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| Auteur | Anthony Dufrane, MR (06327) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture |
| Sous-département | Emploi, Économie, Agriculture |
| Titre | La situation critique de la sidérurgie belge et européenne face à la concurrence des importations. |
| Date de dépôt | 24/03/2026 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 27/04/2026 |
| Question |
La fédération européenne des producteurs d'acier tire la sonnette d'alarme. La production d'acier dans l'UE a atteint en 2025 son niveau le plus bas depuis le début de la collecte de données en 1960, à environ 125,8 millions de tonnes, contre 130 millions en 2024. Parallèlement, les importations d'acier dans l'UE ont bondi de 14 % sur l'année, atteignant une part record de 29 % de la consommation européenne au troisième trimestre 2025. Au dernier trimestre, la situation s'est encore dégradée avec une hausse de 53 % des importations totales. Cette réalité européenne frappe directement la Belgique, dont le secteur sidérurgique constitue un pilier industriel historique et représente des dizaines de milliers d'emplois directs et indirects. La conjonction de plusieurs facteurs aggrave la situation comme la volatilité des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient, la pression commerciale des aciers importés à bas coût et l'exclusion paradoxale du secteur de l'acier des critères de préférence européenne dans les marchés publics, alors même que l'UE prétend promouvoir le concept de Made in Europe. 1. Disposez-vous de données précises sur la production d'acier belge en 2024 et 2025, son évolution par rapport aux années précédentes, et le volume et la valeur des exportations du secteur sidérurgique belge, ventilés par marché de destination, afin d'évaluer dans quelle mesure nos producteurs nationaux sont exposés à la concurrence des importations à bas coût au sein même du marché européen? 2. a) La Belgique défend-elle activement, au sein du Conseil de l'UE, l'adoption rapide de mesures de défense commerciale renforcées pour l'acier réclamées par Eurofer? b) Notre pays soutient-il l'inclusion du secteur sidérurgique dans les critères de préférence européenne applicables aux marchés publics, dont il est actuellement exclu de manière difficilement compréhensible au regard des objectifs de souveraineté industrielle affichés par la Commission? 3. Face à la vulnérabilité structurelle de la sidérurgie européenne aux chocs énergétiques, quelles mesures concrètes envisagez-vous pour soutenir la compétitivité de nos producteurs d'acier nationaux face à des concurrents bénéficiant de coûts de production structurellement inférieurs? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B050
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| Date publication | 04/05/2026, 20252026 |
| Réponse |
1. La production belge d'acier est classée en cinquième position sur le plan européen. Cet indicateur d'activité a atteint 5,8 millions de tonnes en 2023 et 7,1 millions de tonnes en 2024. Les données de production pour 2025 ne sont pas encore connues. Le niveau d'activité est en recul depuis six ans car, en 2018, le volume de production avait atteint 8 millions de tonnes. Sur le plan des exportations, on assiste à une progression en volume de 19 millions de tonnes en 2024 à 19,74 millions de tonnes en 2025. En valeur, cependant, on note une modeste diminution (-4 %) de 18,17 milliards d'euros à 17,39 milliards d'euros en 2025. La concentration des exportations belges se situent, dans l'Union européenne, avec un taux de 75 % en 2024 et de 77 % en 2025. Les trois premiers partenaires commerciaux de la Belgique sont l'Allemagne, la France et les Pays-Bas. En 2025, ces trois pays totalisent respectivement 25 %, 21 % et 13 % des exportations en volume. 2. a) Oui, la Belgique a participé activement aux négociations sur la proposition de règlement visant à remédier aux effets commerciaux négatifs de la surcapacité mondiale sur le marché de l'acier de l'Union européenne qui ont eu lieu au Conseil européen à travers les travaux du groupe de travail européen compétent. Cette proposition législative vient de passer un cap important ce 13 avril avec un accord politique entre les co-législateurs. La mesure commerciale pourra donc être mise en oeuvre pour remplacer l'actuelle sauvegarde au 1er juillet 2026. b) L'Industrial Accelerator Act auquel il est fait référence est une nouvelle proposition législative de la Commission européenne. La proposition et ses contours sont tout récents avec différents niveaux d'implications pour les différentes parties prenantes belges. Les travaux sur le plan national ont été lancés pour impliquer toutes les parties prenantes. Mon administration a lancé dans cette optique les travaux technico-administratifs au sein d'une Commission Économique Interministérielle (CEI) spécifique et les fédérations ont été consultées. 3. Le gouvernement a pris des mesures concrètes et significatives pour renforcer la compétitivité de notre économie et notamment pour les secteurs les plus intensifs en énergie. Cela passe notamment par une réduction des coûts salariaux d'un milliard d'euros d'ici 2029, afin de soutenir les entreprises et l'emploi, par l'introduction d'une norme énergétique pour garantir des prix de l'énergie compétitifs pour les industries électro-intensives, ainsi que par une réforme du marché du travail visant à mobiliser davantage de talents et à augmenter le taux d'emploi. Par ailleurs, le plan MAKE 2025-2030 place la relance industrielle au coeur de notre stratégie et prévoit des actions concrètes: réduction des charges administratives, simplification du cadre réglementaire, baisse des coûts énergétiques, modernisation des infrastructures énergétiques et renforcement de la défense de nos intérêts économiques, notamment via les instruments de défense commerciale. De nouveaux groupes de travail ont également été lancés sur des enjeux clés tels que l'accélération des permis industriels, le marché intérieur, l'intégration des SMR dans le système énergétique et les priorités industrielles européennes. |