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Bulletin n° : B050 - Question et réponse écrite n° : 0973 - Législature : 56


Auteur Anthony Dufrane, MR (06327)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre Surveillance des eaux usées. - Cartographie de la consommation de drogues. - Implications opérationnelles.
Date de dépôt23/03/2026
Langue F
Publication question     B050
Date publication 04/05/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai27/04/2026

 
Question

La publication par Sciensano des premiers résultats de la surveillance nationale des eaux usées pour l'année 2025 marque un tournant majeur dans notre compréhension du marché des stupéfiants. Cette méthode, en révélant la présence de crack sur l'ensemble du territoire et des pics de consommation de kétamine ou de MDMA le week-end, confirme une banalisation de l'usage de stimulants de synthèse. Au-delà du constat sanitaire, ces données offrent une boussole stratégique pour la police judiciaire fédérale (PJF) et les services de secours, permettant de passer d'une politique réactive à une stratégie d'anticipation basée sur des preuves scientifiques territoriales. 1. a) Les données de Sciensano pour 2025 confirment-elles une sous-estimation chronique de la consommation de cocaïne et de drogues de synthèse par les enquêtes de santé classiques basées sur l'auto-déclaration? b) Observe-t-on une corrélation directe entre les zones où les résidus de crack et de méthamphétamine sont les plus élevés dans les eaux usées et une hausse des admissions aux urgences pour overdoses non fatales dans ces mêmes bassins de vie? 2. a) La présence exclusive de méthamphétamine à Bruxelles et dans certaines villes de Flandre a-t-elle conduit à une adaptation des priorités de la PJF pour démanteler les laboratoires de synthèse locaux ou les filières d'importation via les ports? b) Comment la cellule de surveillance des eaux usées collabore-t-elle avec les zones de police locale pour identifier si les pics de résidus détectés correspondent à l'émergence de nouveaux points de vente ou à des événements festifs spécifiques? 3. a) Face à la diffusion nationale du crack, autrefois limité à la capitale, quelles mesures de réduction des risques comptez-vous déployer dans les villes moyennes désormais touchées? b) Le gouvernement prévoit-il de pérenniser le financement de Sciensano pour étendre cette surveillance à 30 stations d'épuration d'ici 2027, afin de couvrir les zones rurales encore peu documentées? 4. Les résultats de 2025 montrent une consommation d'amphétamines nettement plus élevée en Flandre: cette donnée est-elle utilisée pour calibrer les campagnes de prévention dans les milieux étudiants et festifs de la région?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B051
Date publication 18/05/2026, 20252026
Réponse

1. a) En raison des limites inhérentes aux méthodes d'enquête, on sait dès le départ que leurs résultats constituent une sous-estimation. Les données issues de l'analyse des eaux usées de Sciensano sont exprimées en une unité qui indique la quantité de drogues présentes dans les eaux usées, en tenant compte du nombre de personnes vivant dans cette zone. Cependant, un tel chiffre ne dit pas tout. On ne peut p. ex. pas en déduire si un petit groupe de personnes consomme souvent des drogues, ou si un groupe plus important n'en consomme qu'occasionnellement. C'est pourquoi l'analyse des eaux usées ne peut pas indiquer avec précision combien de personnes consomment des drogues. Elle constitue toutefois un complément indispensable pour suivre plus rapidement les évolutions dans le temps ou par région. Les enquêtes dans lesquelles les personnes déclarent elles-mêmes leur consommation restent donc importantes et constituent une source fiable pour établir une estimation initiale du nombre de personnes consommant des drogues, et surtout pour obtenir des informations essentielles sur le contexte. b) Nous ne sommes pas encore en mesure de confirmer cette corrélation. En général, une augmentation de la consommation de drogues dans une région n'implique pas automatiquement une augmentation du nombre d'overdoses (non mortelles). En effet, le risque de surdose ne dépend pas uniquement de la drogue elle-même, mais aussi de facteurs personnels et environnementaux. De plus, en Belgique, nous ne disposons actuellement que de données limitées sur les overdoses; nous ne pouvons donc pas en déduire de véritable corrélation. 2. a) Les résultats de l'étude sur les eaux usées fournissent des informations sur la consommation de méthamphétamine. Dans une prochaine étape, Sciensano examine comment l'analyse des eaux usées et des eaux souterraines peut servir à de futures études axées sur les sites de déversement et les laboratoires de fabrication. b) Sciensano est déjà en contact avec certains acteurs opérationnels locaux, notamment dans quelques grandes villes et dans la province du Limbourg, afin d'étudier comment l'analyse des eaux usées peut aider à mieux répondre aux besoins de tous les partenaires concernés. Par ailleurs, Sciensano examine actuellement, en collaboration avec l'Université d'Anvers, les mesures à prendre pour utiliser l'analyse des eaux usées afin de mesurer l'impact d'une mesure politique spécifique ou de campagnes et d'interventions locales ou temporaires. 3. a) Les mesures de politique prises dans le cadre de ces questions ne relèvent pas de ma compétence, mais de celle des entités fédérées. b) Conformément à l'objectif poursuivi par la Cellule générale de politique Drogues dans le cadre de la Stratégie interfédérale pour une politique globale et intégrée en matière de drogues (2026-2029), qui vise à renforcer la collecte d'informations et l'analyse scientifique fondées sur des données probantes, en vue de disposer d'informations factuelles, objectives, fiables et comparables sur l'ensemble des aspects du phénomène des drogues et des dépendances comportementales, les différentes parties prenantes seront amenées à se concerter. Cette concertation permettra d'évaluer, sur la base des enseignements tirés et des besoins identifiés, les actions les plus pertinentes à développer, à ajuster ou à maintenir, notamment en ce qui concerne le recours à l'analyse des eaux usées. 4. Les mesures de politique prises dans le cadre de ces questions ne relèvent pas de ma compétence, mais de celle des entités fédérées.