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Bulletin n° : B049 - Question et réponse écrite n° : 0947 - Législature : 56


Auteur Jeroen Van Lysebettens, ECOGR1 (07941)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargé de la Lutte contre la pauvreté
Sous-département Aff. sociales, Santé publ., Lutte contre la pauvreté
Titre Sciensano et le projet DEFENSEFOOD.
Date de dépôt09/03/2026
Langue N
Publication question     B049
Date publication 21/04/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai13/04/2026

 
Question

J'ai appris que Sciensano allait participer au projet Horizon Europe "DEFENSEFOOD", qui porte sur la manière de sécuriser notre approvisionnement alimentaire, en particulier face aux menaces chimiques, biologiques et radiologiques. 1. a) Quels sont les objectifs dans le contexte belge spécifiquement? b) Quels sont les risques identifiés pour notre approvisionnement alimentaire et comment ce projet y remédiera-t-il? c) Par exemple, quelles substances toxiques seront priorisées et comment cela se traduira-t-il par des mesures préventives, notamment dans le cadre de la législation environnementale? 2. Sachant que le projet vise à renforcer la sécurité de notre chaîne alimentaire, comment l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire y sera-t-elle associée? 3. Le projet s'étendra jusqu'en octobre 2029, mais dans l'intervalle, notre chaîne alimentaire est confrontée à des problèmes aigus et des menaces chimiques. Ainsi, il apparaît de plus en plus clairement que les PFAS sont présents partout, y compris dans nos spéculoos, et qu'ils nuisent tant à notre santé qu'aux écosystèmes. a) Quels moyens comptez-vous mettre en oeuvre dès à présent pour lutter contre les PFAS? b) Le problème des PFAS fera-t-il également partie des priorités de ce projet? Dans l'affirmative, de quelle manière? 4. Les conclusions du Conseil du 6 décembre 2021 concernant le "plan d'urgence destiné à garantir l'approvisionnement et la sécurité alimentaire en temps de crises" soulignent surtout l'importance du marché intérieur et de la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux en temps de crise. Ces conclusions sont donc avant tout réactives, tout comme ce projet, semble-t-il. Les problèmes aigus que nous connaissons en ce moment montrent toutefois également que ce sont les pratiques actuelles elles-mêmes qui sapent le système, et que les risques pour notre approvisionnement alimentaire sont donc également d'origine interne. Ainsi, l'agriculture et l'élevage intensifs entraînent un recours croissant aux engrais et aux pesticides, et sont par conséquent sources de pollution. L'industrie chimique intensive nécessite une réglementation rigoureuse afin d'empêcher que des résidus ne se retrouvent dans l'environnement et, par conséquent, dans la chaîne alimentaire, comme nous l'avons vu avec les PFOS. a) Des critères de durabilité structurelle seront-ils intégrés dans ce projet ou dans la politique qui en découlera? b) En d'autres termes, ce projet débouchera-t-il également sur l'adoption de mesures préventives?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B050
Date publication 04/05/2026, 20252026
Réponse

