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| Auteur | Anthony Dufrane, MR (06327) |
| Département | Ministre de l'Énergie |
| Sous-département | Énergie |
| Titre | Impact du conflit en Iran sur les prix de l'énergie et l'économie belge. |
| Date de dépôt | 16/03/2026 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 20/04/2026 |
| Question |
Le déclenchement d'un conflit ouvert impliquant l'Iran fin février 2026 a provoqué une onde de choc immédiate sur les marchés mondiaux. En Belgique, la réaction ne s'est pas fait attendre, le baril de Brent a bondi, franchissant la barre des 80 dollars, tandis que les prix du gaz européen ont grimpé de 40 % en une matinée. Cette crise au coeur du détroit d'Ormuz, véritable poumon énergétique mondial, menace directement le pouvoir d'achat des Belges et la stabilité de notre économie et indirectement de l'inflation. 1. a) Comment évaluez-vous l'impact immédiat de cette flambée sur le prix maximum des carburants et du mazout de chauffage en Belgique? b) Doit-on s'attendre à une activation du "cliquet inversé" pour atténuer la hausse des accises si les prix à la pompe dépassent les seuils critiques? 2. a) Quelles mesures de soutien spécifiques sont envisagées pour les ménages les plus vulnérables, au-delà du chèque mazout existant, face à cette volatilité brutale? b) Le gouvernement prévoit-il de prolonger ou de renforcer le tarif social de l'énergie si le conflit devait s'enliser au-delà de deux mois? 3. a) La Belgique dispose-t-elle de réserves stratégiques de pétrole suffisantes afin de garantir l'approvisionnement du pays pendant 90 jours sans importations majeures? b) Quelle est la stratégie de diversification pour compenser l'arrêt du trafic maritime dans le Golfe, notamment via le renforcement des livraisons de GNL américain et norvégien? 4. a) Quel est l'impact de ce choc pétrolier sur les prévisions d'inflation du Bureau fédéral du Plan pour 2026, initialement fixées à 1,9 %? b) L'indexation automatique des salaires, prévue pour certains secteurs en mars 2026, risque-t-elle d'être suivie d'un second déclenchement plus rapide que prévu de l'indice-pivot? 5. a) Quels secteurs industriels belges sont identifiés comme les plus dépendants du pétrole dans cette crise? b) Une concertation est-elle prévue avec la Commission européenne pour activer des mécanismes de solidarité énergétique ou des plafonds de prix temporaires au niveau de l'UE? 6. a) Comment cette crise modifie-t-elle l'agenda de la transition énergétique belge? b) Comptez-vous accélérer les investissements dans l'éolien offshore et le nucléaire pour réduire définitivement notre exposition aux chocs géopolitiques du Moyen-Orient? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B049
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| Date publication | 21/04/2026, 20252026 |
| Réponse |
1. a) Les prix internationaux des produits pétroliers finis servent de base à la fixation des prix maximums des produits pétroliers, tels que le gasoil diesel B7, l'essence 95 RON E10 et le gasoil de chauffage. L'impact sur ces prix maximums est directement proportionnel à celui des marchés internationaux. Par rapport au 1er mars 2026, le prix maximum de l'essence 95 RON E10 a augmenté de 23 centimes d'euro par litre TVA comprise, celui du gasoil diesel B7 de 46,2 centimes d'euro par litre TVA comprise et celui du gasoil de chauffage de 42,01 centimes d'euro par litre TVA comprise, à la date du 17 avril 2026. b) Je ne peux ici anticiper les décisions qui seront prises mardi lors du Kern. 2. a) et b) Le gouvernement s'est réuni à plusieurs reprises et notamment la semaine dernière pour parcourir les différentes propositions déposées par l'ensemble des ministres. Nous soutenons effectivement des mesures ciblées et soutenant les ménages et travailleurs. Je ne peux bien-sûr ici pas anticiper les décisions qui seront prises ce mardi en Kern. 3. a) La Belgique dispose de stocks stratégiques de pétrole brut et de produits pétroliers équivalent à 92 jours des importations nettes basées sur l'année précédente. Ceci est