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| Auteur | Catherine Delcourt, MR (08086) |
| Département | Ministre de la Justice, chargée de la Mer du Nord |
| Sous-département | Justice, Mer du Nord |
| Titre | La présence et l'évolution des structures salafistes en Belgique. - Implications pour la VSSE. |
| Date de dépôt | 02/04/2026 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 11/05/2026 |
| Question |
Plusieurs analyses récentes ainsi que des éléments issus de la Sûreté de l'État (VSSE) indiquent une présence persistante, voire en progression, de courants salafistes en Belgique, notamment à travers des structures organisées (mosquées, associations, ASBL, cercles ou mouvements de jeunesse), mais également via une diffusion accrue sur les réseaux sociaux. Déjà en 2019, la VSSE évoquait l'existence d'environ une centaine d'organisations liées à la mouvance salafiste sur le territoire belge, tout en soulignant une augmentation des groupes et initiatives au fil des années. Par ailleurs, ce courant semble aujourd'hui se transformer et se diffuser autrement, notamment via des influenceurs en ligne, touchant un public plus jeune et élargissant son impact sociétal. Dans ce contexte, et au regard des enjeux en matière de cohésion sociale, de prévention de la radicalisation, d'égalité hommes/femmes, etc., je souhaiterais vous poser les questions suivantes. 1. Disposez-vous de chiffres récents concernant le nombre de structures (mosquées, associations, ASBL, cercles, mouvements de jeunesse, etc.) identifiées comme relevant de la mouvance salafiste en Belgique? 2. Une évolution a-t-elle été constatée depuis les estimations de 2019? 3. Les critères utilisés par la VSSE pour qualifier une organisation ou un lieu comme étant influencé par le salafisme ont-ils évolué face à la montée des formes numériques et informelles de diffusion? 4. Comment les services de renseignement évaluent-ils l'impact des réseaux sociaux et des influenceurs religieux dans la diffusion de discours salafistes? 5. Existe-t-il un suivi spécifique de ces contenus et de leur audience en Belgique? 6. Quelle est l'évaluation actuelle du lien entre cette mouvance et les phénomènes de radicalisation violente? 7. Quelles mesures sont actuellement mises en oeuvre pour prévenir les risques liés à cette mouvance, notamment en matière d'encadrement des lieux de culte ou de formation des cadres religieux? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B051
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| Date publication | 18/05/2026, 20252026 |
| Réponse |
La diffusion du salafisme en Belgique repose principalement sur l'action de personnes affiliées à cette idéologie - prédicateurs itinérants, imams, professeurs dans des instituts islamiques, activistes en ligne - qui occupent parfois plusieurs fonctions simultanément. Fournir un chiffre exact d'organisations salafistes est dès lors difficile. Il convient de souligner que le salafisme reste un courant minoritaire au sein de l'islam sunnite et, a fortiori, au sein de la population musulmane belge. Le phénomène reste néanmoins persistant. La Sûreté de l'État (VSSE) constate l'émergence de prédicateurs plus jeunes, porteurs de nouvelles initiatives de diffusion, aux côtés de figures établies occupant des postes d'autorité religieuse depuis plusieurs années. Une évolution notable réside dans le recours croissant aux outils numériques - réseaux sociaux, podcasts, plateformes de financement participatif - qui permettent de toucher rapidement un large public multilingue, tant en Belgique qu'au-delà des frontières, et de renforcer les liens avec des figures d'autorité salafistes dans les pays du Golfe. En ce qui concerne les critères d'évaluation, ceux-ci sont liés au discours et à ses effets potentiels, indépendamment du canal de diffusion utilisé. La décision d'ouvrir une enquête de renseignement dépend de plusieurs facteurs: l'idéologie de l'organisation ou de la personne concernée, les indices d'intentions extrémistes, les capacités de diffusion, l'historique des activités et les signaux de préparation d'actions violentes. Dans ce cadre, la VSSE mène, au sein de la Plateforme fédérale de coordination de la lutte contre l'extrémisme et le terrorisme (PFCECT) et conformément à la loi du 30 novembre 1998, des enquêtes proportionnées à l'égard de personnes ou d'organisations impliquées dans la constitution d'une menace extrémiste. Le salafisme est un phénomène hétérogène. Seul le salafisme djihadiste justifie explicitement le recours à la violence terroriste. Néanmoins, toutes ses branches partagent certains concepts et références idéologiques communs, ce qui fait que même les courants non-djihadistes peuvent constituer un terreau pour la radicalisation violente de certains individus, bien que ce passage à la violence reste rare. Concernant les mesures préventives et répressives, la VSSE agit dans le cadre du PFCECT et de la loi du 30 novembre 1998. Les dossiers terroristes sont suivis via le Joint Intelligence Center - Joint Decision Center, en concertation avec les partenaires de la Stratégie TER. Sur le plan répressif, les taskforces locales assurent l'échange d'informations entre services de sécurité et la coordination des mesures de suivi. Sur le plan préventif, les Cellules de Sécurité intégrale locale en matière de radicalisme, d'extrémisme et de terrorisme - présidées par le bourgmestre et réunissant acteurs locaux et services psychosociaux - offrent un accompagnement sur mesure. Enfin, lors de demandes de reconnaissance de communautés religieuses, la VSSE réalise une enquête de base dont les résultats sont transmis à l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace en vue de l'établissement d'un avis fédéral de sécurité. |