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Bulletin n° : B047 - Question et réponse écrite n° : 0407 - Législature : 56


Auteur Mathieu Michel, MR (07782)
Département Ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur
Sous-département Défense, Commerce ext.
Titre Intégration de la médecine de guerre dans la formation médicale universitaire.
Date de dépôt19/02/2026
Langue F
Publication question     B047
Date publication 31/03/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai27/03/2026

 
Question

Selon plusieurs sources concordantes, la formation à la médecine de guerre deviendra obligatoire dès la prochaine rentrée académique pour les étudiants en médecine, en concertation avec le SPF Santé publique et la Défense. Cette réforme s'inscrit dans un contexte géopolitique tendu, marqué notamment par les conséquences de la guerre en Ukraine et les nouvelles menaces hybrides pesant sur la sécurité du continent européen. Les étudiants en médecine devraient ainsi bénéficier de cours obligatoires en pathologie de crise, orientés vers la gestion des afflux massifs de blessés, le traitement des traumatismes liés aux armes à feu ou aux agents chimiques, ou encore la coordination entre les services hospitaliers et les unités d'intervention sur le terrain. À terme, l'ensemble du personnel médical, y compris les infirmiers, kinésithérapeutes ou dentistes, pourrait être concerné par une formation adaptée à ces enjeux. En septembre 2025, le gouvernement français invitait les hôpitaux à se préparer à des afflux massifs de soldats français ou étrangers blessés en cas de conflits de haute intensité. 1. Quel rôle précis la Défense a-t-elle joué dans l'élaboration du nouveau module de formation à la médecine de guerre? Comment s'organise la collaboration avec les entités fédérées pour l'intégration de ces formations au sein des cursus universitaires? 2. Quand les infirmiers seront-ils également soumis à cette formation? Un calendrier existe-t-il déjà? 3. Des interventions ou stages pratiques au sein des structures médicales militaires sont-ils envisagés pour les étudiants en médecine? 4. Cette réforme s'inscrit-elle dans une stratégie plus large de préparation du système de santé belge à un conflit de haute intensité ou à des crises de grande ampleur comme suggéré en France? 5. Quelles synergies envisagez-vous à moyen terme entre le personnel médical civil ainsi formé et les services médicaux de la Défense? 6. Un financement spécifique ou des crédits budgétaires particuliers ont-ils été mobilisés pour appuyer la mise en oeuvre de ce nouveau programme de formation universitaire?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B050
Date publication 04/05/2026, 20252026
Réponse

1. La Défense a exprimé son inquiétude au SPF Santé Publique concernant le fait que le système de santé belge, depuis la suspension de la conscription en 1994, n'a pratiquement plus aucune notion de médecine en temps de guerre. Pour remédier à ce problème, la Défense a joué un rôle facilitateur et de soutien dans le développement du programme de médecine de crise et de guerre. En tant qu'expert en la matière, la Défense contribuera à un certain nombre de modules d'apprentissage spécifiques au sein du programme. L'organisation de la formation est gérée par les facultés de médecine qui fixent les conditions de participation des étudiants. La coordination et l'intégration de ce nouveau module dans la formation médicale de base aura lieu au sein des procédures et structures de consultation des établissements d'enseignement académiques et des autorités éducatives compétentes. 2. L'extension de la formation à la médecine de crise et à la médecine de guerre aux infirmiers est aussi importante et est actuellement examinée, mais aucun calendrier précis n'a été fixé pour le moment. 3. À l'heure actuelle, il n'est pas prévu d'organiser des cours ou des stages au sein des structures médicales militaires pour les étudiants en médecine dans le cadre de la formation en médecine de crise et de guerre. Le module est conçu comme une formation théorique et axée sur les compétences, principalement organisée dans un contexte universitaire, en dehors des installations militaires. 4. Les lignes stratégiques de la politique de santé sont déterminées par les autorités sanitaires compétentes. Dans le cadre de l'élaboration du Plan National de Défense, une consultation stratégique est en cours entre le Centre de crise National (NCCN), le SPF Santé Publique et le Service Médical de la Défense. 5. À moyen terme, des synergies seront mises en place entre les prestataires de soins civils qui suivent cette formation et le Service Médical de la Défense. La Défense espère que certains de ces participants s'intéresseront à devenir réservistes ou militaires du cadre actif. Cela s'inscrit dans les objectifs du projet Rising Health Shield, par lequel le Service Médical souhaite renforcer la coopération civilo militaire avec les prestataires de soins. 6. Aucun financement ou budget spécifique n'est prévu par la Défense pour ce programme de formation.