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Question et réponse écrite n° : 0438 - Législature : 56


Auteur Julien Matagne, LENGAG (07818)
Département Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement
Sous-département Aff. étrangères, Aff. europ. et Coop. dévelop.
Titre La féminisation de la carrière diplomatique belge.
Date de dépôt18/03/2026
Langue F
Statut questionRéponses reçues
Date de délai20/04/2026

 
Question

À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, il est utile de rappeler que l'égalité entre les femmes et les hommes constitue une valeur fondamentale que la Belgique défend activement sur la scène internationale, notamment dans ses actions diplomatiques en faveur des droits humains, de l'égalité et de l'inclusion. Dans ce contexte, la représentation des femmes au sein de notre propre diplomatie revêt une importance toute particulière. Selon les données d'une enquête de 2024 de l'Université de Göteborg, analysées notamment par le consortium European Data Journalism Network, la Belgique comptait en 2024 18 % d'ambassadrices, ce qui la plaçait 22e sur 27 États membres de l'Union européenne. Cette proportion aurait même diminué pour atteindre 13 % en 2025. Ces chiffres s'inscrivent certes dans une tendance historique d'amélioration progressive de la représentation des femmes dans la diplomatie, mais ils montrent également que la parité reste encore lointaine. En 2024, un peu plus de 30 % des ambassades des États membres de l'Union européenne dans le monde étaient dirigées par des femmes et seule la Finlande dépassait le seuil de 50 %. Dans un moment symbolique comme celui du 8 mars, ces données constituent une invitation à poursuivre les efforts afin que la diplomatie belge reflète pleinement les valeurs d'égalité et d'exemplarité que notre pays promeut sur la scène internationale. 1. Comment analysez-vous la position relativement faible de la Belgique au sein de l'Union européenne en matière de représentation des femmes à la tête des missions diplomatiques? 2. Quel est le pourcentage des ambassades belges dirigées par des femmes en 2026, en comparaison avec les données de 2024 et de 2025? 3. Quelle est la proportion de femmes au sein du SPF Affaires étrangères dans les fonctions diplomatiques, en particulier aux niveaux A2, A3, A4 et A5, pour l'année 2026? 4. Le SPF Affaires étrangères dispose-t-il d'un plan d'action ou d'une stratégie interne en matière d'égalité de genre et d'accès des femmes aux fonctions diplomatiques supérieures? 5. Des mesures de soutien spécifiques existent-elles au sein du SPF (mentorat, accompagnement de carrière, mesures de conciliation entre vie professionnelle et familiale, etc.) afin de faciliter l'accès des femmes aux fonctions diplomatiques les plus élevées? 6. Le SPF Affaires étrangères effectue-t-il un suivi régulier de ces indicateurs de représentation et ces données sont-elles publiées ou communiquées de manière régulière?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B049
Date publication 21/04/2026, 20252026
Réponse

