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Bulletin n° : B050 - Question et réponse écrite n° : 0449 - Législature : 56


Auteur Axel Weydts, Voorui (08051)
Département Ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur
Sous-département Défense, Commerce ext.
Titre L'évolution des capacités de soutien belges et des capacités de combat lourd.
Date de dépôt25/03/2026
Langue N
Publication question     B050
Date publication 04/05/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai27/04/2026

 
Question

Durant les dernières décennies, la Belgique a démantelé systématiquement sa composante organique lourde au profit d'unités spécialisées plus petites pour des missions internationales. Cette transition vers un modèle expéditionnaire a accru la dépendance de la Belgique à l'égard de ses alliés pour ce qui est du soutien stratégique et du transport logistique. J'aimerais obtenir des informations sur la réduction historique de nos capacités militaires et l'ampleur exacte des insuffisances de capacités. 1. Pouvez-vous fournir un relevé du nombre total de chars de combat (Main Battle Tanks - MBT) opérationnels que possédait la Défense dans les années 1970, 1980, 1990, 2000 et 2010? 2. Quel était le ratio entre le nombre de véhicules lourds à chenilles et les véhicules à roues au sein de la Composante Terre pour les mêmes périodes de référence? 3. Combien de pièces d'artillerie organique tractée et automotrice (de calibres 105 mm et 155 mm) étaient effectivement utilisables au cours de ces mêmes périodes de référence? 4. Dans quelle mesure la Belgique dispose-t-elle aujourd'hui de son propre transport aérien stratégique pour le déplacement de matériel lourd, exprimé en capacité en tonnage, par rapport à ces mêmes périodes de référence? 5. À quelles capacités de soutien stratégiques, en particulier en matière de ravitaillement en vol (Air-to-Air Refuelling) et de renseignement par satellite la Belgique doit-elle actuellement faire appel en externe ou lesquelles doit-elle louer par le biais de pools de l'OTAN en raison d'un manque de ressources propres? La situation a-t-elle été différente durant les périodes de référence susmentionnées? 6. Durant les périodes de référence précitées, quel pourcentage du budget annuel a-t-il été consacré à la maintenance du matériel informatique lourd, par rapport à la part qui est aujourd'hui allouée à des systèmes pilotés par logiciel et à la cyberdéfense? 7. Quel est le degré actuel de dépendance aux chaînes logistiques américaines pour le déploiement de la flotte belge de F-16 et de F-35 à terme, exprimé en heures nécessaires d'appui fourni par du personnel externe?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B054
Date publication 26/06/2026, 20252026
Réponse

