un réseau d'acteurs (le Blueprint Network) a été mis en place afin de cartographier la situation actuelle et de diffuser des alertes précoces en cas de crise migratoire imminente. Par ailleurs, Frontex réalise en continu des analyses afin d'identifier les vulnérabilités aux frontières. Ces analyses permettent de déterminer où du personnel ou du matériel supplémentaire doit être déployé. Mes services s'adaptent aux évolutions et aux tendances changeantes observées ces dernières années et nous continuons à attacher de l'importance au maintien de bonnes relations bilatérales.