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| Auteur | Anthony Dufrane, MR (06327) |
| Département | Ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, chargé de Beliris |
| Sous-département | Sécurité, Intérieur, Beliris |
| Titre | La vulnérabilité des zones de police aux tentatives de phishing. |
| Date de dépôt | 30/03/2026 |
| Langue | F |
| Publication question |
B051
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| Date publication | 18/05/2026, 20252026 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 05/05/2026 |
| Question |
La zone de police Nivelles-Genappe vient de rendre public un incident révélateur: sa responsable communication a failli se faire piéger par une tentative de phishing particulièrement sophistiquée, utilisant un faux message de suppression de page Facebook pour tenter de lui soutirer des codes d'accès. Si la vigilance de l'agent a permis d'éviter le pire, cet épisode illustre une réalité préoccupante: les zones de police, qui gèrent des pages de communication sur les réseaux sociaux et des systèmes informatiques contenant des données sensibles, constituent des cibles de choix pour des campagnes de phishing. La prise de contrôle de la page Facebook d'une zone de police aurait pu entraîner des conséquences graves: diffusion de fausses informations au public, atteinte à la crédibilité de l'institution, voire utilisation de ce canal pour mener des opérations de manipulation ou de désinformation. Au-delà des réseaux sociaux, la question de la robustesse des systèmes informatiques internes des zones de police, dont les ressources en cybersécurité sont très inégales d'une zone à l'autre, mérite une attention soutenue. 1. a) Combien de tentatives de phishing ou de cyberattaques visant des zones de police belges ont été recensées depuis 2022? b) Disposez-vous d'une ventilation par zone et par type d'attaque? Certaines zones ont-elles subi des piratages avérés de leurs systèmes? Avec quelles conséquences? 2. La sécurité informatique des 188 zones de police locales belges fait-elle l'objet d'un cadre minimal de cybersécurité, ou chaque zone est-elle laissée à ses propres moyens en la matière, créant ainsi des disparités importantes entre les zones les mieux dotées et les plus petites structures disposant de ressources informatiques limitées? 3. a) L'origine des attaques de phishing ciblant les institutions publiques, dont les zones de police, a-t-elle été identifiée dans certains cas comme relevant d'acteurs étatiques étrangers ou de réseaux criminels organisés? b) Une coordination est-elle en place entre le Centre pour la Cybersecurité Belgique, la police fédérale et les zones de police locales pour partager en temps réel les alertes sur les campagnes de phishing en cours afin de prévenir les incidents avant qu'ils ne surviennent? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B053
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| Date publication | 15/06/2026, 20252026 |
| Réponse |
1. a et b) Sur la base des statistiques policières de la criminalité, le service Management Information de la police fédérale est en mesure de communiquer des données globales relatives au nombre de faits de phishing enregistrés par les services de police. Il convient toutefois de préciser qu'au regard des informations actuellement disponibles dans la Banque de données policière nationale, il n'est pas possible d'identifier ni d'extraire spécifiquement les faits de phishing visant les zones de police. 2. En Belgique, les zones de police locales fonctionnent aujourd'hui dans un modèle décentralisé en matière d'informatique et de cybersécurité. Cependant, l'ensemble de la Police intégrée est soumis à une directive contraignante relative à la sécurité de l'information imposant des mesures minimales obligatoires. Pour l'ensemble de la Police intégrée, tant fédérale que locale, s'applique la directive commune et contraignante des ministres de la Justice et de l'Intérieur du 13 juillet 2021 relative à la sécurité de l'information. Cette directive est juridiquement ancrée dans la loi sur la fonction de police et impose à tous les services de police des mesures minimales obligatoires de sécurité organisationnelle et technique. Elle impose notamment la mise en place d'une politique de sécurité de l'information, d'une gestion des risques, d'une gestion des incidents ainsi qu'une augmentation progressive de la cyberrésilience, sous la responsabilité du chef de corps ou du commissaire général. Dans ce cadre, les zones de police locales conservent une autonomie quant à la déclinaison concrète et à la mise en oeuvre, en tenant compte de leur taille, de leurs moyens et de leur contexte opérationnel. Cela explique l'existence actuelle de différences de maturité entre les zones. À l'avenir, l'objectif explicite est d'évoluer, au sein de la Police intégrée, vers davantage de standards, de politiques et de gouvernance communs en matière d'informatique et de cybersécurité, qui ne soient pas exclusivement fédéraux, mais qui offrent également un soutien structurel aux zones de police locales. Cette évolution s'inscrit dans une stratégie cyber plus large et dans une nouvelle structure informatique en cours de mise en place au sein de la police fédérale, avec pour objectif de renforcer la cyberrésilience de l'ensemble de la Police intégrée et de réduire les différences existantes. 3. a) Si l'on parle réellement du phénomène de phishing (avec ses différents modes opératoires), il convient de constater qu'il ne constitue qu'un sous-ensemble de l'ensemble plus vaste de la "cybercriminalité". Les institutions publiques ou les services de police (Fédérale ou Locale) sont plus souvent utilisés comme prétexte dans des campagnes de phishing, les victimes étant incitées à payer prétendument une amende pour une soi-disant infraction. Dans l'écrasante majorité des cas, les victimes du phishing sont des particuliers, souvent des personnes âgées, plutôt que des institutions publiques, qui sont davantage susceptibles d'être victimes d'autres formes de cybercriminalité telles que les ransomwares et d'autres formes d'extorsion. En ce qui concerne le phénomène du phishing, la Police Judiciaire Fédérale prépare actuellement une analyse de la menace, laquelle abordera également le profil des auteurs. L'analyse empirique permet d'ores et déjà d'affirmer que, s'agissant du phishing, des réseaux criminels sont effectivement impliqués. À ce jour, nous n'avons toutefois connaissance d'aucune actions liée à ce phénomène qui aurait été menée par des puissances étatiques étrangères. b) Le 16 décembre 2025, un protocole de coopération a été signé entre les services du Centre pour la Cybersécurité Belgique et la Police Judiciaire Fédérale intitulé Protocole relatif au Belgian Anti Phishing Schield, ayant notamment pour objet l'élément proposé dans la question, à savoir la coordination réciproque. |