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Bulletin n° : B052 - Question et réponse écrite n° : 1024 - Législature : 56


Auteur Katleen Bury, VB (07425)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre Crise persistante de la grippe aviaire. - Épuisement du Fonds Sanitaire et absence de stratégie vaccinale.
Date de dépôt28/04/2026
Langue N
Publication question     B052
Date publication 03/06/2026, 20252026
Statut questionQuestion publiée sans réponse
Date de délai02/06/2026

 
Question

Le rapport annuel 2025 de Dierengezondheidszorg Vlaanderen dresse un constat particulièrement préoccupant quant à la pression exercée par la grippe aviaire sur notre secteur avicole. Après une saison déjà difficile fin 2024-début 2025, l'automne suivant s'est également révélé critique: le virus s'est propagé sur l'ensemble du territoire, touchant des exploitations en Flandre occidentale, en Flandre orientale, à Anvers, dans le Limbourg ainsi qu'en Wallonie. À l'hiver 2025-2026, on dénombrait déjà vingt foyers. Les conséquences financières sont tout aussi lourdes. En 2025, le Fonds Sanitaire a versé plus de 4,3 millions d'euros aux éleveurs sinistrés, dont 3,8 millions liés à la grippe aviaire. En 2026, le montant atteint déjà 2,8 millions d'euros, alors que l'année ne fait que commencer. Entre-temps, les réserves du Fonds ont été réduites de moitié, passant de 10,4 millions à environ 5 millions d'euros. Le SPF Santé publique envisage de prolonger au-delà de 2026 la contribution obligatoire doublée des éleveurs de volailles, déjà en vigueur depuis trois ans. Pendant ce temps, une stratégie de protection concrète se fait toujours attendre. Au niveau européen, la vaccination est pourtant juridiquement possible: tant l'Organisation mondiale de la santé animale que la Commission européenne ont adapté leur réglementation afin de l'autoriser. Le transport intra UE de volailles vaccinées destinées à l'abattage, d'oeufs à couver et de poussins d'un jour peut être permis, moyennant les contrôles requis. Toutefois, aucun vaccin disponible dans le commerce ne permet aujourd'hui une vaccination rapide et à grande échelle en Belgique. Nos pays voisins, eux, avancent. La France mène déjà sa troisième campagne de vaccination consécutive, d'octobre 2025 à septembre 2026. Vous avez vous-même reconnu que, dans ce pays, "la vaccination s'est finalement révélée moins coûteuse que la lutte contre les flambées". Aux Pays-Bas, un essai sur le terrain a été lancé en septembre 2023 dans deux élevages de poules pondeuses avec des vaccins à vecteur, démontrant qu'une double vaccination réduit significativement la propagation du virus. En mars 2025, un projet pilote commercial - qui s'étendra jusqu'au début de 2027 - a débuté dans une exploitation, visant notamment à évaluer l'impact sur les débouchés et la faisabilité du programme de surveillance obligatoire. Les résultats devaient être communiqués au Parlement au cours du premier trimestre 2026, en vue d'un éventuel déploiement à grande échelle dès 2027. La Belgique n'a participé à aucune de ces initiatives européennes et s'est également retirée de l'achat groupé de 40 millions de doses de vaccin par l'UE. 1. a) Combien d'élevages de volailles ont été touchés par la grippe aviaire en 2025 et en 2026 (à ce jour)? b) Combien d'animaux ont été abattus au total? c) Pouvez-vous fournir un aperçu par région et par province? 2. Le Fonds Sanitaire a versé un peu plus de 4,3 millions d'euros en 2025 et déjà 2,8 millions d'euros cette année. a) Le Fonds dispose-t-il de réserves suffisantes pour compenser intégralement les conséquences de nouvelles épidémies? b) Envisagez-vous de mobiliser des moyens fédéraux supplémentaires si le Fonds s'avère insuffisant? 3. Vous avez reconnu qu'en France, "la vaccination s'est finalement révélée moins coûteuse que la lutte contre les flambées". Pourquoi une analyse coûts/bénéfices similaire n'est-elle pas menée de toute urgence pour notre secteur, confronté depuis des années à des épidémies récurrentes et à des cotisations en hausse? 4. a) Quels vaccins sont actuellement autorisés dans l'UE pour une utilisation chez les volailles? b) Les éleveurs belges peuvent-ils déjà se procurer ces vaccins et les administrer volontairement, ou un plan national approuvé est-il nécessaire au préalable? 5. Les Pays-Bas ont démontré qu'une approche pilote structurée, allant des essais sur le terrain au projet pilote commercial, est possible dans le cadre juridique européen actuel. La Belgique s'est retirée de l'achat groupé de 40 millions de doses de vaccin et ne participe pas aux projets pilotes en cours. a) Quelles sont les raisons de ce choix? b) Quand le secteur peut-il s'attendre à un plan belge de vaccination définitif? 6. Le cofinancement européen pour la santé animale et végétale a été réduit de 50% à 20%. Quelles démarches concrètes avez-vous déjà entreprises pour obtenir une augmentation de ce cofinancement dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel à partir de 2027?