1. Le nombre de Main Battle Tank en service, dans les périodes concernées, s'élevait à: a) 1970: 334 LEOPARD (dans les archives il est également fait mention de 85 M47 Patton encore en service, bien que ces véhicules n'étaient probablement considérés que comme réserve); b) 1980: 334 LEOPARD 1; c) 1990: 132 LEOPARD 1A5 (BE) (version modernisée) en 1995; d) 2000: 132 LEOPARD 1A5 (BE); e) 2010: 20 LEOPARD 1A5 (BE); 2. Les véhicules d'infanterie chenillés et à roues, tous types confondus, en service dans les périodes concernées, s'élevaient à: a) 1970: 1.326 véhicules chenillés (771 M75 + 555 AMX13) et 0 véhicule à roues. Concernant les AMX-13, seuls 305 étaient des véhicules transporteur de troupes. Le reste concernait des versions de commandement, des porte-mortiers, et d'autres variantes; b) 1980: 1.305 véhicules chenillés (525 M113 + 514 AIFV + 266 CVRT SPARTAN) et 0 véhicule à roues; c) De 1990 à 2010: diminution progressive du nombre de véhicules chenillés et 60 véhicules à roues (PANDUR) à partir de 2000; d) 2010: plus de véhicules chenillés et 418 véhicules à roues (60 PANDUR, 138 PIRANHA IIIC, 220 DINGO 2). 3. Les véhicules d'artillerie (105 et 155mm) qui étaient en service durant les périodes concernées sont les suivants: a) 1970: - 123 véhicules de calibre 105mm (28 M44 et 95 M108); - 0 véhicule de calibre 155mm; - Remarque: 9 véhicules M55 de calibre 203mm. b) 1980: - 95 véhicules M108 de calibre 105mm (en outre, 25 véhicules M44 restent encore en réserve); - 41 véhicules M109 de calibre 155mm; - Remarque: 11 véhicules M110 de calibre 203mm; c) 1990: - 0 véhicule de calibre 105mm; - 127 véhicules M109 de calibre 155mm; - Remarque: 11 véhicules M110 de calibre 203mm; d) 2000: - 0 véhicule de calibre 105mm; - 127 véhicules M109 de calibre 155mm; e) 2010: - Aucun véhicule d'artillerie; - Remarque: à partir de ce moment, il ne subsiste plus que 12 systèmes d'artillerie tractée de 105mm, qui ne peuvent pas être considérés comme des véhicules d'artillerie à part entière. 4. Toutes les données indiquées ci-dessous sont des chiffres arrondis. Ces chiffres sont approximatifs et dans des conditions génériques. 1970-2021: C-130, modèle Super E Cet appareil pouvait transporter 20 tonnes (charge utile maximale) sur 2.000 Nm (Nautical miles). S'il ne transportait que 11,5 tonnes, il pouvait le faire sur 2.200 Nm. S'il ne transportait aucune cargaison (0 tonne), il pouvait voler jusqu'à 4.500 Nm. 2006: adhésion de la Belgique au programme SALIS (Strategic Airlift Interim Solution), mettant notamment des appareils Antonov-124 à disposition. Les dernières années, cet appareil était mis à disposition de la Belgique pour 80 heures par an. Depuis le 1er janvier 2026, nous disposons de 90 heures par an. L'appareil peut transporter 120 tonnes (charge utile maximale) sur 3.200 Nm. S'il ne transporte que 40 tonnes, l'autonomie peut atteindre 11.900 Nm. 2020: lancement du programme A400M Ces appareils peuvent transporter 40 tonnes (charge utile maximale). En transportant 30 tonnes, ils peuvent parcourir 2.400 Nm. S'ils ne transportent que 20 tonnes, l'autonomie augmente à 3.400 Nm. S'ils ne transportent aucune charge (0 tonne), ils peuvent voler jusqu'à 4.800 Nm. 5. Depuis 2018, la Belgique dispose d'une capacité de ravitaillement en vol grâce à son adhésion au Multinational MRTT Fleet (MMF). Dans le cadre de ce programme multinational, la Belgique utilise des avions Airbus A330 MRTT (Multi Role Tanker Transport) basés à Eindhoven, aux Pays-Bas. Au sein du MMF, la Belgique dispose d'un volume déterminé d'heures de vol qu'elle peut employer de manière autonome. À partir de la mise en service du dixième appareil à la mi-2026, ce volume portera à 2.100 heures de vol par an, utilisables tant pour le ravitaillement en vol que pour le transport de passagers et de matériel. En complément de cette capacité structurelle, la Défense conserve la possibilité, en cas de besoin, de recourir à des pays partenaires tels que la France dans le cadre d'accords bilatéraux ou multilatéraux. Cette coopération constituait, avant l'adhésion au MMF, le seul mécanisme disponible pour le ravitaillement en vol des avions de combat belges et demeure une option complémentaire offrant une certaine flexibilité. Le SGRS (Service Général du Renseignement et de la Sécurité) dispose depuis 1998 de moyens souverains en matière de renseignement par des images satellitaire, à l'époque via la constellation HELIOS-1, par la suite des recommandations issues de la commission parlementaire sur le Rwanda. Depuis, nous en sommes maintenant à la troisième génération de senseurs souverains en partenariat avec la France (composante Spatiale Optique) et nous préparons la quatrième. Outre les senseurs organiques belges, qui sont gérés en lien bilatéral avec la France, mais aussi avec le Luxembourg (LuxEOSys), nous pouvons également disposer de produits, données ou services de renseignements satellitaires fournis par nos partenaires tels que le centre satellitaire européen (EU SATCEN), le US National Geospatial Agency (NGA) ou par des fournisseurs commerciaux (Airbus, Vantor, etc.). En matière de satellites, il faut aussi noter les enablers américains comme le système SBIRS de détection de missiles balistiques. Ce système fournit en temps-réel les alertes de départ de missiles et les prédictions d'impact à l'OTAN via le service Shared Early Warning System, c'est un service essentiel en matière de défense aérienne qui n'a pas d'alternative européenne à l'heure actuelle. 6. Concernant la question relative au pourcentage du budget annuel ayant été consacré, au cours des périodes de référence mentionnées, aux hardware lourds, par rapport à la part qui est aujourd'hui allouée aux systèmes pilotés par software et à la cyberdéfense, il n'est pas possible d'y répondre, ni de manière chiffrée ni de manière comparative sans préciser la notion de hardware lourds et de software et du périmètre concerné (Force Terrestre uniquement ou ensemble des Forces). D'autre part, les données budgétaires nécessaires n'existent pas sous une forme exploitable pour les périodes antérieures aux années 2010. Les catégories actuelles relatives aux systèmes numériques, aux logiciels ou à la cyberdéfense n'étaient pas utilisées à l'époque, ce qui rend toute reconstitution fiable impossible. 7. Comme pour le F-16, la Défense dispose de la capacité de soutien nécessaire pour le déploiement autonome du F-35A, si cela s'avère nécessaire. C'est pourquoi une réserve de pièces détachées est disponible sur les bases aériennes belges afin de soutenir les activités de vol, ainsi qu'un kit de déploiement distinct contenant les pièces requises pour mener des missions opérationnelles de manière indépendante, souveraine et autonome. À mesure que la transition vers le F-35A s'achèvera, la Défense mettra progressivement en place une organisation de soutien nationale.