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| Auteur | Anthony Dufrane, MR (06327) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture |
| Sous-département | Emploi, Économie, Agriculture |
| Titre | L'impact de l'IA sur l'emploi dans le tertiaire. |
| Date de dépôt | 26/02/2026 |
| Langue | F |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 03/04/2026 |
| Question |
Le rapport du Conseil supérieur de l'Emploi met en lumière les risques spécifiques que l'intelligence artificielle (IA) fait peser sur les jeunes et les femmes, qui occupent majoritairement des fonctions administratives, plus exposées à l'automatisation. Alors que 43 % des emplois en Belgique sont fortement exposés à l'IA, il est crucial d'anticiper les mutations du marché du travail et de renforcer les filières d'emploi moins vulnérables à cette technologie. 1. a) Quelles mesures concrètes envisagez-vous pour protéger les jeunes et les femmes des risques de substitution par l'IA, notamment dans les secteurs tertiaires les plus exposés? b) Comment comptez-vous accompagner la transition des travailleurs vers des emplois moins menacés par l'IA, en particulier dans les secteurs où les pénuries de main-d'oeuvre persistent? 2. Quels projets sont en cours pour développer des emplois nécessitant une main-d'oeuvre humaine, non remplaçable par l'IA et comment ces initiatives s'articulent-elles avec les besoins des entreprises? 3. a) Des discussions ou des projets ont-ils été engagés avec les ministres communautaires compétents en matière d'enseignement et de formation pour renforcer les filières de métiers manuels en pénurie? b) Quelles actions sont envisagées pour adapter les programmes de formation aux besoins du marché du travail, notamment dans les secteurs en pénurie? c) Comment comptez-vous sensibiliser les publics à risque à ces opportunités professionnelles et quels moyens seront alloués pour faciliter leur accès à ces formations? 4. a) Comment évaluez-vous l'efficacité des stratégies actuelles pour améliorer les compétences numériques des jeunes, alors que seulement 36 % des 16-24 ans en Belgique disposent des compétences digitales suffisantes? b) Des collaborations avec les acteurs de l'éducation et de la formation continue sont-elles prévues pour combler ce retard? 5. Quelles sont vos priorités pour concilier l'adoption de l'IA dans les entreprises avec la préservation et la création d'emplois non automatisables? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B048
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| Date publication | 09/04/2026, 20252026 |
| Réponse |
L'intelligence artificielle (IA) apporte évidemment des changements importants pour le marché du travail. Il ne faut toutefois pas confondre exposition à l'IA et substitution automatique des emplois. Dans la plupart des cas, l'effet principal réside plutôt dans l'évolution des tâches au sein des métiers que dans la disparition pure et simple d'emplois. Il convient néanmoins d'être attentif aux effets potentiels pour certains groupes de travailleurs, comme vous le soulignez, notamment les jeunes et les femmes qui occupent une part importante des fonctions administratives particulièrement exposées aux transformations technologiques. Le rôle des pouvoir publics est de garantir que cette transformation se fasse dans un cadre qui protège les travailleurs, tout en permettant aux entreprises d'intégrer ces technologies de manière responsable. Dans ce contexte, il est essentiel de soutenir les compétences, la formation, la reconversion et la mobilité professionnelle. Ces politiques relèvent principalement des régions et des communautés, mais l'État fédéral soutient pleinement ces efforts. En complément de ces politiques de formation, le niveau fédéral agit également sur le cadre du travail lui-même. La promotion de bonnes pratiques en matière d'organisation du travail constitue ainsi une priorité pour mes services. Les partenaires sociaux se penchent sur ces questions, et le Conseil national du Travail prépare un avis sur l'IA et le principe human in command, en s'appuyant sur l'accord-cadre européen de 2020 et la convention collective de travail n°39 concernant l'information et la concertation sur les conséquences sociales de l'introduction des nouvelles technologies. Ces initiatives visent notamment à adapter les filières aux besoins du marché, à soutenir l'accès aux métiers en tension et à garantir que les formations correspondent aux compétences recherchées par les entreprises, en particulier pour les métiers manuels ou non automatisables. Elles soulignent l'importance efficaces de formation continue et de reconversion, permettant aux jeunes et aux travailleurs de s'adapter aux évolutions professionnelles, tant au sein des entreprises qu'entre les secteurs. Ces politiques relèvent principalement de la compétence des régions et des communautés, avec le soutien du gouvernement fédéral. Lors de ces transitions, les filets de sécurité sociale restent essentiels pour accompagner et sécuriser le parcours des jeunes. L'intégration de l'IA dans les entreprises doit s'inscrire dans une approche équilibrée, qui soutient l'innovation tout en protégeant les travailleurs. La priorité est de veiller à ce que ces technologies restent un outil au service du travail humain. À cet égard, plusieurs initiatives internationales sont en cours pour encadrer cette transition: la directive européenne sur le travail via des plateformes, l'Organisation internationale du Travail examine la possibilité d'une convention sur ce sujet, et l'Organisation de coopération et de développement économiques élabore une recommandation sur l'IA sur le marché du travail. La Commission européenne a également annoncé un examen approfondi de ces problématiques, ce qui fournit un cadre de référence pour les autorités fédérales et régionales compétentes en matière d'emploi et de protection des travailleurs. |