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| Auteur | Mathieu Michel, MR (07782) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture |
| Sous-département | Emploi, Économie, Agriculture |
| Titre | L'impact des risques géostratégiques sur l'économie belge. |
| Date de dépôt | 27/02/2026 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 03/04/2026 |
| Question |
Le dernier rapport sur les risques mondiaux du Forum économique mondial, relayé par une analyse de l'assureur Marsh, met en lumière la vulnérabilité particulière de la Belgique face à une série de menaces systémiques croissantes. Ce constat résulte notamment de la forte dépendance de notre économie à l'égard du commerce international et de l'absence d'un marché intérieur de taille critique susceptible d'amortir les chocs extérieurs. Les risques identifiés comme majeurs à court terme à l'échelle mondiale - confrontations géoéconomiques, conflits armés interétatiques, désinformation, polarisation sociale et événements climatiques extrêmes - revêtent une acuité particulière pour notre pays. Le caractère ouvert et exportateur de l'économie belge rend les entreprises locales vulnérables aux fluctuations géopolitiques, aux sanctions commerciales, à la volatilité des chaînes d'approvisionnement et à l'incertitude des partenariats internationaux. Outre ces menaces globales, des préoccupations internes - telles que l'inflation persistante, l'érosion du pouvoir d'achat et les pressions budgétaires liées à l'augmentation des dépenses de défense - viennent complexifier davantage la prise de décision économique des entreprises belges, en fragilisant à la fois l'investissement, la cohésion sociale et la planification stratégique à moyen terme. Il est fondamental que les autorités fédérales disposent d'une évaluation fine et actualisée des vulnérabilités spécifiques de l'économie belge à ces risques systémiques, ainsi que d'une stratégie cohérente pour accompagner les entreprises dans l'adaptation de leurs modèles économiques à cette nouvelle donne mondiale. 1. Comment évaluez-vous la vulnérabilité spécifique de l'économie belge face aux risques géoéconomiques et géopolitiques mis en lumière par le rapport du Forum économique mondial et l'analyse de Marsh? 2. Existe-t-il une stratégie gouvernementale ou interfédérale visant à renforcer la résilience des entreprises belges face à ces risques? Quelles en sont les principales lignes directrices? 3. Des mécanismes spécifiques de soutien ou d'accompagnement sont-ils prévus pour aider les entreprises belges à adapter leurs stratégies commerciales dans un contexte de fragmentation géopolitique croissante? 4. Des dispositifs de veille stratégique et d'analyse de la désinformation économique et géopolitique ciblant les acteurs économiques belges sont-ils actuellement en place? Si oui, quels en sont les objectifs, les résultats et les moyens déployés? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B048
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| Date publication | 09/04/2026, 20252026 |
| Réponse |
1 et 2. Les conflits géopolitiques constituent en effet une source potentielle de perturbation de la chaîne d'approvisionnement du tissu économique en 2026, un défi auquel sont confrontées les entreprises belges et du monde entier. Comme l'indique le SPF Économie dans son étude récemment publiée sur les dépendances économiques: la Belgique a largement profité de la dynamique de la mondialisation avec son économie très ouverte et fortement intégrée dans le commerce international. Cependant, cette forte intégration dans les chaînes de valeur mondiales entraîne également une grande dépendance vis-à-vis des partenaires étrangers. Si l'on compare avec les pays voisins, l'industrie belge est plus dépendante des pays hors Union européenne que celle de l'Allemagne et de la France, mais moins dépendante que celle des Pays-Bas. Ce constat reflète à la fois la structure industrielle de la Belgique et la composition géographique de son commerce extérieur. Il est essentiel de poursuivre l'analyse détaillée des dépendances dans l'optique de la gestion des risques. Il importe également de veiller à l'équilibre entre l'ouverture internationale et la sécurité de l'approvisionnement pour renforcer la résilience de l'économie belge face aux chocs externes. Dès lors, plusieurs recommandations générales peuvent être formulées en matière de protection de notre chaîne d'approvisionnement: - il est important de diversifier les sources d'approvisionnement en recherchant des fournisseurs alternatifs et en concluant des partenariats avec de nouveaux pays lorsque cela est pertinent sur le plan économique et technologique; - il est également essentiel d'investir dans la recherche et le développement de technologies qui réduisent la dépendance à l'égard de certaines matières premières critiques, afin de renforcer la résilience des chaînes de valeur nationales; - en outre, il importe de soutenir la relocalisation de certaines productions importantes en encourageant les investissements dans des secteurs considérés comme stratégiques pour la sécurité économique, tout en tenant compte des objectifs de durabilité; - enfin, il est recommandé de promouvoir une coopération européenne renforcée afin de garantir une réponse coordonnée au risque de rupture d'approvisionnement. Pour les matières premières critiques, il est également important d'adopter une approche intégrée de la chaîne de valeur de l'extraction à la transformation et au recyclage qui soit alignée sur le cadre politique européen, comme le prévoit le Critical Raw Materials Act (CRM Act) européen. Une stratégie nationale pour les matières premières sera élaborée d'ici la fin 2026 dans le cadre du projet MAKE 2025-2030. Elle sera établie en conformité avec le CRM Act et définira les grandes lignes pour les années à venir dans des domaines tels que l'exploration, le monitoring et le recyclage. 3. Face aux mesures prises par certains partenaires de l'UE déstabilisant le système commercial mondial et les chaînes de valeur, la diversification de nos chaînes d'approvisionnement et de nos clients est cruciale. Cette diversification repose notamment sur des partenariats efficaces. Le réseau d'accords de libre-échange de l'UE couvre actuellement 76 pays et représente près de la moitié du commerce de l'UE. Afin de diversifier davantage nos marchés d'exportation et de renforcer nos chaînes d'approvisionnement, la Commission européenne propose une nouvelle série de partenariats et négocie actuellement de nouveaux accords commerciaux. Elle a d'ailleurs récemment finalisé deux accords importants avec l'Indonésie et l'Inde. Nous soutenons cette approche de la Commission européenne au niveau belge. De plus dans le cadre du plan interfédéral MAKE2025-2030 lancé avec mes collègues fédéraux et régionaux, qui vise à renforcer l'industrie belge en la positionnant comme moteur de la compétitivité économique nationale, plusieurs plans d'actions ont été validés en janvier 2026. L'un de ces plans a pour objectif de défendre nos intérêts économiques, notamment sur la scène internationale. Plusieurs actions dans ce plan doivent ainsi permettre de soutenir les entreprises belges à accéder aux marchés internationaux et à défendre leurs intérêts. 4. La surveillance et la lutte contre les menaces hybrides et la désinformation font l'objet d'un groupe de travail coordonné par le Centre national de crise en collaboration notamment avec la Sûreté de l'État. Mon administration participe également à ces travaux. Par ailleurs, la stratégie nationale de sécurité intègre la lutte contre la désinformation afin de protéger le tissu économique belge. Pour des raisons de sécurité, aucun détail ne peut être communiqué concernant les moyens mis en oeuvre et les résultats obtenus. |