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| Auteur | Anthony Dufrane, MR (06327) |
| Département | Ministre de la Protection des consommateurs, de la Lutte contre la fraude sociale, des Personnes handicapées et de l'Égalité des chances |
| Sous-département | Protection consom., Lutte contre la fraude soc., Personnes handicapées, Égalité des chances |
| Titre | L'étude de l'IEFH sur les violences numériques dans les couples (QO 012765C). |
| Date de dépôt | 09/02/2026 |
| Langue | F |
| Publication question |
B046
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| Date publication | 23/03/2026, 20252026 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 13/03/2026 |
| Question |
L'étude récente de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes (IEFH) sur les violences numériques dans le cadre des relations amoureuses et des applications de rencontre révèle des chiffres préoccupants: 66 % des utilisateurs ont subi des pressions pour envoyer des photos dénudées, et 55 % de ceux qui ont cédé ont vu leurs images diffusées sans consentement. Par ailleurs, près de 40 % des personnes interrogées déclarent avoir été contrôlées ou insultées en ligne par leur (ex-)partenaire. Cette étude met également en lumière des réalités inattendues, comme la proportion élevée d'hommes déclarant subir des violences numériques, ainsi que la vulnérabilité particulière des personnes LGBTI, notamment les jeunes non hétérosexuels, qui sont davantage exposés à la sextorsion et à la diffusion non consentie de contenu intime. Ces résultats soulèvent des questions sur les spécificités des violences subies selon le genre et l'orientation sexuelle et les mesures à mettre en place pour mieux prévenir et accompagner les victimes. 1. a) Quelle est votre analyse des résultats de l'étude de l'IEFH concernant les violences numériques dans les couples, en particulier la répartition des victimes selon le genre et l'orientation sexuelle? b) Comment expliquez-vous que les hommes déclarent autant, voire davantage, de violences numériques que les femmes? 2. Quelles sont les statistiques détaillées concernant les violences numériques subies par les personnes LGBTI, notamment en matière de sextorsion et de diffusion non consentie? 3. Quelles actions concrètes votre ministère envisage-t-il pour renforcer la sensibilisation et la prévention des violences numériques, notamment auprès des de 18-30 ans, qui sont les plus touchés? 4. Comment comptez-vous intégrer la dimension des violences numériques dans les services d'aide aux victimes? 5. Quelles mesures sont prévues pour adapter les dispositifs juridiques et les protocoles d'accompagnement aux spécificités des violences numériques, en tenant compte des différences de perception et de tolérance selon les publics? 6. Envisagez-vous de soutenir des études complémentaires pour approfondir les mécanismes culturels et sociaux qui influencent la tolérance aux violences numériques, notamment chez les hommes et les personnes LGBTI? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B049
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| Date publication | 21/04/2026, 20252026 |
| Réponse |
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt l'étude et la recommandation de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes sur les violences numériques dans le contexte du dating et des relations entre (ex-)partenaires. Il en ressort clairement que tant les femmes que les hommes sont touchés par ces violences, et que les jeunes adultes (18-30 ans) et les personnes non hétérosexuelles y sont particulièrement confrontés, et ce tant sur les applications de rencontre que dans le contexte d'une relation. Ainsi, 23 % des répondants non hétérosexuels déclarent que des images intimes les représentant ont été diffusées par un (ex-)partenaire et 25 % ont déjà été menacés de diffusion. L'étude fournit quelques explications quant à la raison pour laquelle les jeunes adultes et les personnes non hétérosexuelles sont plus souvent victimes de violences numériques dans le contexte relationnel. Les jeunes adultes, par exemple, utilisent fréquemment les technologies et sont très présents sur les réseaux sociaux. Cela augmente le risque d'être victime. Comme il s'agit de la première étude nationale sur les formes numériques de violences entre partenaires, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour clarifier et comprendre ces mécanismes. L'étude montre que la sensibilisation est importante, en particulier à l'intention des jeunes adultes (18-30 ans). J'ai donc chargé l'Institut de développer une campagne de sensibilisation ciblant les jeunes Belges âgés de 16 à 25 ans. Des thèmes tels que les violences numériques basées sur le genre, mais aussi le sexisme et les violences basées sur le genre dans l'espace public seront abordés dans le cadre de cette campagne. L'objectif est de promouvoir le dialogue social autour de ces thèmes et de sensibiliser davantage le public. L'étude et la recommandation de l'Institut, tout comme les recommandations adressées à la Belgique par le GREVIO et le COPA, seront intégrées dans un Plan d'action national (PAN) de lutte contre les violences basées sur le genre ambitieux et coordonné. Les violences numériques basées sur le genre y constitueront un point d'attention prioritaire. Une perspective intersectionnelle sera intégrée dans l'ensemble du PAN afin de tenir compte du fait que certains groupes, notamment les personnes non hétérosexuelles et les jeunes, sont victimes de manière disproportionnée ou différente de violences numériques basées sur le genre. Cela est essentiel pour une société inclusive et juste. Les violences numériques seront également un point d'attention dans le nouveau plan d'action interfédéral pour les droits des personnes LGBTQIA+. En outre, le PAN accordera également l'attention nécessaire au soutien holistique des victimes de violences numériques basées sur le genre. À cet égard, on examinera si l'intégration d'une dimension numérique dans les initiatives existantes est suffisante ou s'il est nécessaire de fournir un soutien spécialisé supplémentaire. Le renforcement du cadre réglementaire et juridique visant à lutter contre les violences numériques basées sur le genre sera également abordé dans le futur PAN. Il conviendra également d'accorder de l'attention à la question de l'utilisation abusive de la technologie dans les directives destinées à la police et aux magistrates, ainsi que dans leurs formations obligatoires. Je plaide en outre pour une transposition ambitieuse de la directive européenne relative à la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique. Cette directive contient notamment des obligations minimales concrètes pour le cadre pénal et la politique en matière de violences numériques basées sur le genre. |