1. Le défi auquel nous sommes confrontés résulte principalement d'un effet de pipeline: comme l'entrée de stagiaires diplomates dans la classe A1 était historiquement majoritairement masculine, cela se traduit, des décennies plus tard, par une sous-représentation des femmes dans les rangs supérieurs A4 et A5, ce que reflètent également les chiffres actuels, avec 24 femmes pour 90 hommes parmi les chefs de poste. Pour cette raison, nous misons fortement sur des mesures à long terme ayant un impact sur l'entrée dans la carrière, la progression et la rétention. 2. Voir tableau ci-dessous. 3. Situation au 19 mars 2026. À la mi-août, 30 nouveaux stagiaires commenceront au SPF, dont 16 femmes et 14 hommes. 4. Le SPF Affaires étrangères considère l'égalité de genre comme une mission structurelle et comme un critère essentiel de qualité pour un appareil diplomatique moderne. La dimension de genre demeure un point d'attention constant dans chaque processus RH, conformément à la loi fédérale de 2007 sur le gendermainstreaming et à la stratégie fédérale plus large en matière d'égalité entre les femmes et les hommes. Notre stratégie genre comporte plusieurs volets et vise à renforcer l'intégration, la progression et la rétention des femmes dans la carrière diplomatique. a) Sélection et évaluation sensibles au genre Les procédures de sélection pour la carrière extérieure sont systématiquement revues afin de réduire les biais inconscients. Ce travail se fait en étroite concertation avec Travaillerpour.be et l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes. Le nouveau format des épreuves de sélection est développé selon les mêmes principes. À compétences égales, la candidature féminine est privilégiée lorsque les femmes sont sous-représentées dans la classe ou la fonction concernée. b) Renforcement du leadership et de la culture organisationnelle Nos actions portent notamment sur: - des formations concernant les biais de genre; - la promotion d'un leadership inclusif, en particulier pour les fonctions dirigeantes; - des initiatives contre le sexisme au travail. L'usage des titres féminins, comme ambassadrice, est renforcé afin d'améliorer la visibilité des femmes occupant des postes à responsabilité. c) Promotion ciblée de l'entrée dans la carrière: "Ambassadrice de demain" Nous lançons des campagnes de sensibilisation spécifiquement destinées aux étudiantes et jeunes professionnelles, telles que "Ambassadrice de demain". L'objectif est d'élargir le vivier de candidates, condition essentielle pour augmenter, à terme, le nombre de femmes dans les plus hautes fonctions diplomatiques. d) Attention à la dimension familiale Une carrière extérieure équilibrée nécessite une politique familiale solide: - deux family officers accompagnent les familles lors des expatriations; - le nouveau statut de la carrière extérieure (en vigueur depuis janvier 2026) tient davantage compte des réalités familiales contemporaines et de la situation professionnelle des partenaires; - un effort accru est consacré à ne pas pénaliser la grossesse et à promouvoir l'exercice des droits parentaux des agents. 5. Le SPF Affaires étrangères met en place plusieurs mécanismes d'accompagnement concrets destinés à soutenir les femmes dans leur progression vers des fonctions diplomatiques de direction. Il existe notamment des programmes de mentorat axés sur le conseil en carrière et la préparation aux responsabilités managériales, qui contribuent de manière tangible, depuis 2020, à améliorer l'accès des femmes aux postes supérieurs. Par ailleurs, des formations au leadership inclusif et des sessions consacrées aux biais de genre sont organisées, en particulier pour les agents qui exercent déjà des fonctions de direction ou qui sont susceptibles d'accéder aux classes A3, A4 ou A5. Le SPF investit également dans des mesures visant à améliorer l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, telles que l'accompagnement assuré par deux family officers et le nouveau statut de la carrière extérieure, qui tient davantage compte des réalités familiales et de la situation professionnelle des partenaires. Ces éléments sont essentiels, car la dimension familiale et les exigences de mobilité constituent encore d'importants obstacles pour les femmes dans leur progression vers les fonctions les plus élevées. Enfin, j'accorde une attention particulière à l'amélioration du statut des conjoints des diplomates. Conformément à l'accord de gouvernement, j'ai engagé, avec mes collègues, des travaux visant à moderniser la carrière extérieure afin de la rendre plus attractive et mieux adaptée aux réalités actuelles. Cette problématique présente une dimension de genre importante: 70 % des partenaires de diplomates sont des femmes, ce qui alimente des inégalités structurelles, notamment en matière de revenus et de droits à la pension, et constitue un frein à un meilleur équilibre de genre au sein de la carrière extérieure. 6. Le SPF Affaires étrangères assure un suivi structurel et annuel de la répartition femmes - hommes au sein de la carrière diplomatique, en accordant une attention particulière aux classes supérieures (A3, A4 et A5). Ce suivi porte tant sur l'entrée dans la carrière que sur les promotions, les affectations en poste et l'évolution de la représentation par classe. Les données sont régulièrement communiquées à travers des questions parlementaires, des rapports internes et divers documents de politique. De plus, la Politique de genre 2025-2029 prévoit un rapport annuel sur les avancées et les actions entreprises, afin de garantir un suivi transparent de l'égalité de genre dans la diplomatie et de permettre d'ajuster les mesures lorsque cela s'avère nécessaire.