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Question et réponse écrite n° : 0469 - Législature : 56


Auteur Britt Huybrechts, VB (07962)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre L'attentat perpétré au Nigeria lors du dimanche des Rameaux.
Date de dépôt27/04/2026
Langue N
Statut questionRéponses reçues
Date de délai02/06/2026

 
Question

Le dimanche des Rameaux, 27 chrétiens ont été assassinés dans l'État de Plateau. Et disons-le clairement, il ne s'agit pas d'un attentat comme les autres: il a été perpétré le dimanche des Rameaux, au début de la Semaine sainte. Quand on prend pour cible une communauté majoritairement chrétienne à ce moment précis, ce n'est pas un hasard. C'est symbolique. C'est délibéré. Bien sûr, aucun gouvernement n'est malheureusement en mesure de prévenir chaque attentat. Mais ce que nous observons au Nigeria va bien au-delà de cela. Ce type de violence semble y devenir peu à peu monnaie courante, et ce sont souvent les mêmes communautés qui sont touchées, encore et encore, notamment les chrétiens. Je me demande donc si ce gouvernement en fait aujourd'hui suffisamment pour protéger efficacement sa population, et en particulier ses habitants chrétiens. Dans le même temps, des fonds continuent d'affluer vers le Nigeria depuis la Belgique, peut-être pas directement et sous la forme de montants importants, mais par différents canaux et certainement de manière indirecte. 1. Quelles pressions concrètes la Belgique exerce-t-elle aujourd'hui pour faire en sorte que ces attentats cessent et que les personnes soient effectivement protégées? 2. Cette question fait-elle l'objet de discussions au niveau européen ou s'agit-il une fois de plus d'exprimer sa préoccupation a posteriori? 3. Êtes-vous disposé à recenser et à réexaminer ces flux financiers indirects vers le Nigeria, et à y associer des conditions claires tant que cette protection n'est pas suffisamment garantie? 4. Il en va de même pour les flux financiers directs et indirects vers les pays où les chrétiens sont systématiquement persécutés. Les chiffres et le classement de l'association Portes Ouvertes montrent pourtant clairement où se situe le problème. La question est: agissons-nous réellement dans le bon sens?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B052
Date publication 03/06/2026, 20252026
Réponse

L'attaque perpétrée le 29 mars dans l'état du Plateau est très préoccupante. Malheureusement, il ne s'agit pas d'un incident isolé. Elle s'inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement complexe dans la Middle Belt et dans le nord du Nigéria. Comme je l'ai expliqué le 22 avril 2024 en commission des Relations extérieures suite à une question de Mme Samyn, les conflits dans ces régions présentent une dynamique à plusieurs niveaux, où le terrorisme, les tensions religieuses et ethniques, l'accès à la terre et à l'eau, les évolutions démographiques et les rapports de force locaux se renforcent mutuellement. La Belgique condamne toute forme de violence à l'encontre de la population civile au Nigeria. La violence et la terreur touchent toutes les communautés ethniques et religieuses. Ainsi, le 16 mars, peu après la fin du ramadan pour la communauté musulmane, Maiduguri, dans le nord-est du pays, a été secouée par trois attentats-suicides coordonnés. Là aussi, on a dénombré des dizaines de morts et des centaines de blessés. La Belgique aborde régulièrement la question de la sécurité au Nigeria dans les enceintes européennes et onusiennes. Nous plaidons systématiquement en faveur de la protection des civils, tant dans les contextes humanitaires que lors d'opérations militaires. L'insécurité, la lutte contre le terrorisme et l'importance du respect du droit international humanitaire sont systématiquement abordées par la Belgique et l'Union européenne lors des contacts bilatéraux avec les autorités nigérianes, dans le cadre de discussions avec les organisations de la société civile et lors de fora de concertation avec d'autres partenaires sur le terrain. Je tiens également à souligner à cet égard que l'UE et le Nigeria ont tenu, le 18 février, leur premier dialogue sur la paix, la sécurité et la défense. Dans ce cadre, une nouvelle plateforme de haut niveau a été mise en place afin d'approfondir davantage le dialogue et la coopération. L'UE a annoncé le lancement d'un projet axé en particulier sur le dialogue interreligieux, dans le but d'agir de manière préventive face aux dangereuses dynamiques de conflit dans le pays. Je suis convaincu qu'une coopération constructive et un dialogue sur ces thèmes sensibles constituent les leviers les plus efficaces. Les menaces ou le retrait ne mènent qu'à une impasse et, en fin de compte, à davantage de violence et de peur, au détriment des communautés que l'on souhaite protéger.