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Question et réponse écrite n° : 0471 - Législature : 56


Auteur Britt Huybrechts, VB (07962)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre Incident survenu en Israël avec le cardinal Pizzaballa.
Date de dépôt27/04/2026
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai02/06/2026

 
Question

Lors du dimanche des Rameaux, à l'entame de la Semaine sainte, la police israélienne a empêché le cardinal Pizzaballa et le custode de Terre Sainte de se rendre au Saint-Sépulcre. Pourtant, l'Église catholique s'était pleinement conformée à toutes les mesures de sécurité imposées dans le cadre du conflit avec l'Iran. Il n'avait pas été question de procession ni de rassemblement public. Et malgré tout, l'accès a été refusé aux deux hauts dignitaires. Cet incident n'est pas anodin. Il s'est produit lors du dimanche des Rameaux, qui marque le début de la Semaine sainte, constitue un moment fort de la foi chrétienne, et symbolise le sacrifice, la réconciliation ainsi que le coeur du message chrétien. Il ne s'agit pas non plus d'un fait isolé. De plus en plus de signes indiquent que les services de sécurité israéliens limitent l'accès aux églises et empêchent les fidèles de vivre librement leur foi. Soyons honnêtes: cet incident s'inscrit malheureusement aussi dans le cadre d'une tendance plus générale visant de plus en plus souvent à traiter les chrétiens dans le monde, mais aussi en Israël et a fortiori à Jérusalem, comme des citoyens de seconde zone. On dénombre de nombreux signalements d'intimidations quotidiennes: d'aucuns crachent à la face de fidèles et de prêtres, des symboles chrétiens donnent lieu à des agressions, etc. 1. Aborderez-vous le sujet avec l'ambassadrice d'Israël? 2. Allez-vous défendre activement les intérêts des chrétiens belges qui vivent en Israël et en particulier à Jérusalem?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B052
Date publication 03/06/2026, 20252026
Réponse

Je peux vous confirmer que la Belgique suit de près la situation dans le territoire palestinien occupé, y compris à Jérusalem. Une attention particulière est accordée à la protection des droits humains, notamment au droit à la liberté de religion et de conviction, qui englobe également la liberté de culte. Mes services et notre représentation sur place ont donc fait preuve d'une vigilance accrue à cet égard au cours de cette période caractérisée par diverses fêtes religieuses. Ainsi, début février, notre consulat général, en collaboration avec les consulats généraux des autres États membres de l'UE, a rendu visite à divers chefs religieux et s'est rendu sur différents sites. L'accent a été mis sur l'exercice et la garantie de ces libertés. À la suite de ces entretiens, une déclaration a été publiée sur place, dans laquelle l'UE et ses États membres ont exprimé leur profonde préoccupation face au risque accru d'escalade dans et autour des lieux saints, avec des conséquences potentielles pour la sécurité régionale et internationale. La position de la Belgique et de l'UE concernant Jérusalem a été réaffirmée: le statut et le caractère particuliers de Jérusalem et de la vieille ville, l'inviolabilité des lieux saints ainsi que les droits et la qualité de vie de toutes les communautés doivent être protégés et respectés par tous. L'importance du maintien de ce statu quo a également été réaffirmée dans les conclusions du Conseil européen du 19 mars 2026. Tous ces éléments ont également été discutés lors d'un échange à Bruxelles début mai entre mes services et une délégation du Haut Comité présidentiel palestinien pour les Églises. Au-delà des déclarations, l'importance que la Belgique attache à la question de la coexistence pacifique des différentes religions à Jérusalem s'illustre aussi dans le financement par le SPF Affaires étrangères pendant plusieurs années d'un projet de l'Institut Herbert Kelman, focalisé notamment sur la médiation autour de la question de Haram al-Sharif/Mont du Temple. Comme beaucoup, notamment la Haute Représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, je déplore donc l'incident survenu avec le patriarche latin durant le dimanche des Rameaux. Je déplore aussi plusieurs autres incidents récents visant des chrétiens dans le territoire palestinien occupé. Je regrette par ailleurs également que la mosquée Al-Aqsa ait été interdite d'accès durant le mois de Ramadan, en ce compris durant la fête de l'Aïd. Je peux comprendre les préoccupations sécuritaires, mais elles n'expliquent pas tout. Je continuerai à plaider pour le respect du statu quo historique et à soutenir le rôle important que joue la tutelle hachémite du royaume de Jordanie concernant les lieux saints.