1. a) Pour les projets européens HORIZON, des objectifs communs ont été définis pour l'ensemble du projet (par la Commission européenne dans l'appel et par les partenaires du projet dans la proposition), et non spécifiquement par pays. Les objectifs du projet DEFENSEFOOD n'en sont toutefois pas moins pertinents pour le contexte belge: - rapid detection (détection rapide): méthodes de détection rapide, intégrant de nouveaux outils d'analyse ciblés et non ciblés et utilisant des systèmes de surveillance dans les États-membres de l'UE. - Impact reduction (réduction d'impact): méthodologies d'identification, de développement et de test pour réduire l'impact des menaces chimiques, biologiques ou radiologiques (CBR) sur la chaîne d'approvisionnement alimentaire, tout en améliorant la résilience de cette chaîne. - Response mechanism (mécanismes de réponse): optimiser la coordination entre les autorités de sécurité européennes et internationales et améliorer les mécanismes de réponse transfrontaliers au terrorisme alimentaire. - Decision-support tools (outils d'aide à la décision): développer des outils de gestion des connaissances et d'aide à la décision afin de permettre une détection précoce, une limitation des conséquences et une récupération rapide de la chaîne alimentaire en cas de crises liées à une contamination alimentaire. - Improve awareness (amélioration de la prise de conscience): améliorer la prise de conscience et la préparation des acteurs du système alimentaire (principalement les autorités et les PME) en matière de menaces CBR par le biais d'initiatives ciblées de formation et de renforcement des capacités. - Novel AI-driven tool (nouvel outil basé sur l'IA): adapter et développer un nouveau tableau de bord de surveillance fondé sur des preuves et piloté par l'IA afin d'anticiper les changements dans l'environnement du système alimentaire. b) Menaces chimiques, biologiques ou radiologiques (CBR), liées à des catastrophes naturelles ou d'origine humaine, à des attentats ou au terrorisme. DEFENSEFOOD mettra en oeuvre une méthodologie de recherche multidisciplinaire afin de s'attaquer aux défis complexes posés par ces menaces sur les systèmes alimentaires, en utilisant des modèles de simulation et de prédiction, des technologies de détection de pointe, des protocoles de réponse et de récupération efficaces, des méthodologies issues des sciences sociales, et la gestion des connaissances et le renforcement des capacités auprès de multiples parties prenantes. c) Une priorisation des substances toxiques sera définie après une revue de la littérature de pointe et des programmes actuels de surveillance (tant les analyses de routine des laboratoires de référence européens et nationaux - comme les mycotoxines, les pesticides, les toxines bactériennes et les pathogènes alimentaires - que la littérature scientifique consacrée aux intoxications aiguës), qui sont les premières tâches du projet. Une analyse d'écart des actuelles substances CBR sera effectuée dans les analyses de laboratoires de première et de deuxième ligne, afin de développer un panel de détection plus complet. Le projet fournira différents outils et directives (les délivrables du projet) mais la traduction en mesures et en lois est la responsabilité de chaque État membre (ou de ses autorités politiques). 2. L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) n'est pas un partenaire de ce projet mais Sciensano prendra contact avec l'agence si nécessaire. Le projet prévoit des contacts avec les différents responsables des Agences européennes pour la sécurité alimentaire afin d'avoir accès aux stratégies et aux activités de surveillance nationales. Une fois développées et testées dans le cadre du projet, les nouvelles méthodes seront reprises dans le portfolio de Sciensano pour différentes parties prenantes, dont le Centre de crise national et l'AFSCA. 3. a) Depuis 2021, dans le cadre du programme de contrôle de l'AFSCA, des analyses PFAS sont effectuées par les différents laboratoires nationaux et régionaux selon des méthodes accréditées. Toutefois, celles-ci s'inscrivent en dehors du contexte du projet DEFENSEFOOD. b) DEFENSEFOOD ne se focalise pas spécifiquement sur les PFAS dans l'alimentation étant donné que ceux-ci ne sont pas classés comme agents CBRN(ucléaires) et que le risque d'abus dans ce contexte est limité. De plus, plusieurs laboratoires nationaux et régionaux effectuent déjà des analyses PFAS sur des échantillons alimentaires belges, dont les résultats ont été publiés. Ce n'est pas le but de dupliquer ces études. 4. a) DEFENSEFOOD n'a pas non plus pour objectif d'étudier l'impact du système agricole ou de l'industrie chimique actuels sur l'environnement et l'alimentation. Ces thèmes relèvent du programme Horizon Europe - Cluster 6 Food, Bioeconomy, Natural Resources, Agriculture and Environment, qui ne finance pas ce projet. b) Le développement d'outils analytiques prédictifs avancés, une meilleure sensibilisation et une détection rapide, tels que prévus dans le cadre du projet, contribueront tous à une approche préventive des menaces pesant sur la chaîne alimentaire.