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| Auteur | Anthony Dufrane, MR (06327) |
| Département | Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture |
| Sous-département | Emploi, Économie, Agriculture |
| Titre | L'impact de la dévaluation du dollar sur l'économie belge (QO 013250C). |
| Date de dépôt | 17/02/2026 |
| Langue | F |
| Publication question |
B046
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| Date publication | 23/03/2026, 20252026 |
| Statut question | Réponses reçues |
| Date de délai | 20/03/2026 |
| Question |
La dévaluation du dollar, qui a chuté de 16 % par rapport à l'euro depuis le début de l'année 2025, a des répercussions majeures sur l'économie belge. Si certaines entreprises subissent les effets négatifs de cette tendance, d'autres en tirent parti. Les secteurs pharmaceutique, automobile, technologique et de la grande distribution sont particulièrement touchés, tandis que des groupes comme AB InBev bénéficient d'un dollar affaibli en utilisant cette dernière comme monnaie de référence dans ses comptes. Alors que cette situation influence la compétitivité des entreprises belges, leurs coûts et leurs marges, il est essentiel d'évaluer les conséquences globales de cette dévaluation et les stratégies adoptées par les acteurs économiques pour s'y adapter. 1. Comment évaluez-vous l'impact global de la dévaluation du dollar sur l'économie belge? 2. a) Quels secteurs sont les plus affectés par cette tendance? b) Quelles mesures sont mises en place pour soutenir les entreprises exportatrices vers les États-Unis? 3. Quelles sont les opportunités offertes par cette dévaluation pour les entreprises belges? 4. Comment les entreprises belges s'adaptent-elles à cette perte de valeur du dollar et quelles sont les bonnes pratiques identifiées pour atténuer les risques liés à la volatilité des devises? 5. Des analyses sont-elles menées pour évaluer les perspectives à moyen terme et anticiper les ajustements nécessaires dans la politique économique belge si la valeur du dollar devait continuer à baisser? |
| Statut | 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée |
| Publication réponse |
B054
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| Date publication | 26/06/2026, 20252026 |
| Réponse |
1. Plusieurs institutions anticipent une appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar en 2026, mais d'une ampleur plus limitée que celle observée entre 2024 et 2025. Les hypothèses les plus récentes du Bureau fédéral du Plan, publiées dans le cadre de ses prévisions d'inflation, retiennent un taux de change moyen de 1,17 dollar pour un euro en 2026, contre 1,13 en 2025, soit une appréciation de l'euro d'environ 3,5 %. Une appréciation supplémentaire plus modérée est attendue en 2027, avec un taux de change moyen de 1,19 dollar pour un euro. L'appréciation de l'euro tend à réduire la compétitivité-prix des exportations belges vers les pays hors zone euro, notamment vers les États-Unis. Toutefois, il est difficile d'isoler l'effet propre du taux de change des autres facteurs qui influencent actuellement les échanges internationaux, tels que l'évolution de la demande mondiale, les tensions commerciales et l'incertitude géopolitique. Les analyses récentes de la Banque nationale de Belgique (BNB) soulignent d'ailleurs que les risques pesant sur les exportations belges proviennent principalement du ralentissement du commerce mondial et des tensions commerciales internationales plutôt que du seul mouvement du taux de change euro-dollar. 2. a) Les secteurs les plus affectés par une baisse des exportations en Belgique en 2025 sont les suivants: - industries chimiques et connexes; - matériel de transport; - diamants; - métaux communs. Le moindre dynamisme des exportations belges destinées aux États-Unis n'est pas uniquement imputable à une dévaluation du dollar, mais est un phénomène multifactoriel (taux de change, tensions commerciales avec droits de douane, incertitudes, changements conjoncturels, etc.). b) À l'heure actuelle, le SPF Économie suit les échanges commerciaux entre la Belgique et les États-Unis et a développé un monitoring qui vise à suivre l'évolution du commerce des biens belges destinés au marché américain, afin de détecter d'éventuelles évolutions, notamment un possible recul des exportations lié à l'introduction de ces nouveaux tarifs. Par ailleurs, le SPF Économie poursuit ses efforts d'information et d'accompagnement des entreprises. Cette démarche vise à fournir aux entreprises une information aussi objective, actualisée et opérationnelle que possible, afin de soutenir leur capacité d'adaptation sur le marché américain et de renforcer leur résilience face aux évolutions du contexte commercial international. 3 et 4. Un dollar plus faible renchérit nos exportations mais permet aux entreprises européennes d'importer des produits américains à moindre prix. S'il est encore trop tôt pour parler de perte de compétitivité au niveau belge, mon administration et moi-même suivons de près les évolutions des échanges commerciaux avec les États-Unis. 5. La BNB intègre dans ses prévisions économiques les effets des tensions commerciales internationales, des fluctuations des taux de change et des autres chocs externes susceptibles d'affecter l'économie belge. Dans ses projections économiques de juin 2026 et dans sa Revue économique publiée à la même période, la BNB souligne que l'environnement international demeure particulièrement incertain, notamment en raison du relèvement des droits de douane américains, du ralentissement du commerce mondial et de la volatilité accrue sur les marchés financiers. La BNB estime que la croissance de l'économie belge devrait rester proche de 1 % au cours des prochaines années, mais relève que les exportations belges demeurent vulnérables à une détérioration de l'environnement commercial international. Les secteurs les plus ouverts aux échanges internationaux sont naturellement les plus exposés à ces risques. La BNB souligne également que l'appréciation de l'euro, lorsqu'elle se combine à des tensions commerciales accrues, peut peser sur la compétitivité-prix des exportateurs européens. Si l'économie belge fait preuve jusqu'à présent d'une certaine résilience, l'évolution du taux de change euro-dollar reste un élément suivi avec attention dans l'évaluation des perspectives économiques. |