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| Auteur | Anthony Dufrane, MR (06327) |
| Département | Ministre de la Justice, chargée de la Mer du Nord |
| Sous-département | Justice, Mer du Nord |
| Titre | Agression d'un agent pénitentiaire à la prison de Leuze-en-Hainaut. - Sécurité autour des espaces communs. |
| Date de dépôt | 23/03/2026 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 27/04/2026 |
| Question |
Moins de trois semaines après l'émeute survenue à la prison de Marche-en-Famenne, impliquant une quarantaine de détenus réclamant un accès élargi aux cuisinettes durant le ramadan, c'est cette fois à la prison de Leuze-en-Hainaut qu'un agent pénitentiaire a récemment été agressé au couteau par un détenu. Le motif est troublant de similitude. Le détenu n'avait pu accéder à la cuisinette au moment souhaité. Si l'agent a eu la vie sauve grâce à ses réflexes, les images de vidéosurveillance confirment le caractère délibéré de l'agression. Le détenu concerné avait déjà été impliqué dans une attaque au couteau contre plusieurs gardiens à la prison de Forest il y a une dizaine d'années. Ce sont deux incidents rapprochés autour du même équipement: la cuisinette. Dans un contexte de surpopulation carcérale critique, il est légitime de se demander si une faille structurelle dans la gestion de ces espaces partagés n'est pas présente. 1. a) Comment expliquez-vous qu'un détenu aux antécédents de violence graves contre le personnel pénitentiaire ait pu conserver un accès à des espaces communs sans protocole de surveillance renforcé? b) Le profil de dangerosité des détenus est-il systématiquement pris en compte dans la gestion de l'accès aux cuisinettes? 2. Des restrictions d'accès aux cuisinettes ou une révision des modalités d'utilisation de ces espaces sont-elles envisagées notamment pour les détenus présentant des antécédents de violence et une harmonisation des protocoles entre établissements est-elle prévue pour éviter que ces espaces ne deviennent des points de tension récurrents? 3. Face à la multiplication des agressions graves contre le personnel pénitentiaire, quelles mesures concrètes et immédiates votre SPF entend-il prendre pour renforcer la sécurité des agents? Un plan de détection et de confiscation systématique des objets pouvant servir d'arme est-il envisagé dans les sections les plus exposées? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B050
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| Date publication | 04/05/2026, 20252026 |
| Réponse |
1. a) La situation relative à l'agression par le détenu n'était pas en lien avec l'accès à la cuisinette mais à la récupération de son linge dans la machine à lessiver dont il exigeait l'accès immédiatement. Il n'y a donc pas de lien à faire entre les deux événements, dont l'un est collectif et l'autre individuel. b) Les détenus qui accèdent aux cuisinettes sont des détenus placés dans les sections qui permettent la participation aux activités collectives sur la base de l'évaluation de leurs comportements quotidiens et des relais d'observation réalisés par le personnel de surveillance qui gèrent l'ordre et la sécurité dans ces sections. 2. Chaque demande d'emploi donne lieu à une analyse du profil du détenu et des risques inhérents à l'emploi en question. Cette analyse s'inscrit bien entendu dans le cadre de la politique générale de placement. Le point de départ de l'évaluation d'un détenu se trouvant dans un établissement ouvert peut évidemment différer de celui d'un détenu se trouvant dans un établissement à sécurité renforcée ou maximale. Il va de soi que les antécédents, en particulier s'ils sont de nature violente, sont pris en compte dans l'analyse. Toutefois, les incidents - et vous faites référence à un exemple concret d'incident survenu il y a dix ans - sont, tout comme la personne, de nature dynamique et ne constituent pas par définition des éléments statiques qui accompagnent une personne pour l'éternité. 3. Je tiens tout d'abord à souligner que, lors d'incidents graves, des audits de sécurité sont régulièrement menés par des membres de la direction Sécurité intégrale, notamment afin de déterminer si un incident peut être considéré comme isolé ou s'il pourrait être le signe de problèmes plus structurels. Par ailleurs, des instructions sont en cours d'élaboration afin de mettre en place un trajet de détention pour les détenus connus pour leur comportement agressif ou violent, et de déterminer comment les réintégrer dans un régime normal. Nous examinons également si une formation complémentaire et des séances d'intervision pourraient être utiles pour les membres du personnel chargés de ce groupe de détenus. Cela fait encore l'objet de discussions approfondies avec l'Académie et différents interlocuteurs. |