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Bulletin n° : B046 - Question et réponse écrite n° : 0381 - Législature : 56


Auteur Nabil Boukili, PVAPTB (07133)
Département Ministre de la Défense, chargé du Commerce extérieur
Sous-département Défense, Commerce ext.
Titre F-35. - Dépendance à l'égard des États-Unis.
Date de dépôt12/02/2026
Langue F
Publication question     B046
Date publication 23/03/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai20/03/2026

 
Question

Le gouvernement Arizona envisage d'acheter 11 avions de chasse F-35 supplémentaires à la société étasunienne Lockheed Martin. Leur coût est estimé à 1,67 milliard d'euros, sans compter les coûts totaux sur l'ensemble de leur durée de vie. Les critiques soulignent la dépendance accrue à l'égard des États-Unis, le caractère offensif des appareils et l'impact sur le budget des dépenses sociales. 1. Pourquoi 11 F-35 supplémentaires sont-ils achetés en plus des 34 déjà commandés? Combien d'avions la Défense estime-t-elle être nécessaires pour protéger l'espace aérien belge, et pourquoi ce nombre exactement? Cet achat s'inscrit-il dans le cadre du processus OTAN de planification de défense (NDPP)? 2. Dans quel but ces avions de combat sont-ils acquis? Quel est l'objectif principal de ces avions de combat? Servent-ils à la défense aérienne du territoire, à l'attaque de territoires étrangers, à des missions internationales ou à une combinaison de ces missions? 3. Dans le cadre du plan opérationnel 2026, où prévoyez-vous de déployer les F-35? 4. Les forces de Défense belges peuvent-elles utiliser les F-35 de manière totalement indépendante, sans utiliser les systèmes GPS ou les facilitateurs étasuniens? Les États-Unis peuvent-ils restreindre le fonctionnement des F-35, p. ex. en arrêtant les mises à jour logicielles ou en bloquant l'accès aux systèmes GPS? 5. Pourquoi avoir choisi un avion de combat furtif?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B051
Date publication 18/05/2026, 20252026
Réponse

1. La demande d'augmenter le nombre d'avions de combat belges ne date pas uniquement du contexte de sécurité actuel. Depuis 2021 dans le cadre du NATO Defence Planning Process (NDPP), à savoir les Capability Targets (CT) 21, l'OTAN attend de la Belgique qu'elle dépasse cet engagement initial de 34 appareils et renforce davantage ses capacités aériennes de combat, condition essentielle pour garantir la domination dans les airs et contribuer pleinement à la défense collective du continent européen. Dans un contexte international marqué par l'intensification des tensions géopolitiques et le développement accéléré de menaces technologiques, cette exigence de densification qui découle des Plans régionaux de l'OTAN, s'est encore accrue en 2025 (CT25). Le besoin de défendre l'espace aérien a également été confirmé au niveau européen dans le Livre blanc du Commissaire chargé de la Défense et de l'Espace de la Commission européenne. L'évolution récente de la menace - en particulier celle émanant de la Russie - renforce la pertinence d'une flotte plus importante afin de garantir le volume nécessaire pour atteindre et maintenir la supériorité aérienne dans un conflit de haute intensité. Cela répond donc aux attentes qui découlent des CT25 et qui sont exprimées par nos partenaires de l'OTAN en matière de contribution capacitaire à la défense collective dans le cadre des Plans régionaux (voir la Vision Stratégique 2025, page 24). De plus, l'élargissement de la flotte participe directement à l'objectif de dissuasion: disposer d'un nombre suffisant d'avions de 5e génération permet d'atteindre rapidement la supériorité aérienne en cas de crise, contribuant ainsi à prévenir un conflit majeur sur le continent européen plutôt qu'à le mener. La nécessité vitale de conserver un avantage asymétrique est une des principales leçons apprises à la lumière du conflit en Ukraine. 2. Le F-35 est un avion de combat multirole, destiné à remplir l'ensemble du spectre des missions aériennes nécessaires à la sécurité nationale et collective. Il sera notamment employé pour des missions de sécurité et de défense collective dans le cadre de l'OTAN, pour la mission de police du ciel (QRA) assurant en temps de paix la protection de l'espace aérien du Benelux et toute mission nécessaire au maintien ou à la conquête de la sécurité et de la supériorité aériennes, conditions indispensables à la prévention des conflits. L'objectif principal est donc une combinaison de défense du territoire, contribution internationale et dissuasion collective pour prévenir un conflit en Europe. 3. Aucun déploiement de F-35 n'est prévu en 2026, cette capacité étant encore en pleine mise en place. 4. Le F-35 est conçu pour permettre la conduite d'opérations souveraines. La Belgique est dès lors autonome pour décider de leur emploi opérationnel. L'appareil peut fonctionner et être engagé de manière indépendante, y compris avec ses systèmes de navigation et de positionnement. L'interdépendance est mutuelle: l'ensemble des partenaires, y compris les États-Unis, dépendent de cette chaîne globale dans laquelle de nombreux pays européens sont directement impliqués. Un retrait unilatéral d'un partenaire aurait des effets sur l'ensemble de la flotte internationale, ce qui rend un tel scénario hautement improbable en pratique. 5. Un avion de combat furtif répond aux exigences des conflits modernes. Les enseignements tirés des conflits récents montrent que la capacité à opérer dans des espaces aériens défendus et à survivre face à des systèmes anti-aériens avancés est déterminante. La furtivité permet de réduire la détection par les radars adverses, d'augmenter la survivabilité des appareils, et donc des pilotes, et de contribuer plus efficacement à la conquête de la supériorité aérienne, une condition indispensable pour éviter des conflits d'attrition prolongés tels qu'en Ukraine pour l'instant. Par ailleurs, la furtivité s'inscrit dans une évolution structurelle de l'aviation de combat. Elle est désormais intégrée dans l'ensemble des programmes actuels et futurs de 5e génération et le sera également dans les systèmes de 6e génération en développement dans tous les pays amis ou ennemis. Elle constitue donc non seulement un avantage opérationnel immédiat, mais aussi un prérequis capacitaire pour l'avenir.