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Bulletin n° : B047 - Question et réponse écrite n° : 0404 - Législature : 56


Auteur Mathieu Michel, MR (07782)
Département Ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur
Sous-département Défense, Commerce ext.
Titre Le bruit causé par les F35 de la base de Florennes.
Date de dépôt19/02/2026
Langue F
Publication question     B047
Date publication 31/03/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai27/03/2026

 
Question

Depuis l'arrivée des premiers avions de chasse F-35 sur la base aérienne de Florennes en octobre 2025, plusieurs témoignages concordants émanant tant de riverains belges que de citoyens français frontaliers, notamment dans la région frontalière des Ardennes (commune de Fumay et environs), font état de nuisances sonores significatives liées à la fréquence et à l'intensité des entraînements aériens. Alors que les populations riveraines étaient déjà exposées à un certain niveau de bruit en raison des opérations des F-16, il apparaît que les F-35 génèrent un impact acoustique sensiblement supérieur, comme l'ont reconnu divers observateurs, y compris des sources spécialisées. De nombreuses plaintes mentionnent des vols réguliers à des horaires sensibles, en particulier en début d'après-midi, avec des effets notables sur la qualité de vie, notamment pour les jeunes enfants. Précédemment, la Défense avait indiqué qu'une partie de la formation des pilotes se déroulerait à l'étranger (Italie, Pays-Bas, Norvège, Mer du Nord) et qu'une proportion significative de l'entraînement serait transférée vers des simulateurs. 1. Avez-vous été officiellement informé des plaintes des riverains français et belges relatives aux nuisances sonores engendrées par les entraînements des F-35 depuis la base de Florennes? 2. Existe-t-il une cartographie du bruit actualisée intégrant les spécificités acoustiques des F-35? Si oui, ces données sont-elles rendues publiques, en particulier dans les zones transfrontalières concernées? 3. Quelles modalités concrètes d'encadrement des vols sont actuellement en vigueur afin de limiter les nuisances sonores (heures d'entraînement, altitudes, trajectoires, etc.) et ces modalités seront-elles adaptées à la lumière des plaintes exprimées? 4. Une concertation bilatérale avec les autorités françaises locales ou nationales est-elle prévue afin de traiter cette problématique de manière structurée dans un cadre de coopération transfrontalière? 5. Dans quelle mesure les engagements pris concernant le recours accru à des simulateurs et à des infrastructures à l'étranger sont-ils d'ores et déjà effectifs et comment entendez-vous garantir que ces mesures permettront effectivement de réduire durablement la fréquence des vols bruyants au départ de Florennes?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B050
Date publication 04/05/2026, 20252026
Réponse

1. À l'heure actuelle, aucune plainte officielle n'a été transmise aux autorités compétentes concernant la nuisance sonore due à l'entrainement des F-35 belges dans la zone frontalière belgo-française. Ni l'Inspecteur général (IG), ni la base de Florennes n'ont reçu de plainte formelle à ce sujet. 2. À l'heure actuelle, la Défense dispose d'une cartographie acoustique pour les opérations de F-16, qui servira de référence pour la future évaluation des niveaux sonores. Une cartographie spécifique aux F-35 est encore en cours de développement, vu que les premiers appareils ne sont arrivés que récemment. 3. Les modalités d'encadrement des vols actuellement en vigueur s'inscrivent pleinement dans le cadre des règles applicables aux opérations militaires et à la sécurité des vols, et tiennent compte, dans la mesure du possible, de la limitation des nuisances pour la population. Les créneaux horaires de vol (flying window) appliqués aujourd'hui sont nécessaires pour garantir l'entrainement efficace. Ces dispositions visent à concilier au mieux les exigences de l'entraînement opérationnel des pilotes et la prise en compte des nuisances sonores pour les riverains. Il convient de remarquer que le recours à des entrainements sur simulateur est bien plus important sur F-35 que sur F-16, ce qui a pour effet de réduire les vols réels et donc la charge sonore. 4. À ce stade, aucune concertation bilatérale spécifique avec les autorités françaises, qu'elles soient locales ou nationales, n'est prévue. 5. Les simulateurs sont d'ores et déjà utilisés de manière régulière dans le cadre de l'entraînement des équipages et cette capacité est activement exploitée afin de compléter l'entraînement en vol. Si l'utilisation de simulateurs permet de diminuer la quantité de vols causant des nuisances sonores, il convient toutefois de souligner que l'utilisation des simulateurs et des infrastructures à l'étranger ne peut pas totalement remplacer l'entraînement en vol réel depuis les bases aériennes en Belgique. Les entraînements et les opérations menés depuis ces bases restent indispensables pour garantir la capacité de la Défense à protéger efficacement l'espace aérien belge (comme par exemple le Quick Reaction Alert disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7) et à maintenir la préparation des forces en vue d'un éventuel conflit en Europe.