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Bulletin n° : B046 - Question et réponse écrite n° : 0852 - Législature : 56


Auteur Patrick Prévot, PS (06967)
Département Vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture
Sous-département Emploi, Économie, Agriculture
Titre Les chiffres sur la vente illégale de miel érectile.
Date de dépôt12/02/2026
Langue F
Publication question     B046
Date publication 23/03/2026, 20252026
Statut questionRéponses reçues
Date de délai20/03/2026

 
Question

Le 27 janvier 2025, je vous interrogeais au sujet des saisies records de miel érectile effectuées en France au cours de l'année 2024. Ces saisies représentaient 31.000 tonnes, écoulées notamment dans des night shops. Le sujet peut prêter à rire mais il y a un réel risque pour la santé des consommateurs: chute de la tension artérielle, troubles du rythme cardiaque, nécrose pénienne. Dans ma question du début de l'année 2025, j'expliquais que l'Agence nationale de sécurité sanitaire, le pendant français de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA), estimait que le phénomène s'amplifiait en dépit des recommandations des autorités. Dernièrement, les médias rapportaient que l'AFSCA avait déjà émis plusieurs alertes et fait retirer de la vente plusieurs produits, des produits qui sont vendus dans les magasins physiques, mais se commandent également aisément en ligne. En 2023, 37 échantillons de compléments alimentaires ont été analysés par l'AFSCA et 26 d'entre eux étaient non conformes. Dans 22 des 26 échantillons, la présence de Sildénafil et de Tadalafil a été constatée. Il s'agissait notamment de "miel stimulant la libido". 1. Pour l'année 2024, combien d'échantillons de compléments alimentaires ont été analysés par l'AFSCA? Combien étaient conformes? 2. Pouvez-vous communiquer les chiffres à votre disposition pour l'année 2025? 3. De manière générale, comment l'AFSCA compte-t-elle lutter contre le risque d'une consommation massive et banalisée de ces stimulants?


 
Statut 1 réponse normale - normaal antwoord - Réponse publiée
Publication réponse     B049
Date publication 21/04/2026, 20252026
Réponse

1. Au sein de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA), l'Unité nationale d'Enquête (UNE) est en charge de la prévention, la détection et la répression des fraudes et de l'usage de substances interdites. Dans ce cadre, et en complément du programme de contrôle régulier de l'AFSCA, l'UNE enquête pour déterminer si les compléments alimentaires contiennent des médicaments. La présence cachée de médicaments constitue un risque pour le consommateur, qui ignore qu'il y est exposé et peut subir des effets nocifs sur sa santé. De plus, l'ajout intentionnel de médicaments représente également une fraude commerciale, car il confère un avantage concurrentiel aux compléments concernés par rapport aux produits légaux. En 2024, l'UNE a analysé au total 28 compléments alimentaires à la recherche de médicaments. Parmi eux, 14 compléments alimentaires n'étaient pas conformes, dont 10 contenaient des substances stimulant la libido, comme le sildénafil ou le tadalafil. 2. En 2025, l'UNE a analysé, entre autres, 17 compléments alimentaires à la recherche de médicaments. Sur ces 17 compléments alimentaires, 12 compléments n'étaient pas conformes; du sildénafil et du tadalafil ont été détectés dans 11 compléments alimentaires. Le douzième complément alimentaire contenait du sennoside, une substance ayant un effet laxatif. Outre les compléments alimentaires, l'UNE a également analysé en 2025 quatre boissons, commercialisées comme des "produits naturels" à base d'"herbes naturelles", afin de détecter la présence de médicaments. Ces quatre boissons étaient toutes non conformes en raison de la présence de sildénafil, de tadalafil, de dapoxétine et/ou de clobenzorex. Au total, 15 produits contenant des médicament stimulant la libido ont été identifiés. 3. L'utilisation de substances pharmacologiques actives, telles que le tadalafil et le sildénafil, dans des denrées alimentaires ou des compléments alimentaires présentés comme "stimulants de la libido" ou "aphrodisiaques" est depuis longtemps un sujet de préoccupation pour l'AFSCA. Dès 2019, l'AFSCA avait signalé la présence de telles substances interdites dans divers produits, notamment des compléments alimentaires, du miel, du chocolat, des bonbons et des boissons énergisantes présentés comme aphrodisiaques. Dans le cadre du programme de contrôle, l'AFSCA effectue régulièrement des analyses afin de détecter la présence de substances interdites dans les denrées alimentaires et organise des actions de contrôle ciblées par l'intermédiaire de l'UNE. L'AFSCA continuera à suivre cette problématique au cours des prochaines années. Toutefois, pour ce type de produits, il convient de mettre particulièrement l'accent sur la communication et la sensibilisation. La manière dont ces produits sont présentés et les allégations qu'ils véhiculent montrent clairement qu'il ne s'agit pas de denrées alimentaires classiques, conformes à la législation, dont le consommateur a conscience. Par le biais de communiqués de presse, des réseaux sociaux et de son site web, l'AFSCA informe les consommateurs des risques pour la santé liés aux stimulants aphrodisiaques dits "naturels". Les consommateurs sont encouragés à s'abstenir d'acheter ces produits en cas de doute ou à demander conseil à leur médecin ou pharmacien. En ce sens, le consommateur a également une responsabilité importante.