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Bulletin n° : B046 - Question et réponse écrite n° : 0882 - Législature : 56


Auteur Patrick Prévot, PS (06967)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre Les projections du Conseil international des céréales.
Date de dépôt18/02/2026
Langue F
Publication question     B046
Date publication 23/03/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai20/03/2026

 
Question

Le Conseil international des céréales (CIC) a livré ses projections de bilans sur l'offre et la demande de grains entre 2025-2026 et 2030-2031. Du fait de l'accroissement de la consommation en provenance d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, un accroissement lui-même influencé par la courbe démographique dans les zones précitées, et malgré une légère augmentation des surfaces cultivées, la production ne serait pas suffisante pour suivre le rythme de la croissance de la consommation. Les stocks planétaires de grains passeraient de 619 millions de tonnes (Mt) à 588 Mt entre 2025-2026 et 2030-2031. Le ratio stocks/utilisations retomberait à 23 %, soit son taux le plus bas depuis vingt ans. 1. Pouvons-nous avoir votre retour sur ces projections du CIC? 2. Quelles seraient les incidences de ces projections sur notre économie? Doit-on s'attendre à une inflation de certains prix de denrées alimentaires? 3. Quelles seraient les incidences de ces projections sur notre agriculture? Comment ces projections s'articulent-elles avec les diverses mesures entreprises au niveau européen pour regagner une souveraineté alimentaire?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B050
Date publication 04/05/2026, 20252026
Réponse

1. Selon les dernières informations du Conseil international des céréales (CIC), la production mondiale de céréales augmente plus rapidement que la consommation mondiale. Par conséquent, les stocks à la fin de la campagne 2026 (633 millions de tonnes) seront plus élevés que lors de la campagne précédente. Le rapport stocks/consommation s'élèvera alors à environ 26 % en 2025, ce qui est largement supérieur au "seuil critique" de 20 %. Selon les projections pour les années à venir, la consommation devrait toutefois augmenter plus rapidement que la production, ce qui entraînerait une nouvelle baisse des stocks, mais le rapport stocks/consommation resterait supérieur au "seuil critique" de 20 %. 2. L'Observatoire des prix suit de près la transmission des prix dans la chaîne alimentaire, notamment à travers les rapports sur l'inflation et l'étude annuelle sur la transmission des prix et les marges dans la chaîne alimentaire. Les rapports précédents ont montré que la forte hausse des prix des matières premières au cours de la période 2021-2022 a effectivement entraîné une forte augmentation des prix à la consommation. L'inflation pour les produits alimentaires transformés, hors alcool et tabac, s'est élevée respectivement à 9,5 %, 14,3 % et 1,9 % en 2022, 2023 et 2024. L'inflation pour le pain et les produits céréaliers s'est élevée respectivement à 10,9 %, 14,3 % et 1,6 % au cours de ces années. La nouvelle édition de l'étude sur la transmission des prix et les marges dans la chaîne alimentaire est prévue pour septembre 2026. 3. Une offre insuffisante de certains produits agricoles peut entraîner une hausse sensible des prix sur le marché. De telles fluctuations ont donc souvent des conséquences directes sur le secteur agricole. Les agriculteurs sont en effet sensibles aux prix lorsqu'ils planifient leur rotation des cultures: ils s'efforcent de choisir des combinaisons de cultures qui soient à la fois agronomiquement responsables et économiquement rentables. Lorsque le prix de certains produits agricoles augmente en raison de pénuries de matières premières, cela offre aux agriculteurs l'occasion d'adapter leurs choix en matière de cultures. Il est donc probable qu'ils tenteront de répondre à ces signaux du marché en libérant davantage de terres pour des cultures à plus fort potentiel de rendement. De manière générale, l'UE est autosuffisante en céréales, bien que la situation varie selon les types de céréales. Pour le blé tendre et l'orge, le taux d'autosuffisance est supérieur à 120 %. Pour le maïs, il est d'environ 77 %. La dépendance à l'égard du blé dur est de plus en plus forte en raison d'une baisse de la production.