conforme aux dispositions européennes actuellement en vigueur. b) En cas de perturbation du trafic maritime dans le Golfe, la stratégie de diversification repose avant tout sur le bon fonctionnement du marché mondial du gaz, fortement lié au marché mondial du GNL. À court terme, l'approvisionnement peut être partiellement compensé par une réorientation des flux de GNL en provenance d'autres fournisseurs, notamment les États-Unis et, dans une moindre mesure, d'autres producteurs du bassin atlantique (p. ex. Nigeria). Les flux norvégiens par gazoducs constituent également un pilier essentiel de l'approvisionnement européen et offrent une source stable et non exposée aux contraintes maritimes du détroit d'Ormuz. Les importations de gaz norvégien en Europe (par gazoduc et GNL) sont déjà à leur maximum et une augmentation ne parait pas possible dans un futur proche. Il convient toutefois de souligner que cette diversification s'opère principalement via des mécanismes de marché, celui-ci étant libéralisé. Les cargaisons de GNL sont orientées vers les zones où les prix sont les plus attractifs, ce qui permet une réallocation dynamique des volumes disponibles à l'échelle globale. Dans ce contexte, le marché de gros du gaz en Europe du Nord-Ouest fonctionne actuellement de manière normale et continue d'absorber les tensions géopolitiques sans perturbation physique de l'approvisionnement. Les fournisseurs conservent un accès au gaz et sont en mesure de respecter leurs obligations contractuelles. Dès lors, la sécurité d'approvisionnement est assurée à ce stade. Les tensions observées se traduisent principalement par une augmentation des prix, plutôt que par un manque physique de gaz. À moyen terme, la vigilance reste toutefois de mise, notamment en ce qui concerne la concurrence accrue avec l'Asie pour les cargaisons de GNL et le niveau de remplissage des stockages en vue de l'hiver. 4. a) et b) Je vous informe que la réponse à ce point relève des compétences de Jan Jambon, vice-premier ministre et ministre des Finances et des Pensions, chargé de la Loterie Nationale et des Institutions culturelles fédérales. 5. a) Le secteur de la pétrochimie et de l'agroalimentaire sont parmi les secteurs industriel les plus touchés. b) Une approche coordonnée au niveau de l'UE est en effet souhaitable afin que les mesures nationales n'aient pas de répercussions négatives sur les autres États membres. Au niveau ministériel, la présidence chypriote du Conseil a déjà convoqué, le 31 mars dernier, une réunion informelle de coordination sur l'approche de l'UE en matière d'énergie, à la lumière des développements au Moyen-Orient. La situation sera également abordée lors du Conseil informel "Énergie" prévu les 12 et 13 mai 2026, au cours duquel se tiendra également une réunion entre l'UE et le Conseil de coopération du Golfe. Au niveau technique, des réunions de coordination hebdomadaires Gaz et Pétrole ont lieu depuis le début de la crise afin de suivre de près la situation, de partager des informations en toute transparence et de discuter des mesures possibles. En réponse à la hausse des prix de l'énergie résultant de la guerre au Moyen-Orient, la Commission européenne présentera prochainement une boîte à outils de l'UE comprenant des mesures ciblées et temporaires, conformément au mandat du Conseil européen du 19 mars 2026. 6. a) et b) Le nucléaire et les énergies renouvelables sont en effet essentiels pour réduire notre dépendance aux combustibles fossiles et l'exposition de la Belgique aux chocs géopolitiques. Concernant l'éolien offshore, vous savez que les travaux pour la relance de l'appel d'offres de la PEZ 1 sont en cours. Des étapes importantes ont été franchies dernièrement. La proposition de la Commission de régulation de l'électricité et du gaz a été reçue le 2 avril et une consultation du secteur sur le projet d'arrêté royal sera lancée le 20 avril. Il est important de souligner que le développement de l'éolien offshore en Mer du Nord nécessite un renforcement du réseau électrique terrestre, notamment Ventilus et la Boucle du Hainaut. |